Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Georges et son moche blog. - Page 5

  • Vivre seule.

    Techniquement, je pourrai très bien vivre seule. Je m’entends assez bien avec la petite voix qui squatte mon crâne, je n’essaye pas d’échapper à mon tour de vaisselle, je ne laisse pas trainer mes culottes sales en boule au pied du lit, je ne compresse pas les ordures de toutes mes forces pour éviter de changer le sac poubelle, car je n'en ai pas assez (de force).

    Pourtant, je ne suis pas faite pour vivre seule, j’aime le bruit des mots et des conversations. Alors,  je papote avec ma chienne qui n’a aucune répartie,  tout en engueulant les chats qui foutent leurs croquettes en corolle tout autour de leurs bols et essayent de pisser dans l’évier, par flemme de me faire comprendre qu’ils veulent prendre la porte.

    On peut dire que je vire folle,  rongée par le silence et les tâches ménagères que je ne m’autorise à effectuer qu’au cordeau.  Il n’y a plus de place pour l’anarchie et l’improvisation. Encore moins pour l’audace : je me couche à 21h30 avec un roman de poche de Maxime Chattam (le Sang du temps) (très bien, mon préféré de sa bibliographie pour le moment) .

    Pour autant je ne me fais pas chier comme un labrador neurasthénique sous anti-dépresseur : je bricole mon tricot, bouquine, regarde des films en buvant une despé, mais je dois dire que je m’emmerde au plus profond de mon être. La vie est en pause, en attente de son retour de raclette-ville.

    Ecossais tu me manques, vivement tout à l’heure que tu rentres ! Que je te pelote ta grosse bite avec la bouche, que je te raconte des tas de trucs inutiles, que je te montre des vidéos débile, que tu ramènes la seconde couette parce que ça caille avec une seule dans ce grand lit que tu as déserté pour la semaine, à cause de ce satané truc qu’on appelle boulot.

  • L'art de parler pour ne rien dire est à la portée de chacun. D'ailleurs aujourd'hui, je ne m'en prive pas.

    J'ai exactement 44 minutes de pause déjeuner pour pondre un truc. Entre le sandwich, le yaourt bulgare et la pomme, "ça va être chaud" me dis-je en moi-même, sachant pertinemment que je relis quinze mille fois chaque phrase, pour être certaine qu'elle colle à ma pensée bizarre sans trop de fautes d'orthographe.

    Mais pourquoi tant de pression ...

    Merde ! J'ai foutu de la rillette dans mon clavier entre Alt Gr et la barre d'espace. Et biensûr je n'ai pas de mouchoirs, et comme on est en panne de papier toilette à la boîte depuis 4 jours, mon rouleau de PQ perso n'est plus qu'un bout de carton au fond de ma poubelle avec une peau de banane.

    Mais pourquoi tant de pression à vouloir écrire un truc en 39 minutes ? (J'ai réussi à nettoyer le clavier avec du brouillon de facture) (et ouais il m'aura fallu 5 minutes pour pondre trois pauvres paragraphes et saloper mon poste de travail) (efficacité quand tu ne nous tiens pas.)

    Je ne sais pas pourquoi. Pourquoi ce désir soudain d'écrire sur rien ? Surtout qu'avec mon système de newsletter, tout ça ne sera lu que demain. Aucune idée. Le pire c'est que je ne sais pas sur quoi bavarder.

    Pourtant ce ne sont pas les sujets qui me manquent :

    Mes nouvelles lunettes aux verres un peu foncés, qu'on se fout de ma gueule mais que je m'en fiche, parce que c'est un confort complètement délicieux pour mes yeux de chochotte ?

    Ma dernière recherche gogol "maigrir de sous les bras exercice", parce que j'ai toujours eu ce problème de localisation de lipide et que parfois je me demande si je ne peux pas y remédier ? (surtout quand l'écossais m'offre des robes à bretelles.)

    De ma rando rollers de dimanche, que rien que d'y penser j'ai envie de crier à la joie au bonheur et de faire une salutation au soleil dans mon burlingue ?

    Merde ! Du yaourt blanc sur le col de mon gilet noir. Déjà que je me suis promenée deux bonnes heures avec du dentifrice au coin des lèvres ce matin. Heureusement que mes collègues se focalisent sur mes lunettes que j'ai changé depuis bientôt trois semaines et demie. Dois-je me vexer de ce manque d'attention ou me féliciter que personne ne m'ait demandée si j'avais sucé mon mari ce matin ? Franchement ça ne risque pas : quand il part je suis toujours entrain de ronfler, avec grâce, élégance et délicatesse.

    26 minutes. J'attaque la pomme de je ne sais-pas-quelle-marque ! Mais pas une boskoop. Je n'aime pas les boskoop. Tout le monde s'en fout, j'en conviens, mais j'ai tout de même le droit de parler pour ne rien dire comme la majorité de mes contemporains.

