19/10/2010
Gazole, travail, acné.
J'en ai marre d'entendre parler de gazole, de la désolation des stations services désertées ou de la longueur des queues d'automobiles, qui nécessite l'intervention des forces de l'ordre pour ne pas bloquer la circulation sur la départementale. Je m'en fous, j'ai fait le plein d'essence vendredi sans même patienter pour me servir à la pompe. Même pas honte de ne faire preuve d'aucune solidarité. D'habitude, on me signifie que ne faisant pas partie de la grande famille des voitures diesel, je n'ai vraiment pas de chance, ni les moyens d'avoir un PEL tellement je dois consommer de carburant. Alors, je ne vais pas me priver de dédaigner leurs problèmes. De toute manière, quand y'en aura plus, y'en aura plus. J'ai attendu que le voyant s'allume pour en acheter. Je n'en ai pas mis dans un jerricane en plus de remplir mon réservoir. Alors je peux dire sans rougir que je m'en fous, qu'on verra bien, et que je préfère presque les conversations insipides sur le temps qui se rafraîchit et l'automne qui arrive avec son cortège de couleurs chatoyantes... ses chasseurs qui nous empêchent d'aller vadrouiller le week end en forêt, parce qu'on a seulement deux gilets jaune fluo et qu'il en faudrait aussi un pour la chienne afin qu'elle ne soit pas confondue avec un sanglier en forme de rottweiller. Seulement voilà. Impossible de placer mon mécontentement de promeneuse forestière sur la saison de la chasse qui me fait craindre pour mon intégrité physique, face à cette rengaine pétrolière. Donc je fais la gueule et je ricane dans ma manche de pull over, parce que je n'ai pas de cape, ni l'intention d'en acheter une malgré que ce soit trop fashion dans le catalogue de la déroute. Oui je me moque d'eux et de leurs bidons qu'ils s'arrachent en fonction de l'importance de leurs rendez vous clientèle. Je dis « non » avec un sourire sadique quand on me demande implorant et aimable pour la première fois de l'année, si je sais où se procurer le précieux combustible.
Pour me punir, les informaticiens ont investi le réseau et la connexion internet toute la journée, me poussant dans mes derniers retranchements à travailler et même à participer par hasard à une réunion avec le grand chef, qu'on voit beaucoup plus en ce moment, comme si la clôture du bilan l'intéressait plus que le reste de l'année. Aujourd'hui il portait un polo rose fuchsia avec un crocodile dessus et un pantalon à pinces qui ne flattait pas son postérieur ni la courte taille de ses jambes. Il m'a donné dix sept ordres et m'a dit « merci » une fois. Ne m'a pas regardée dans les yeux, même quand il m'adressait la parole. Autant dire que la journée fut une source d'épanouissement personnel, une fois de plus tarie dès le départ et avant même que je pose mon cul sur la chaise de bureau cassée, que l'on m'a attribuée depuis mon embauche. Au lieu de râler, je pourrai me donner les moyens de changer de patron, sauf que le mien ne me paye pas si mal et puis avec une connexion internet, la succession de mes tâches est moins pénible. Je lui ai déjà fait des allusions relatives au télétravail. Il a beaucoup apprécié la blague, je crois même que ce jour là, il m'a regardé droit dans les yeux.
Bref, c'était long aujourd'hui. A tel point, que j'ai eu l'extrême joie de voir pousser un bouton en direct sur mon menton. Dermatologiquement parlant, c'était intéressant.
20:34 Publié dans Connerie intrinsèque | Commentaires (14) | Tags : gazole, travail, acné, ça pourrait presque être la devise d'un pays, ou d'un hameau avec une station service


