Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

rêve étrange

  • Mucus.

    Dimanche matin, je me remettais, les yeux encore fermés, d'un énième rêve sur le nucléaire et d'autres choses farfelues... Avec le chanteur de l'orchestre de rue dont je faisais parti, nous avions perdu à la courtepaille, ce qui avait réjoui le joueur de trombone dont les cheveux longs puaient l'oignon. Malgré la fraîcheur de nos tatouages faits sur le port de pêche quelques minutes auparavant (une sirène rousse sur le mollet pour lui, un nain de jardin obèse sur le biceps pour moi), nos vives protestations et notre manque d'appétit, nos collègues musiciens ont arraché ma robe rouge de danseuse de tango, sa chemise rayée en lin, pour nous équiper de combinaisons anti radiations blanches et jaunes, afin que l'on descende en catimini dans une grotte, récupérer les ingrédients d'un bon petit déjeuner pour l'ensemble du groupe avec lequel nous devions nous produire au stade de France le soir même. Et surtout ne pas prendre les Miel Pops à l'origine de la radioactivité dans notre garde manger souterrain ...

    J'aime particulièrement ces premières minutes d'éveil encore embourbé dans la sensation de sommeil et la chaleur de la couette, où si l'on se grouille le neurone, on peut reconstituer les rêves qui nous ont occupé toute une partie de la nuit et déjà sur le point de se perdre dans le néant de notre subconscient. Je me faisais toujours à poings fermés la réflexion que l'actualité avait une influence particulière sur mon univers onirique, quand Ticha s'est approchée de mon visage en ronronnant. Elle s'est installée près de moi sur l'oreiller. Ses moustaches me chatouillaient les narines qu'elle s'est mise à renifler. Un coup de sa langue râpeuse m'a fait subitement ouvrir les yeux avec cette idée répugnante qu'elle s'était peut être léché l'anus juste avant, pour finalement constater qu'elle ne faisait rien d'autre que de déguster l'une de mes crottes de nez qui dépassait.

     

    un doigt dans mon nez

     

    Petit bonus Wikipédia :

    "Le mucus chez l'être humain

    La manifestation la plus évidente du mucus est le mucus nasal, très liquide lors des rhumes, qui sort du nez lorsque l'on se mouche ou que l'on éternue. La muqueuse nasale de 100 cm2 secrète en moyenne 1 à 2 litre de mucus nasal par jour alors que l'homme respire quotidiennement 10 000 litres d'air. Ce mucus entraîne avec lui poussière et microbes vers la gorge grâce aux cils vibratiles. Avalés, ce mucus et ces détritus sont détruits dans l'estomac."

    Et après on engueule les mômes qui bouffent leurs crottes de nez ...

  • Lady Gaga et Benjamin Biolay

    J’avais mis mon body en peau de poussin d’élevage et mes collants en résille bleue électrique. Je me disais à moi-même, en me regardant dans les reflets mats de la vitre en plexiglas de l’abribus, que Lady Gaga n’avait aucun talent dans le pliage de serviette de table en fleur de lotus. J’attendais la navette. J’avais juste envie d’aller rouler des pelles à Benjamin Biolay du côté d’Orléans Plage et lui prêter par la même occasion, mon shampoing aux œufs d’autruche pour ses cheveux gras et un peu dégoutants. Je savais qu’Hubert Félix m’en voudrait, qu’il croirait à tort que je n’aime plus d’amour psychotique l’ensemble de son œuvre en chanson.

    La vieille et triste contrôleuse de ticket de transport en plastique, engoncée dans une chaise bancale d’arbitre de tennis, s’abritait de l’humidité ambiante sous un parapluie rouge en vinyl, tout en me détaillant des pieds à la tête avec un air inquiet. Sans un mot, elle me tendit d’un geste automatique les horaires d’été en ouvrant très grands ses yeux blancs et secs. Sur le papier cartonné, aucune trace de ma ligne de bus pour une levrette avec Biolay et pas envie de rendre une visite de courtoisie à Tiger Woods qui depuis 10 ans, vit à Le Mans sur Vin Blanc. D’autant qu’il est indiqué en gras que désormais les jours de pluie tout usager doit porter des bottes fourrées pour voyager, alors que je me trimballe des talons de 13 centimètres aux pieds.

