Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

t'as vu on a une vie de ouf quand même

  • 37- Les bagouses de mariés : le retour de la force du mesurage de doigt.

    Au bout de six jours, l’attente devint insupportable. Les mêmes questions nous hantaient et revenaient chaque soir au dessus de nos assiette de coquillettes tièdes à l’emmental. « Tu crois qu’on a bien fait de faire n’importe quoi, n’importe comment pour les bagouses  mon chaton sauvage ? » Ou encore : « Ma biquette du désert toujours rien au courrier ? ». N’y tenant plus de tant de suspense, on organisa un brain storming particulièrement éprouvant qui nous laissa avec deux de tension, une envie de fromage de chèvre chaud sur des toasts grillés et l’idée lumineuse de consulter l’onglet "suivi de  votre colis" de notre compte client. Cette démarche hautement futée, nous permit alors d’apprendre que nos alliances nous attendaient sagement au bureau de poste du bled d’en bas de la vallée, dont l’amplitude des horaires d’ouverture est proche du néant intersidéral du vide de l'espace temps. Heureusement je ne travaille pas le vendredi après midi. Je me fis donc violence malgré mon envie intense de ne pas me rendre en ce magnifique lieu de déperdition de bonne humeur, pris ma voiture et mis plus de dix minutes à trouver un endroit pour déposer ma clitomobile. Car contrairement à South Park, dans le bled en bas de la vallée, y’a pas de place pour se garer et personne ne vous dit bonne journée non plus. D’où mon enthousiasme dégoulinant de rester à la maison. Même pour récurrer le carrelage de la crédence des chiottes à la brosse à dent si il le fallait.

     

    Armée de l’impression papier de la page Internet "Suivi de votre colis" de mon compte client, je me présentai au bureau de poste où je m'installai guillerette en bout de queue derrière seulement 3 personnes. Vingt minutes plus tard, les deux mamies sourdes ont réussi à choisir leurs timbres de collection avec des pigeons oiseaux dessus ; le jeune homme quant à  lui a compris  sans presque s’énerver ou dire "bâtard", qu’il ne pourra pas retirer de l’argent "même au guichet" car il est à découvert de "113 € 74". Mon tour arrive. Entre la harpie aux cheveux couleur paille qui a faillit cracher à la gueule des mamies philatélistes indécises et la jeune femme aux cheveux gras qui ne respecte pas le secret bancaire, mon cœur vacille, ma logique me conduit vers la plus proche en distance : Cheveux Gras. Je dégaine mon plus beau sourire et tente de ne pas être trop belle pour qu’elle ne me prenne pas en grippe et accède à ma demande de retrait de colis sans le précieux avis de passage de mon facteur.

     

    Georges : Bonjour Madame. Voilà (je déplie mon papier). J’attends un colis depuis plusieurs jours et j’ai pu constater en consultant le suivi des colis sur Internet que celui-ci était arrivé dans votre bureau.

    Cheveux Gras : Vous z’avez pas d’avis de passage ?

    Georges : (Ca t’aurait égorgé la tronche de me dire bonjour) Bin nan. Sinon je serai venue avec. (Connasse !)

    Cheveux Gras : Donnez votre papier que je voye ça (si je te jure elle a dit ça).

    Georges : Oui (tout en le donnant et se demandant si par hasard la politesse ne serait pas un concept  qui serait suceptible d'égratigner sa gueule luissante de pores dilatés).

     

    Comme dans tout bureau de poste qui se respecte, Cheveux Gras prend immédiatement l’avis de Botte de Paille sur cette triste affaire de colis sans avis de passage.

     

    Cheveux gras : La cliente elle m’dit qu’elle a pô d’avis de passage.

    Botte de Paille : Et son colis il est là ?

    Cheveux Gras fouille dans une corbeille et en extirpe mon paquet. Intérieurement je jouis de savoir que mes bagouses de mariés ne sont pas perdues.