    Ca va bien sinon ?

    Oui j'avoue ça se barre en couilles de lapin. Je ferai mieux d'aller lire tiens.

    PS : j'ai des nouveaux cheveux (coupe et couleurs) mais ça ne se remarque pas ! Pratique pour ne pas subir les avis des collègues dont je me fous éperdument.

    Bin en fait écrire pour ne rien dire, je ne sais pas très bien faire, chronicles a l'air cool, et jérémie renier en cloclo est plutot bluffant,

    Avant à la boulangerie on me prenait pour Justin Bieber et je ne payais pas mes sandwichs au fromage à raclette.

    bin en fait écrire pour ne rien dire,je ne sais pas très bien faire,chronicles a l'air cool,et jérémie renier en cloclo est plutot bluffant

    Maintenant je paye ma baguette et mes pains au chocolat, mais je vois plus loin qu'avant.

    (t'as vu Jeaneg c'est pas encore aujourd'hui que j'aurai les seins cachés derrière les cheveux à la plage des culs nus.)

     

     

     

     

  • Collection Hiver / Hiver 2012

    Le moche blog est fier et honoré de présenter en exclusivité mondiale, la collection Hiver / Hiver design by Georges.

    DSC00494.JPG

    En point mousse tout à fait consensuel.

    Rayures aléatoires.

    Franges faites main.

    Ci dessous une série en extérieur et au crépuscule avec notre modèle préféré : Justin Bieber version 1.1, featuring Laboulette et Ticha.

    DSC00485.JPG

     

    DSC00486.JPG

    et non j'ai toujours pas vu ma coiffeuse, elle va faire une attaque, en voyant ma touffe,

     

    et non j'ai toujours pas vu ma coiffeuse, elle va faire une attaque, en voyant ma touffe,


    Bêtisier :

    et non j'ai toujours pas vu ma coiffeuse, elle va faire une attaque, en voyant ma touffe,

  • Double peine …

    Joufflette et Laora pensent que je n’aime pas les tags et elles n’ont pas tout à fait tort.

    Déjà, ça fout le bordel dans ma ligne éditoriale inexistante et ensuite ça me fait toujours plaisir qu’on pense à moi. Comment peut-on aimer une chose qui a ses deux effets ? En réalité, c’est refourguer le bébé qui me gonfle le plus. J’ai toujours peur d’emmerder les gens et d’en vexer d’autres. Oui moi, j’ai peur de ce que les autres pensent parfois. C’est fou cette normalité que je peux développer.

     Les 11 questions de Joufflette.

     

    1 - Imaginons que tu ouvres un parc de loisirs. Ce serait quel genre ?

    Genre Haloween qui fait peur, avec des têtes de morts, des zombies et de l’hémoglobine de synthèse.

     

    2 - Demain tu décèdes. Iras-tu au paradis ou en enfer, et pourquoi ?

    J’irai dans une boite. Une urne plutôt qu’un cercueil et pis voilà. J’ai la spiritualité d’un bigorneau alors le paradis et l’enfer, ça me fait doucement rigoler. Ceci dit mettons que ça existe. Posons l’hypothèse comme disent les mecs qui font des mathématiques difficiles, (c'est-à-dire celles qui ne servent pas à calculer le montant de la remise sur ce magnifique petit gilet en soldes), j’estime être bonne pour le purgatoire. Je ne suis pas un ange, mais je ne suis pas pour autant une grosse méchante.

     

    3 - Que feras-tu le 21 décembre 2012 (date de la fin du monde) ?

    Une partouze avec de la coke. Je n’ai jamais essayé la coke.

     

    4 - Je te dis que j'ai pas le moral, et que je m'invite chez toi pour l'apéro. J'arrive dans les 30 minutes. Qu'est-ce que tu me prépares de bon ? (boivage et mangeage)

    Pinard, fromage et charcuterie. En 30 minutes c’est tout ce que je peux faire.

     

    5 - Si tu ne devais mettre qu'une seule chanson dans ton lecteur mp3, ce serait laquelle ?

    Ces gens là de Jacques Brel mais repris par Bertrand Cantat. (dans deux semaines ce sera autre chose mais pour le moment c’est celle là.)

     

    6 - Si tu étais un/une indienne d'Amérique, quel serait ton nom (style... plume de gnou des fourrés, tu vois) ?

    Grosse-langue-dans-ta-bouche. (Parait que j’ai tendance à procéder à un examen des amygdales quand je roule des pelles.)

     

    7 - A quel jeu télévisé voudrais-tu jouer, et pourquoi ?

    La famille en Or ! Merde je n’ai pas de famille… c’est ballot.