    Je lève le nez de mon plan de bus, la vieille contrôleuse édentée a disparu au profit d’un tailleur de pierre noire qui m’accueille dans sa grotte avec chauffage central, dans la forêt dense du 13 eme arrondissement de Rambouillet tout Cramé. Sans dire un mot, il me tend une tasse de thé pétillant et fumant aromatisé à la pomme de terre. Alors que je déguste solennellement et  à petite gorgée le breuvage piquant, il coupe les bretelles de mon body avec de grands ciseaux, pour mieux voir les tatouages de camionneur que j’ai fait faire sur mes seins. Je pense toujours à Biolay quand sa main s’égare sur le gauche où dans un cœur est écrit « Roger for Ever ». Il me demande si j’ai un piercing à la chatte, je lui rétorque que pour un tailleur de cailloux volcaniques c’est un peu la te-hon d’avoir une voix de jouvencelle pucelle et hystérique. Il rigole d’un rire bête et écrit avec son sang périmé sur un parchemin de peaux de bananes, une lettre de recommandation pour passer mon CAP coiffure artistique ainsi qu’un mot d’excuse pour Thiéfaine qu’il connaît bien.

    Il m’a vite foutu à la porte car j’ai un rendez vous pour mon orientation professionnelle, avec la femme à lunette molle qui habite Senlis sur Mine Antipersonnel. J’ai changé de vêtements, j’ai mis ma blouse d’infirmière cochonne, mes menottes de policière et mes talons aiguille de pute. J’emprunte en roulant de la fesse, la voie d’urgence de l’autoroute A7 sous un ciel toujours pluvieux et gris. Je pense être en retard, alors je cours à une vitesse hallucinante, les gouttes fouettent mon visage et diluent mes tatouages pourtant faits à l’encre de chine. Arrivée près d’une foire à bestiaux, j’ai la surprise de constater que mes cheveux ont poussé jusqu’au bas de mon dos. Je suis blonde à la Marylin Monroe, et j’ai le même vernis à ongle que Beyoncé, pas la chanteuse, la prostituée. Je sais que la femme à lunette molle va sûrement me cramer le nombril tellement je me présente en retard à sa convocation.  Devant la cabane de chantier où elle officie, j’ai cru voir Julien Doré en string, mais en m’approchant je constate qu’il ne s’agit que d’un vieux chien galleux et puant. Comme à la boucherie industrielle du supermarché, il faut prendre un ticket. J’ai tiré le 69.

    Quand la femme à lunette molle passe la tête à travers le vasistas pour crier mon numéro, je lui trouve un faux air de Benjamin Biolay qui se serait enfin lavé les cheveux. J’entre dans la caravane, elle me dit immédiatement de me taire. Je reste les mains en l’air et en silence pendant 5 minutes le temps qu’elle finisse son magazine Elle. Puis elle remplit mon dossier sur du papier toilette rose et m’ordonne de me mettre toute nue. Elle me dit que mes seins sont moches et que je devrais en changer. Parait qu’il y a une super promo au drugstore sur les grosses poitrines siliconées. Sans douceur elle finit par me pousser dans les chiottes pour que je me lave les genoux avant l’opération. Je m’exécute mais il n’y a pas de savon, alors elle me donne du sucre roux en bouteille.

    Quand plus tard, elle vient me chercher, elle porte une robe de cocktail à motif. On dirait des toucans ou des caméléons suivant les poses qu’elle adopte. Elle m’attache un collier de chien en cuir autour du cou avec une laisse en ferraille puis me fait traverser la foire à bestiaux tout en tirant sur mon joug.  « Je ne sais pas combien je vais te vendre » qu’elle me dit avec un petit accent autrichien que je n’avais pas encore remarqué. Il y a des vaches de toutes les couleurs et trois girafes argentées. Je me rends compte que les acheteurs ressemblent tous à Benjamin Biolay.

    Ma propriétaire me fait mettre à quatre pattes devant le vétérinaire vietnamien pour qu’il m’arrache les dents de sagesse. Le cul à l’air, j’ai une envie de me faire prendre. Avec sa grosse pince rouillée, il extirpe du fond de mes mâchoires quatre bouts de dents noires, qu’il enfile immédiatement sur une ficelle autour de son cou …

     

    … et je me réveille enfin… avec le doigt qui s’agite sur le clitoris. Mon réveil doit sonner dans 5 minutes, le gars de service est déjà parti …

    Depuis lundi, je n’arrête pas de rêver de mes dents que l’on m’arrache demain et que je me ballade en body en latex chourés dans le dressing de Lady Gaga.  

    (Si je meurs merci de léguer tout mon stock de shampoing à Benjamin Biolay.)

    (Thiéfaine… tu sais que je t’aime ?)