    Cheveux Gras : Oui je l’ai. Mais elle a pô eu d’avis de passage. Comment que je fais ?

    Botte de Paille : C’est quoi l’adresse de la dame ? Fais voir. Ah bah laisse tomber, c’est la tournée de Thérèse et en ce moment elle est en arrêt, c’est le remplaçant.

    Cheveux Gras : Ah bah je comprends mieux ! Quand je te disais que c’était un bon à rien c’teu arabe !

    Botte de Paille : Bin ouais ça m’étonne pas ! Madame, vous allez nous faire une réclamation hein ?

     

    Putain de haine ordinaire des provinces rurales. Putain d’esprits étroits.  Putain de bêtise humaine. Putain d’ignorance.

     

    Georges : Pourrais-je avoir mon colis ? (Dans ton cul le "s’il vous plait", ça ne me faisait déjà pas rire de venir à la Poste, mais là j’ai juste envie de me barrer.)

    Cheveux Gras : Je peux garder vot’ papier ?

    Botte de Paille : Fais une photocopie du devant du colis, là où que c'est mis qu'il a avisé. Je vous donne un papier pour vot' réclamation Madame.

     

    Cheveux Gras est revenue, m'a donné mon colis (enfin) ainsi qu’une feuille blanche sur laquelle j'ai signalé que les deux guichetières ont eu des remarques à caractères racistes envers l’actuel remplaçant de Thérèse qui dessert habituellement mon quartier et ce devant les usagés en ce jour d'avril. J'ai piqué une enveloppe à côté des formulaires de dépôt de chèque et glissé à Cheveux Gras ma réclamation scellée avec un sourire de faux cul. Non sans crier intérieurement gloire et longue vie à mon machiavélisme.

     

    Le retour de ma petite personne et du colis  se fit sans encombre et sous un soleil resplendissant. Le gars de service déjà de retour de sa dure journée de labeur m’attendait impatient au pied du portail fébrile et inquiet quant à la fiabilité de notre système de mesurage de doigts. Il me laissa à peine le temps de garer la voiture avant de se jeter sur la portière pour me réclamer le paquet et l’arracher pour en extraire deux petites boites en carton. Bah oui le site offrait les écrins, fallait peut être pas rêver à un truc en satin sauvage non plus. Toujours dans l’allée du garage, le gars de service et moi même découvrimes sa bague et la mienne. Trop belles ! De façon solennel, nous avons tous deux enfiler nos anneaux… qui nous vont parfaitement bien ! Donc si t'as besoin d'une règle infaillible de mesurage de doigt, je suis ta bonne femme !

  • 36- 2004

    Avec mes copines, nous formons le gang des bourgeoises qui aiment le champagne et qui en causent plus souvent qu’elles n'en boivent, vu que la plupart du temps elles se la jouent gueules à vin faute de tunes. Pour le mariage, il est inconcevable de ne pas étancher cette soif luxueuse qui nous tenaille. J’ai commandé mon champagne. Brut. Comble du raffinement j’ai choisi un champagne millésimé de l’année de notre rencontre. C’est beau. Ca me donne envie de me rouler toute nue dans des pétales de roses en écoutant du Lionel Richie, tellement c’est romantique. Le gars de service m’a donné carte blanche. Alors je me suis faite plaisir en pensant à mes collègues du gang et grâce au chèque de Mémé (merci Mémé) j’ai pu faire ma comtesse  et acheter directement à un vigneron sans me soucier du prix (bien qu’il soit raisonnable, le prix). Les bouteilles sont arrivées samedi. A la séance de goûtage le soir même, avec ma copine Eric (elle a trop les plus beau nichons de la terre), on s'est enfilé une bouteille à deux sans demander notre reste, en se disant même qu'une deuxième ça nous aurait pas fait peur. 