     

    8 - Si tu ne devais acheter tes fringues que dans une boutique ou chaîne de boutiques, ce serait laquelle, hein hein ?

    Goeland. J’aime beaucoup Rock à Gogo mais Goeland y’a plus de couleurs, même si au final je n’achète que du noir.

    9 - Préfères-tu manger (en une seule fois) : 2 kilos de saucisses Knacki, ou 2 kilos de macarons, ou 2 kilos d'huîtres ?

    2 kilos d’huîtres pour maigrir tellement ça me fout la gerbe ?

    2 kilos de macarons pour faire une overdose de glucides ?

    2 kilos de saucisses parce que j’ai une chienne pour tricher ! 

    10 - Quelle torture préfères-tu subir : recevoir de l'eau dans ta bouche à la limite de la noyade, ou te faire cramer les pied au tisonnier, ou te faire enfoncer des clous dans les bras et les mains ? Et pour te montrer comme chuis sympa regarde ce qu'ils faisaient de chouette à l'Inquisition. Je suis méga gore là looool

    Personnellement je ne préfère pas subir de torture quelle qu’elle soit… déjà que l’autre jour, j’ai été obligé de regarder une rediffusion de Plusse belle la life sur France 4…

     

    11 -Quel personnage de Walt Disney (dessin animé) voudrais-tu pour ami, et pourquoi ?

    La petite sirène. Même si elle est un peu conne, elle a de beaux cheveux.

     

    Les 11 questions de Laora.

     

    1 - Quel est ton deuxième prénom ?

    Je n’en ai pas. Sérieusement. Mes parents n’avaient pas assez d’argent pour m’en payer un deuxième à l’état civil.


    2 - Qui admires-tu le plus dans ton entourage ?

    Personne.


    3 - Quel est ton plus beau souvenir d'enfance ?

    L’arrivée de ma petite sœur Brad à la maison par un froid matin de janvier. Même si j’ai changé d’avis un peu plus tard… fallait que je lui prête mes jouets… galère !


    4 - Quel est ton fromage favori ?

    En ce moment, le Saint Nectaire fermier. Je m’en ferai péter le bide.


    5 - Quelle heure est-il au moment où tu réponds à cette question ?

    Midi quarante cinq.


    6 - et donc quelle tenue portes-tu en ce moment même ? (Je veux savoir qui est encore en pyj à 15h !!)

    Une robe, une tunique, un gilet, un autre gilet, une écharpe, le tout noir. Des collants gris en laine et mes docs montantes noires. Mais j’aimerai beaucoup être en pyjama chez moi… ceci dit mon pyjama serait dans le même genre sans les docs.


    7 - Considères-tu que les amitiés nées via ton blog sont aussi réelles que celles de ta "vraie" vie ?

    Oui et encore plus quand elles se concrétisent dans le réel.


    8 - Si tu pouvais ramener à la vie une personnalité, un personnage historique, qui choisirais-tu et pourquoi ?

    Mon berger allemand. Il était tellement gentil et câlin. Historiquement c’était un grand chien. Donc ça compte.


    9 - Quel est le livre qui traine dans tes toilettes ?

    L’Essor Communal. Il ya un article passionnant sur le PLU (plan local d’urbanisme) et sur l’inauguration de la nouvelle salle de motricité de l’école primaire.


    10 - Quelle est le dernier film débile que tu as vu ?

    Idiocracy de Mike Judge… même si ce film n’est pas si débile que ça finalement.


    11 - Quelle chanson te donne envie de chialer tellement qu'elle est belle ?

    Pioneer to the falls d’Interpol.

     

    Normalement, je suis donc censée inventer onze questions à mon tour et les refiler… mais dans la mesure où la plupart des gens que je lis ont été sommé de le faire, je m’octroie le droit de  briser la chaîne. Et pis c’est tout.

     

  • Le blog hanté (2nd partie)

    [Précédemment ]

    Lisa ne répondit rien. Son visage était d’autant plus affreux à la lueur du rétro éclairage de l’écran.

    « Très peu de gens ont connaissance de son adresse. Certains parlent de site, mais d’autre prétendent qu’il s’agit du blog d’un être diabolique. Genre le bras droit de Lucifer. Tu vois ? »

    Dans un souffle, Lisa acquiesça, s’efforçant de ne pas paraître troublée. Elle avait toujours eu une sainte horreur des histoires relatives au surnaturel et l’au-delà. Un jour, alors qu’elle n’avait que sept ans et qu’elle était en vacances chez une tante dans le sud de la France, ses cousins un peu plus âgés, l’avaient conviée à une séance de spiritisme dans le grenier de la maison. Tous de mèche, ils lui avaient fait croire qu’ils étaient parvenus à entrer en communication avec un esprit, en faisant bouger du bout de leurs doigts le verre retourné au milieu du guéridon. Elle avait hurlé comme une possédée puis s’était évanouie dans sa propre urine, tant la peur l’avait saisie. Depuis et même si elle ne croyait pas vraiment en ces choses là, elle évitait soigneusement d’aborder le sujet du paranormal.

