Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

homosexualité

  • Cerveaux lents

    Samedi, j'ai vu une chose magnifique, un truc de toute beauté, complètement incroyable. J'ai vu de mes propres yeux des cerfs volants se faire des bisous, immobiles dans le ciel bleu. Pendant quelques dizaines de secondes les deux ailes aux allures de papillon nez à nez s'embrassèrent, puis chacune synchronisée sur l'autre est repartie virevolter dans les rayons de soleil. Plus tard, j'ai croisé un champion qui faisait danser la sienne avec poésie sur de la musique classique non identifiée. Je suis restée pendant trois minutes la bouche ouverte, les yeux un peu mouillés planqués derrière mes grandes lunettes noires.

    J'avais loupé la grâce de cet amusement parce que le père de service ne m'a jamais laisser tenir le fil, échouant lui même à faire s'envoler l'engin. J'ignorais aussi qu'il s'agissait d'un sport mais je n'ai pas non plus demandé à avoir un résumé des épreuves et des règles. J'ai préféré m'asseoir sur un banc avec ma copine Eric, boire un café sorti tout droit d'un thermos, le nez en l'air à commenter l'originalité des objets volants (mon préféré étant un duo de petits cerfs volants poilus), pendant que l'amant et l'écossais discutaient technique dans une échoppe en dépensant des sous.

    C'était une belle journée pour rêver, un bel endroit où trainer, un beau festival. Une dose de bonheur sans droit d'entrée. Le genre de moment où il est interdit de faire la gueule tellement tout est parfait pour se laisser aller à mettre ses soucis de côté et le reste de nos complications. Du moins de mon point de vue, sur ce banc au bras de ma copine Eric qui me tient la main alors que je caresse la sienne avec l'envie de ronronner. Or je ne sais pas ronronner. Et c'est bien dommage. Même si le silence entre nous, entrecoupé des cris de nos sourires et de nos regards entendus, n'a jamais rien eu de pesant. J'aimerai quand même savoir ronronner pour qu'elle sache à quel point je me sens bien auprès d'elle.

    Les passants nous regardent avec nos jupes et nos docs, nos lunettes de pétasses qui nous rendent inaccessibles à leurs sentiments bienveillants ou leurs mépris. Face à un couple bardé d'enfants, roulant des yeux outrés, l'on s'embrasse sans se consulter verbalement, doucement et chastement du bout de nos lèvres qui frémissent un peu de se trouver. La femme en gilet col claudine bleu marine mais ayant eu le bon goût de ne pas le cumuler avec les perles et le serre tête en velours, prend son mari à parti qui de son côté, écarte ses chérubins de nous. On se serre les mains plus fort, et ma copine Eric se blottit un peu plus contre moi. L'une comme l'autre on rit de nos provocations tout en sachant pour en avoir déjà causé ensemble, qu'il est bien dommage de ne pas voir la tendresse là où elle se trouve quelque soit le sexe.

    Quelques minutes plus tard, deux hommes séduisant aux crânes rasés et se tenant main dans la main passent à proximité, chaussés de lunettes de surfeurs qui se la pètent. Ils nous sourient et on oublie vite Col Claudine et son mari trop maigrichon. Un instant, on fantasme de voir les amoureux s'ébattre et se prendre. On se dit qu'on aimerait bien être tapie dans l'ombre pour les admirer... puis se rouler des pelles... et se tripoter... et jouer à se faire jouir.

    Là dessus avec ma copine Eric on se ressemble, on s'entraîne et les mâles finalement nous retrouvent le regard vide et la bave aux lèvres d'un sourire qui persistera un moment.

     

  • Nom de code : Pauv'type !

    Un jour, un mec qui m’expliquait ses préférences sexuelles me dit très sérieusement qu’il était 300% hétéro. J’ai froncé les sourcils, pas très inspirée par cette phrase puant la testostérone à plein nez, le laissant continuer son argumentation visant à dissiper les doutes sur sa préférence pour les femmes. La trentaine, propre sur lui plutôt chic tendance trendy, il aurait pu faire cette pub pour la crème anti-ride et le roll on décongestionnant pour les yeux spécial mâle poilu et viril mais qui prend soin de sa petite peau. (Même si se badigeonner de lotion  pour un homme n’est devenu que récemment normal dans l’imaginaire collectif.)