     

    Conclusion scientifique de deux alcooliques en docs martens  :  

    - A se damner ce champagne !  (version première gorgée)

    - Hummmmm ! Quels arômes ! J'en prendrais bien un second verre (version on est des putains de meufs de la haute hyper distinguée qui veulent la rincette)

    - Vas y comment il déchire ? Il  n'en reste ? Ou bien ? (version il n'en reste mais juste un verre chacune)

    - De quoi finir une soirée sans petite culotte et sans savoir dans quelle bataille on aurait bien pu la paumer ! (version la bouteille est vide et c 'est bien dommage ! )

     

    Du coup ça fait un peu pochtronne, mais ça m'a donné hâte !

  • 35-Les bagouses de mariés

    Choisir une alliance. Ca parait à la portée de tout le monde. Mais nous ne sommes pas tout le monde et parfois c’est lourd à porter tant de connerie intrinsèque. Je te promets.

    Pour s’acheter cet accessoire indispensable à la cérémonie, toute personne normalement constituée irait chez un bijoutier je crois. Sauf que nous, on s’est dit que ce serait sympa de s’acheter ça sur  Internet. Histoire d’avoir un truc original. Enfin c’est surtout moi qui ai décidé de procéder ainsi. Le gars de service trop content de ne pas avoir de décision à prendre (et oui il est comme ça parfois, tu me diras moi aussi en fait) se contenta de me dire oui. Armés de Clé3G qui hoquette toute les 42 secondes, d’un verre d’apéro et de pop corn, nous avons commencé le shopping sur les sites présélectionnés par mes soins. J’essaye de vendre au gars de service des bagues hyper originales. J’essuie un refus mou et quelques postillons au caramel. Dans le fond, je savais bien qu’il n’était pas prêt à tant d’avant-gardisme. Deuxième  option plus classique, en argent, à graver à l’intérieur, avec pas mal de choix et plus ou moins de fioritures. Déjà trois quarts d’heure de passés pour 6 pages visualisées. Clé3g je te hais. Quand soudain dans  nos papotages visant à rendre l’attente moins longue, un peu de génie pratique s’insuffla enfin.

     

    Le gars de service : Au fait tu connais ta taille de doigt de mariée ?

    Georges : Bin nan… et toi ma petite chatte des bois ? (Oui je féminise les petits noms idiots que je donne au gars de service, je trouve ça marrant.)

    Le gars de service : Bin pourquoi je saurai ?

    Georges : C’est pas faux. (Perceval sort de ce corps) Demande à ton ami gougueule ! (T’as vu j’ai grave l’accent hey !)

    Le gars de service : Je mets quoi ? (Toujours pas envie d’être actif dans la démarche bordel !)

    Georges : Putain ! T’es relou, vas y pousse toi je vais le faire.

    Le gars de service : Je te sers un autre verre pour la peine… ?

    Georges : Mouais… comment tu me prends pour une pochtronne en fait.

    Le gars de service : Bin c’est pas faux ma Guenièvre.

    Georges : C’est vrai t’as raison. Bon je cherche le mesurage des doigts. Ce serait cool si on avait un baguier. T’as vu y’en a en pdf !

    Le gars de service : Oui mais on a pas d’imprimante mon magnum ! (Pas celui au chocolat et au caramel. Non, non. Celui avec la moustache et la voiture rouge ! Je ne sais pas d’où ça lui vient mais ça me fait beaucoup rire !) Et puis de toute manière t’as pas de bague à ce doigt et moi non plus.

    Georges : Oui mais on aurait découpé et mit nos doigts dans les trous.

    Le gars de service : …… de quoi tu parles ? En fait c’est comment un baguier ?

    Georges : Laisse tomber j’ai la méthode pour le mesurage des doigts ! Ah ! Alors tu mesures la base du doigt puis au niveau de l’articulation, t’additionnes et tu divises par deux… et t’arrondi au chiffre le plus proche.

    Le gars de service : Ok et on fait comment ?