    « Mon frère Alan connait quelqu’un au Chili qui a réussit à visiter ce blog. Il a finit dans un asile de fous. Il ne cessait jamais d’hurler, attaché solidement à son lit par des bracelets en cuir. Les infirmiers ne voulaient même plus s’en occuper tant il invoquait sans cesse Satan, qui selon ses dires, lui rendait visite dans sa cellule capitonnée tous les soirs. Un jour, ils ont fait venir un prêtre catholique, en pleine nuit, sans prévenir le directeur de l’hôpital, pour tenter un exorcisme. Le prêtre a demandé de rester seul avec le malheureux qui portait alors une camisole de force. Les infirmiers ont entendu des cris atroces pendant des heures. On aurait dit des bruits de bêtes enragées m’a dit mon frère. Puis il y a eu un long silence. »

    Lisa, malgré son aversion pour le sujet, était pendue aux lèvres charnues de son amie. Son cœur battait à tout rompre, mais auprès d’elle, elle se sentait malgré son récit horrible, en sécurité. Elle pensait (à tort) pouvoir lui faire bien plus confiance qu’à ses débiles de cousins éloignés.

    « Les infirmiers ont attendus une heure, peut être deux avant d’aller voir. En fait aucun d’eux ne voulaient y aller tellement ils avaient la trouille. Et puis finalement, ils ont décidés de tous s’y rendre. Tu sais ce qu’ils ont trouvé ? »

    « Non. » La voix de Lisa était blanche et chevrotante.

    « Le dément portait toujours sa camisole. »

    « Et le prêtre ? » réussit-elle à articuler.

    « Mort. Son crucifix planté dans le cœur. »

    Lisa était gelée par une chair de poule tenace. Elle faillit pousser un cri mais réussi à se contenir.

    « Alan m’a aussi expliquée l’histoire d’une femme aux Etats Unis qui a lu le blog hanté. C’était une chercheuse à l’université de Harvard. Elle faisait une thèse sur les légendes urbaines, un truc dans le genre. Et elle a réussi à consulter le blog hanté ! En fait, elle ne vint pas à son travail pendant plusieurs jours, ce qui inquiéta ses collègues. L’un d’eux finit par se rendre chez elle et la retrouva prostrée devant son ordinateur éteint. Le disque dur avait été complètement effacé, impossible donc de consulter l’historique de navigation. Mais grâce à des notes retrouvées sur un bloc dans son bureau, il fut établi qu’elle avait trouvé le blog du diable. Le blog hanté.»

    « Quelle horreur … »

    « Attends ce n’est pas fini. Quand ils l’ont retrouvée, ses cheveux noirs étaient blancs comme de la neige. Et elle était aussi devenue aveugle et muette. Les examens médicaux qu’elle a subit à l’hôpital n’ont servi à rien. Elle était comme une grosse légume, incapable de marcher, manger, ou de savoir quand il était temps qu’elle se rende aux toilettes. Elle a été placée par sa famille dans une maison de repos. Pendant des années, il ne s’est rien passé de particulier. Elle était dépendante à 100% voilà tout. Mais 13 ans après sa visite du blog hanté, il est arrivé un truc effroyable… »

    « Quoi ? Quoi ? » Demanda Lisa elle-même étonnée par son envie de connaître la fin de cette histoire.

    « Et bien, en fait, un matin, en arrivant, le directeur de l’établissement a retrouvé tous les malades ainsi que le personnel médical de nuit pendus dans le parc. Il y avait environ cinquante personnes dans les arbres. De vieux chênes centenaires. Sauf la femme aveugle et muette aux cheveux blancs. Elle était dans son lit et dans sa merde, comme d’habitude. Au début, le directeur n’en a pas cru ses yeux et a pensé qu’une bande de tueurs fous avait attaqué la maison de repos. C’est quand il a regardé avec la police, les enregistrements de la vidéosurveillance qu’il a cru devenir dingue à son tour… car c’était elle qui avait tué tous ces gens. »

    « Putain arrête, je vais me pisser dessus. »

    Anna prit la main de Lisa pour la rassurer. Un geste sincère pour une fois. Elle avait eu envie de l’effrayer mais ne pensait pas que toutes ces sornettes qu’elle inventait au fur et à mesure auraient un tel impact sur sa copine. Malgré ce bon sentiment, elle ne put s’empêcher de continuer son histoire, sûrement elle-même fascinée par ses propres paroles.