     

    S’il m’avait juste dit qu’il était hétéro, je n’aurai pas relever. Mais là « 300% hétéro » : j’ai  trouvé  ça énorme. En soit si on analyse statistiquement le truc ça le rendait plus hétéro que la moyenne. Comment peut on être plus hétérosexuel qu’un hétérosexuel ? Pourquoi se présenter ainsi si ce n’est pas peur d’être assimiler à un groupe qu’il se défendait pourtant de ne pas stigmatiser et d’accepter dans sa grande mansuétude ? Et puis c’est quoi cette condescendance de merde, ses justifications sur ses orientations sexuelles ? Chacun ses préférences, pour le reste on est libre de faire ce qu’on veut de son corps et de s’ébattre avec qui on le souhaite, non ?

     

    Il m’a fait penser à ces gens qui se défendent d’être raciste mais qui ne peuvent pas s’empêcher de critiquer les cultures différentes de la leur, qui font des sales blagues sous couvert d’un soit disant humour qui n’a franchement rien de drôle. Heureusement qu’on ne vit pas dans ses pays où l’homosexualité est puni par la loi, car il aurait sûrement fini en première ligne de ces fanatiques qui ne peuvent pas supporter que l’on soit différent de leurs putains de préceptes arbitraires et sans fondement.

     

    « 300% hétéro » N’importe quoi. 300% de connerie et d’intolérance. Voilà ce qu’était ce mec dans sa veste bien coupée. Le genre à ne pas supporter qu’on se trompe sur son compte. Comme si c’était important. Comme si ça allait le salir ou le dévaloriser d’être par erreur assimiler à une préférence sexuelle que les gens dans leurs stupidités sans nom ne tolèrent pas encore vraiment.

     

    Ce qui pourrait être drôle, mais ne l’est en fait pas, c’est ce qu’il se confia par la suite sur la nature de son plus gros fantasme : voir deux femmes ensembles se donnant mutuellement du plaisir. On avait atteint le paroxysme de sa connerie profonde. En substance, le mec se défendait à demi mots et de façon plutôt politiquement correct d’avoir un quelconque lien avec l’homosexualité masculine, tout en m’expliquant avec sérieux et envie que ça le faisait bander de voir deux nanas se brouter le minou. J’avais sous les yeux l’intolérable et parfait exemple du type qui réfléchit avec sa bite sans se soucier de ses contradictions sur la question de l’homosexualité.

     

    Elle m’énerve cette tendance qui fait que les lesbiennes excitent le mâle qui ne jure que par sa virilité d’hétéro. Ce sont d’ailleurs souvent des amants merdiques qui ne pensent qu’à leur petit orgasme et à leur queue. Bref, le prototype du connard qui, si il le pouvait, s’injecterait quotidiennement sa dose de testostérone pour être bien certain de ne jamais virer de bord. Le genre de mec capable de casser la gueule à un autre pour faire preuve de sa toute puissance de mâle qui jamais au grand jamais ne se laissera mettre une bite dans le cul et qui pourtant prétend faussement avoir plein d’amis gays, comme pour légitimer sa tolérance factice.

     

    Le genre de mec qui mérite juste qu’on lui crache à la gueule parce qu’il refuse de laisser de la place pour les autres qui ont choisit une voie différente de la sienne. Le genre de mec que j’enculerai bien moi-même avec un gode ceinture. Le genre de mec qui pétrit de contradiction me laisserait peut être faire si j’étais avec une de mes bonnes amies pour légitimer cette pratique. Le genre de mec qui ignore que la prostate est aussi source de jouissance.

     

    Le genre de mec qui ne vaut pas le coup qu’on s’intéresse à lui. Je vais donc arrêter de le descendre en flèche. De toute manière, je pense à ce stade avoir assez fait le tour de sa connerie pour en finir avec lui …. Maintenant.