    Georges : Nan mais tu déconnes ou bien ? Je viens de te le dire ! Nan mais tu te fous de moi ? Tu veux que je sorte de mes gonds ? (Oui des fois je parle bien, mais j’écris mal : « des fois » ça n’est pas français… sauf erreur de ma part… Mme Caumartin du CE2 B m’aurait menti ?)

    Le gars de service : ……

    Georges : Avec un mètre ruban !

    Le gars de service : Ah parce que t’as ça toi ? Depuis quand t’es une fille ?

    Georges : Hinhin… attends je meurs de rire et je reviens. Bin oui j’ai ça quelque part…

    Le gars de service : Mais où ? C’est ça que tu te dis ? Hein c’est vrai ? Hein dis ?

    Georges : C’est un peu vrai… (Tout en cherchant ce fameux ruban aux endroits potentiels de rangement).

     

    Bien sur je n’ai pas réussi à remettre la main dessus. Ca aurait été trop simple. Trop facile. Pas du genre à se laisser aller, on a finit par trouver dans le bureau bordéliquement organisé (oui c’est un concept) : un double décimètre, un feutre, des ciseaux et du papier. Avec nos doigts agiles nous  nous sommes construit des mini mètres rubans en papier tout à fait uniques et design. Et la mesure commença.

     

    Georges : Je te mesure et toi tu fais une tite marque par sécurité pour qu'on puisse remesurer à la règle après?

    Le gars de service : Ok, si tu veux.

    Georges : Nan mais là tu fais le contraire.

    Le gars de service : Ménon je te prépare le terrain, tu me donnes le feutre ?

    Georges : T’as raison ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

    Le gars de service : C’est ce que je dis toujours ! Allez hop mesure.

     

    Alors bien sur, on se galère comme c’est pas permis avec nos gros doigts boudinés à se mesurer. On s’y reprend à deux fois pour vérifier que l’on ne s’est pas trompé. On ne trouve pas le même résultat, alors on recommence une troisième fois pour finaliser une moyenne et déterminer la putain de taille de nos doigts de mariés. On note le tout de peur du syndrome du poisson rouge qui fait tout oublier en un tour de bocal crânien.

     

    Le gars de service : Bon alors tu veux quoi mon Popples ?

    Georges : Une bagouse avec un diamant gros comme un nugget’s de poulet !

    Le gars de service : Pauv’fille…Tu sais que tu me fatigues ?

    Georges : Bin si tu veux qu’on annule, dit le moi ? Que je trouve une autre bonne occasion de faire péter ma robe !

    Le gars de service : Je répondrais même pas à ça ! …. J’aime bien celle là, dis ?

    Georges : Mais fais toi plaisir, c’est toi qui la portera jusqu’à ta mort ! Moi j’aime bien celle là mais c’est pas une alliance, c’est une bague anti stress… T’as vu ? C’est quoi à ton avis ? Tu crois que c’est grave si je prends ça plutôt qu’une alliance ?

    Le gars de service : Mais alors toi ! Genre chuis une rebelle, je me marie pas en blanc gnagna… et tu prends ça en considération ? Ca va ? Tu te sens bien ?

    Georges : Ouais t’as raison. Je ferai bien une recherche pour savoir en quoi ça consiste leur truc anti stress mais si j’ouvre une deuxième fenêtre l’autre pute de Clé3G va péter les plombs… Oh t’as vu ils ont aussi une méthode de mesurage des doigts !

     

    Et pas la même que celle précédemment testé. Forcément. Ce serait pas marrant sinon. Bien sur ça n’a pas donné tout à fait le même résultat. Ca aurait été trop beau. Toute personne normalement constituée à ce stade de l'opération, ne ce serait pas obstiné dans la voie de l’achat en ligne pour cet indispensable accessoire à la cérémonie. Mais comme on a des neurones dans le désordre, nous nous sommes entêtés. En faisant la moyenne des deux résultats nous avons déterminé une troisième taille, en se disant que c’était une méthode assez scientifique pour s’y fier. En espérant avoir eu raison, car les ayant demandé gravées je doute que nous puissions procéder à un échange.