    « La femme fut arrêtée et trainée devant la justice. Mais vu son état physique et psychologique, elle ne fut pas condamnée à la peine de mort. Et curieusement les images des caméras de sécurité disparurent. Faute de preuve et reconnue incapable, elle fut donc de nouveau internée, mais cette fois dans un établissement psychiatrique sécurisé. Personne de l’équipe soignante ne voulait s’en occuper. Pour tous elle était un monstre bien sûr. Et un jour, on ne sait pas comment, car elle était en permanence attachée aussi bien à son lit, qu’à son fauteuil roulant, elle disparut. »

    « Putain de bordel, je te jure j’en peux plus tellement j’ai peur. »

    « On essaye ? »

    « De quoi ? »

    « Bin de le trouver ! »

    « Arrête t’es complètement folle… »

    Mais déjà les doigts d’Anna courraient sur le clavier. Lisa s’écarta de son amie, de l’ordinateur et son écran. Elle avait froid, elle tremblait, elle avait peur.

    « Oh j’ai un résultat unique ! » s’exclama joyeusement Anna.

    Elle cliqua en regardant du coin de l’œil sa copine. Elle allait lui dire que ce n’était que des salades. Dans un instant. Quelques secondes à peine. La bonne blague qu’elle venait de lui faire là.

    L’ordinateur peina un peu à charger la page intitulée « le blog hanté ». La bougie senteur fraise vacilla au même instant et s’éteignit. Ne resta que la lueur spectrale de l’écran. Lisa s’était trainée à reculons sur les fesses jusqu’à la porte à persiennes de la penderie. Ses yeux écarquillés sur son amie de profil, absorbée par la barre des tâches et l’avancement du téléchargement.

    « Ca y est. » dit-elle en se tournant vers Lisa.

    Mais Lisa ne l’entendit pas vraiment. Une main avait jaillit de l’écran. Une main véritable et bien réelle au bout d’un bras sale. L’odeur du souffre s’était répandu instantanément dans l’atmosphère. Anna ne vit rien et se dit en elle-même que Lisa était vraiment la pire des trouillardes. Puis la main l’agrippa à la gorge, l’empêchant d’hurler et l’attira vers elle au travers de l’ordinateur dans lequel elle disparut.

    Lisa hurla puis s’évanouit.

    L’électricité fut rétablie dans le quartier résidentiel quand l’ordinateur d’Anna s’éteignit, à court de batterie, et pendant que Monsieur Dame faisait basculer sa femme sur l’immense lit à baldaquin de la luxueuse suite du palace. Ils firent l’amour avec fougue. Trois fois. Le lendemain matin, ils déjeunèrent dans le jardin d’hiver, un sourire complice et rêveur sur les lèvres. Peu avant onze heures, ils quittèrent l’hôtel chic.

    A l’approche de leur domicile, ils remarquèrent les nombreuses voitures de police et les deux  véhicules de pompier. Un agent les arrêta à proximité de leur maison. A sa demande, ils déclinèrent leurs identités. Il leur demanda alors de les suivre et les fit entrer à l’arrière d’une fourgonnette banalisée où un homme moustachu sans âge les pria de s’asseoir quelques instants avec lui.

    « Mais que se passe-t-il ? » demanda Monsieur Dame d’une voix anxieuse et serrant contre lui son épouse inquiète.

    « Madame Dame. Monsieur Dame. Je suis l’inspecteur divisionnaire Codis. J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Votre fille Anna a été retrouvée morte dans l’armoire France Télécom de votre rue. Elle porte des marques de strangulation. Des examens plus approfondis nous dévoileront si elle a subit d’autre sévices. Toutes mes condoléances. »

    Les parents d’Anna s’effondrèrent l’un sur l’autre. Les larmes jaillirent. Malgré l’hébétement et la soudaineté du drame, Monsieur Dame réussit à articuler le prénom de Lisa dans un mode interrogatif.

    « Lisa boulet est actuellement dans le coma et présumée innocente, mais il semblerait qu’elle ne soit pas étrangère au meurtre de votre fille. Nous l’avons retrouvée dans la penderie, inconsciente, mais ses pieds étaient sales et selon les premières constatations de l’expertise médico-légale, ses empreintes se trouveraient sur le cou d’Anna et sur l’armoire France télécom. » répondit l’inspecteur divisionnaire Codis.

     

     

     

     

    Epilogue.

    Les cendres d’Anna furent dispersées au Chili où Monsieur et Madame Dame rejoignirent leurs fils et s’installèrent définitivement après le meurtre.

    Lisa resta 13 ans dans le coma.

    Un matin, l’infirmière qui avait l’habitude de s’occuper d’elle entra comme de coutume dans sa chambre. Elle avait disparu. Une odeur de brûlé flottait dans la pièce.

    A ce jour, elle n’a jamais été retrouvée. Les soupçons portés sur sa famille furent rapidement balayés.

    Dans le moteur de recherches Google, si on saisit les mots « blog hanté » ont obtient deux millions six cent mille résultats.

     

  • Le blog hanté. (1ere partie)

    « Les filles ? Nous allons partir ! »

    Madame Dame se tenait au pied de l’escalier dans le vestibule, une main aux ongles vernis de carmin profond posée sur la rampe en bois blanc. Ses cheveux d’un roux flamboyant étaient pour l’occasion relevés en un chignon fouillis et vaporeux ;  ainsi les perles que son mari lui avait offert pour leurs 10 ans de mariage,  mettaient en valeur la finesse de son cou et son port de tête gracieux. Le drapé de sa robe de soirée vert émeraude soulignait l’harmonie que son corps avait conservée malgré les années grâce à deux séances hebdomadaires de gymnastique suédoise. Les sandales à hauts talons dont les brides s’enroulaient autour de ses chevilles, finissaient de parfaire avec élégance sa silhouette.

    A ce moment précis, Monsieur Dame revint de la voiture dans le coffre de laquelle il venait de déposer, à l’insu de sa femme, une petite valise contenant leurs affaires de toilette. En la préparant, il avait estimé inutile d’y ranger leurs pyjamas. Quand il poussa la porte d’entrée vêtu de son smoking haute couture, il ne put qu’admirer sa beauté. Un large sourire se dessina sur son visage aux traits réguliers. Il était certain qu’elle serait enchantée de la surprise qu’il avait préparée pour son anniversaire avec la complicité de sa fille Anna. Après le ballet russe, ils iraient souper dans ce prestigieux restaurant quatre étoiles. Puis au lieu de regagner la maison, il la conduirait dans le plus beau palace de la ville où il avait réservé une suite pour la nuit. Rien n’était trop beau pour l’amour de sa vie.

    Ils s’étaient rencontrés vingt quatre ans auparavant, lors d’un accident de la circulation. Un camion chargé de plusieurs tonnes de clémentines corses s’était retourné sur l’autoroute et l’avait bloquée plusieurs heures. Le chauffeur s’en était sorti indemne, la plupart des fruits aussi et malgré leur abondance sur la chaussée aucune victime n’avait été déploré. Il avait fallu toute la matinée aux forces de l’ordre pour ramasser la récolte et permettre aux automobilistes de repartir. C’est dans ce contexte extraordinaire qu’il avait repéré ses yeux bleus clairs et sa chevelure de coucher de soleil. Il n’avait pas hésité à l’aborder en lui offrant une clémentine, qui avait roulé jusqu’au pied de sa voiture, stoppée à quelques mètres de la remorque allongée en travers du tronçon. Elle avait tout de suite été sous son charme. Comme une évidence. Rapidement mariés après cet accident coloré, ils avaient eu un fils, Alan, aujourd’hui expatrié au Chili et Anna.

    « Les filles ? Dépêchez vous de descendre, nous allons finir par être en retard ! » Cria de nouveau Madame Dame dans la cage d’escalier à l’attention de sa fille et de sa copine Lisa, venue pour l’occasion passer la nuit à la maison.

    Les deux adolescentes apparurent enfin sur le palier du premier étage, affichant une moue qu'on ne sait faire qu'à quatorze ans. Celle qui signifie que tout est ennui, surtout les parents. Anna avait hérité du physique avantageux de sa mère. Sa copine Lisa en revanche, n'avait pas été gâtée par la nature : rondelette, cheveux gras et filasses, vilaine peau, appareil dentaire et un nez à signer sur le champ un crédit pour lui payer une rhinoplastie. Anna n'avait naturellement pas besoin d'un tel faire-valoir à un âge où séduire est une préoccupation primordiale. Cependant, elle savourait assez cyniquement l'atout que sa compagnie lui procurait : la garantie que les garçons ne regardaient qu'elle, mais aussi la confiance qu’elle inspirait à ses parents et lui permettait de ne pas toujours se trouver à l’endroit où elle prétendait être. Elle était son meilleur alibi.

    Lisa lui vouait en retour un culte à en faire pâlir un chef religieux et les scientologues. Cet amour effrayant lui faisait pardonner toutes les crasses et les méchancetés d'Anna, qui savait cruellement souffler le chaud et le froid pour la retenir, malgré son attitude ambivalente. Elles se connaissaient depuis l’école primaire, mais ne se fréquentaient en réalité, que depuis l’entrée au collège, où un peu perdues dans un nouvel établissement, elles avaient été, l’une pour l’autre, un visage connu et rassurant.

    « Nous y allons. Une pizza au fromage décongèle sur le comptoir de la cuisine. Faites attention avec le four, n'oubliez pas de l'éteindre quand vous aurez terminé. Et vous n'invitez pas de garçons ! Me suis-je bien fait comprendre ? » Gronda Monsieur Dame qui n'avait qu'une confiance relative en sa fille et les adolescents en général.

    «Oui Papa ! »

    «Oui Monsieur ! »

    S’empressèrent-elles de répondre en souriant d'une façon qu'elles espéraient angélique mais pas au point d'avoir cet air de se moquer, qui déplait tant aux adultes.

    Après les dernières recommandations d’usages et un clin d’œil échangé entre le père et la fille dans le dos de la mère, les parents s’en allèrent ; et les deux copines, le nez collé à la fenêtre, regardèrent les phares disparaître dans l’allée de la résidence pavillonnaire cossue.  

    Certaines d’être enfin seules, elles se précipitèrent dans la chambre d’Anna. Les murs étaient recouverts de posters de vampires et de publicités pour produits de luxe, arrachées des magazines féminins de Madame Dame. Il y régnait un joyeux désordre d’habits abandonnés en boule sur la moquette beige, de cahiers de cours en pile instable sur le bureau, de tubes de gloss et de vernis à ongles en pagaille sur la coiffeuse en rotin blanc.

    Anna ouvrit sa penderie pleine à craquer et exhuma de derrière des boîtes à chaussures un pack de bières tièdes à la téquila. Elle en donna une à Lisa qui hésita un instant à l’accepter, pour finalement porter le goulot de la bouteille à ses lèvres. Elles discutèrent un peu des derniers ragots du collège en consultant Facebook, quand à vingt heures trente précise, Anna ordonna à son amie d’aller préparer le dîner, tandis qu’elle se connectait à Skype pour joindre son petit copain.

    Lisa n’opposa aucune résistance face à cet ordre. Elle n’aimait pas vraiment Kévin, ni savoir qu’Anna lui montrait ses seins face à la webcam, sans être certaine qu’il n’était pas en compagnie d’autre garçons bien planqués hors du champ pour apprécier le spectacle. Car Anna avait une très belle poitrine, qu’elle admirait parfois à la dérobée dans les vestiaires de la piscine ou du gymnase avant les cours de sports.

    La pizza fut cuite en une vingtaine de minutes, le temps pour elle d’explorer la salle de séjour, ses nombreux bibelots de prix et les titres sur les tranches des livres soigneusement alignés dans la bibliothèque. Elle vida sa bière dans l’évier, incapable de la finir et fit couler un peu d’eau pour que personne ne le remarque. Elle fut tenter d’appeler Anna comme Madame Dame l’avait fait plus tôt au pied des escaliers, mais elle s’abstint, sachant pertinemment qu’elle pourrait mal réagir d’être interrompue au milieu d’une pause sexy prise exprès pour cet abruti de Kévin.

    Elle patienta encore un quart d’heure, quand enfin Anna la rejoignit.

    « J’ai fait l’amour sur internet ! » s’écria-t-elle ravie.

    « C'est-à-dire ? » lui demanda Lisa avec une mine circonspecte

    « T’es vraiment trop une gamine ! Mais bon si tu veux tout savoir, je me suis mise nue devant Kévin qui l’était lui aussi et on s’est masturbé ensemble… j’ai fini sous ses encouragements avec le manche de ma brosse à cheveux dans la chatte ! C’était trop bien ! Un jour tu verras, tu sauras ce que c’est qu’avoir un petit ami et de faire du sexe. C’est naturel de toute manière de faire ça pour un garçon qu’on aime. »

    Lisa ne répondit rien, abasourdie par la description. Depuis le temps qu’elles se connaissaient, Anna parvenait encore à la choquer, tout en l’excitant et en la rendant malheureuse à la fois.

    « T’imagines pas comment on a faim après l’amour ! Bon t’as préparé la pizza ? »

    Elle lui tendit une assiette avec une généreuse part recouverte de fromage fondu et elles dînèrent toutes deux devant une série américaine, où des acteurs de trente ans jouent des adolescents.

    Vers vingt deux heures, elles regagnèrent l’étage et se mirent en pyjama. Dans la salle de bain, d’un air innocent, Anna demanda à Lisa si elle n’avait pas un peu grossie. Elle en eut les larmes aux yeux mais tint bon devant son amie. Elles préparèrent la chambre pour la nuit en installant un matelas pneumatique au pied du grand lit d’Anna. Cette dernière lui expliqua qu’elle préférait dormir seule, mais que si elle avait été Kévin, les choses auraient été tout autrement. Lisa encaissa une fois de plus.

    Il n’était bien entendu par encore question pour les deux adolescentes de s’endormir, alors elles s’installèrent sur le tapis poilu au centre de la pièce et  commencèrent par consulter quelques sites consacrés à leurs idoles sur l’ordinateur portable d’Anna, recouverts de stickers roses et pailletés. Mais comme aucune mise à jour n’avait été faite depuis leur dernière visite plus tôt dans l’après midi, elles finirent rapidement par ne plus savoir quoi faire et s’ennuyer.

    Quand soudain, la chambre fut brusquement plongée dans la pénombre, à peine éclairée par l’écran de l’ordinateur qui bascula sur la batterie. Elles purent constatées, en regardant par la fenêtre, que tout le quartier était en proie à une coupure d’électricité.

    Lisa frissonna et replia ses jambes sous elle.

    « T’as peur du noir ? » lui demanda Anna tout en allumant une bougie parfumée à la fraise qui trainait sur sa commode.

    « Non. Non. »

    Anna vit dans ce flagrant mensonge une occasion de bien s’amuser aux dépens de sa copine.

    « T’as déjà entendu parler du site internet hanté ? »

     

     

     

     

     

    [à suivre ...]



     

  • Faire les soldes et atteindre ses objectifs.

    Samedi, avec ma copine Roméo qui est douce comme une piscine remplie de crème fouettée, nous avons fait les soldes avec nos découverts imminents. (Il me restait 8€25 et Roméo culminait à 13€96 sur son compte courant.)

    Au départ, en consultant le ciel franchement gris et les grosses gouttes  fraîches qui en tombaient à ce moment, nous avions dans l’idée de nous rendre dans une galerie marchande. Mais comme nous sommes des folles tordues sans parapluie avec une foi à toute épreuve, nous avons finalement opté pour le centre historique et piétonnier. Au moins, même s’il y avait un monde fou, c’était haut de plafond dans les rues. Par sécurité, nous avons dès la sortie du parking souterrain retiré chacune un billet de 10€ au distributeur, pour hypothétiquement braver un déluge dans un bar en sirotant un demi.

    D’ailleurs, à propos des parkings souterrains : comment se fait-il, dans un monde où les limites de la technologie sont chaque jour et sans cesse un peu plus repoussées, qu’il y ait des poteaux en béton bien solides partout ? C’est tellement pénible pour se garer.

    Quoi qu’il en soit, il était question pour chacune de se trouver un sac à main. En effet, il était primordial de remplacer cet accessoire incontournable pour trimballer sa vie partout avec soi : la bride du mien ne tenant plus qu’à un fil, le sien à l’agonie après un vomi de trop de son petit dernier à l’intérieur. Cela coïncidait en plus pour ma part, à une absence totale d’envie de me déshabiller sous un méchant néon et derrière un rideau qui n’atteint en largeur qu’un seul côté de la cabine d’essayage.

    Finalement il n’a pas plu, ni fait assez froid pour que nous nous refusions une bière en terrasse et plus tard un café parce qu’on avait une super envie de faire pipi… rapport au demi avalé plus tôt.

    De plus, nous avons chacune trouvé notre bonheur en matière de bagage à mains pour à peine 20€ et (roulements de tambour) en soldes ! Parce que souvent quand je fais les soldes, je ne craque que pour les articles des nouvelles collections.

    De cette après midi shopping, j’ai tiré plusieurs enseignements sur la vie en générale :

    - New Look vend cette saison d’affreuses fringues, sauf si tu te sens de t’habiller comme Tara King ou Emma Peel.

    - La majorité des fringues proposées sont tout simplement atroces.

    - Les vernis à ongles OPI de 15ml coûte 15€ chez Monoprix. Soit 1€ le millilitre.

    - J’ai une tête à chapka.

    - La chapka c’est moche.

    - Les jeunes s’habillent vraiment comme des sacs à commissions. (Avec des tas de logo sur eux donc.)

    - Nous avons toujours des têtes à nous faire appeler « mesdemoiselles » dans les cafés (mais pas au point de nous demander nos pièces d’identité pour consommer de l’alcool.)

    - Les gens disent qu’ils n’ont pas de tunes mais ils en dépensent des tonnes dans les magasins.

    - Le thé de Nature et Découverte n’est pas dégueulasse.

    - Une boutique de livres que j’adorais s’est faite croquer par une enseigne de jeux vidéos.

    - Le clochard avec son chien et son lapin est toujours là.

    - Par contre les punks à bergers allemands devaient être partis en week end à Megève.

    - Les hommes continuent de faire pipi dans la rue. Et devant tout le monde en plus.

    - Les gens n’arrêtent jamais de bouffer quelle que soit l’heure, et des trucs moins diététiques qu’une pomme.

    Et puis on a croisé Catherine Deneuve sous cortisone qui sortait du Mac Do, où qui en avait trop mangé.

    C'était vraiment une bonne journée !


    [Impossible de mettre une photo du dit sac à main... la requête n'arrive pas à hautetfort ... donc pour décrire la chose, je dirai que ma mère avait le même au début des années quatre vingt, mais en rose fluo.]