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Histoires de la fille de service

  • Je peux pas j'ai biblio.

    Je pense souvent à ce bout de machin plein de mots perdus dans la blogosphère. Il m’arrive de taper son nom dans la barre de recherche et d’en relire une note ou deux. Je ne suis pas sûre d’écrire correctement mais j’ai la satisfaction de constater que j’ai toujours envie de me lire jusqu’au bout, parce que ça coule bien sous la rétine toutes ces conneries que je raconte quand même. Et puis si on ne peut même plus s’auto-complimenter qui va le faire ?

    Tout ça pour dire que cette année, même si j’ai fuis et déserté, je ne l’ai pas oublié. Et je ne me suis pas sentie coupable non plus de l’abandonner. J’espère juste qu’on ne me l’effacera jamais. Que j’aurai toujours stocké quelque part sur la toile ces milliers de mots que j’ai longuement choisi d’associer les uns aux autres pour donner vie à mes idées bêtes et farfelues.

    Si cette année, je fus silencieuse et absente c’est à cause d’une de mes résolutions du Nouvel An 2014. En tout et pour tout, j’en ai émise deux au matin du 1er janvier, tout en rotant  des effluves de vin blanc mêlées aux parfums d’un tiramisu à la framboise à se taper le cul par terre. L’une consistait à trouver un prof d’anglais à domicile pour me remettre en selle et faire découvrir à l’écossais les rudiments de la langue de Shakespeare dans l’espoir qu’un jour on voyage plus loin que la Vendée et la Belgique. (L’Ecossais avait choisi allemand en première langue. L’Ecossais ne parle pas l’allemand pour autant, qu’on se rassure sur le système scolaire français en matière d’apprentissage des langues étrangères). La seconde consistait à m’inscrire à la bibliothèque du patelin de la vallée.

    J’ai oublié la première assez facilement. Mais j’ai acquis pour deux euros une sublime carte de bibliothèque nominative qui m’a permise pour cette modique somme d’emprunter, cette année, trois livres ou bandes dessinées pour une durée de trois semaines maximum. Et depuis ce jour glorieux où mon nom a été enregistré dans la base de données de la bibliothèque : je lis. Voir je dévore. J’en suis à mon quarante septième livre. Moi qui estimais en lire une cinquantaine par an, on peut dire que j’avais fait le bon pronostic.

    Et tout ça pour deux euros.

    Sans déconner.

    La joie que me procure ce tarif est indescriptible.

    Bref, depuis janvier je lis. Je lis à corps perdus parce que j’adore le manège qui se met en route dans ma tête quand j’ouvre un bouquin. Toutes ces images qui jaillissent, ces visages, ces émotions, ces peurs… c’est comme être pourvu d’un cinéma à la place du cerveau. Un cinéma qui joue un film unique au monde, même si le livre est un best-seller réédité plusieurs fois.

    Alors lire ou écrire ? Le choix c’est fait de lui-même. Parce que malheureusement, je ne suis pas un super héro : je ne peux pas être partout à la fois sous peine de n’être finalement nulle part. Mon temps est compté, comme tout un chacun.

    L’autre soir je lisais  tandis que l’Ecossais regardait le Mentaliste (je l’aime plus Patrick, il me gonfle désormais). Quand il fut l’heure de la énième page de réclames publicitaires, il s’est tourné vers moi et m’a dit avec une pointe d’envie : «  T’es tranquille toi, au moins t’as pas de pub dans ton bouquin ! ».

    Et oui, les avantages de la littérature sont nombreux …

  • Parfois encore...

    ... je suis un peu (beaucoup) triste. Ca se bouscule dans mes canaux lacrymaux pour jaillir, ça veut saloper mon mascara, me faire renifler et obliger tous les gens qui s'en aperçoivent à venir me consoler. Alors qu'on ne me consolera jamais. Qu'il faut vivre avec ce truc là en se disant qu'il n'est pas dramatique, qu'il ne me prive pas de mes jambes, de ma tête ou de ma capacité à respirer, qu'il ne me fera jamais crever sauf peut-être de chagrin... si je m'écoute. Mais j'ai arrêté de faire ça, de laisser passer la boule qui obstrue ma gorge, d'ouvrir les grandes eaux : je les ravale comme une grande et je me force à sourire, espérant que ça sauvera mon apparence et m'évitera les questions. Plus je m'entraîne et plus j'y parviens, me récompensant à l'occasion en me bâfrant de pâtisseries au chocolat.

     

  • 71- Bienvenue à Pipeland !

    J'aime bien sucer des bites. Oui, j'ai déjà eu quelques occasions d'en avoir plusieurs à ma disposition rien que pour moi. Au sens propre j'aime ça, la fellation. Enfin surtout le pouvoir de la fellation, et aussi un peu donner du plaisir rien qu'avec ma langue agile. Mais au sens figuré, sucer des bites, même rien qu'une bite, ce n'est pas mon genre, ni ma tasse de thé. En même temps je n'aime pas le thé. J'ai eu aimé, jusqu'au jour où je me suis retrouvée au volant de ma bagnole, dans l'incapacité complète de me garer du fait de la topographie, avec une envie de dégueuler complètement incroyable au regard de la pauvre tasse d'eau chaude aromatisée au jasmin que je m'étais enfilée en vitesse ce matin là avant de partir de chez moi. Bénie soit la personne qui a fait interdire la distribution gratuite des sacs plastiques aux caisses des supermarchés, car depuis j'ai toujours un cabas vide et hideux qui traine sous la place du mort et heureusement pour mes genoux qui allaient en cours de comptabilité ce jour là, j'ai pu vomir dedans.

    Faire des sourires sur mon lieu de travail en courbant l’échine, à des gens auxquels je n’aurais jamais adressé la parole dans la vraie vie, représente pour moi l'aliénation la plus brutale de ma pauvre condition de salariée des bas fonds de la facturation. Faire la bise le matin me plonge dans les affres de pulsions meurtrières particulièrement hardcore, dès que ma joue entre en contact avec celle du connard type, qui ne rate bien entendu jamais une occasion de me reluquer le cul ou les nichons. Immuablement, je réponds « ça va bien », même quand je suis aux trente sixième dessous, à cause de mes putains de règles, à la sempiternelle question que la convention exige que l’on pose après un salut. Surtout qu’immanquablement, l’interlocuteur n’en a rien à foutre de mon état général et mental. D’autant plus que la plupart du temps, il n’attend même pas que je termine ma phrase pour me tourner le dos ou deviser gaiement avec son voisin de bureau à l’humour encore plus gras et consternant que le sien, sur l’issue du dernier épisode de Joséphine Ange Gardien ou d’un quelconque match de foot à la con. Et pourtant il faut bien jouer cette comédie. Au nom de la culture d'entreprise et pour éviter qu'on ne me jette des cailloux pointus à la pause clope de dix heures et quart.  Ou pire encore que ma chef m'invite à déjeuner le midi dans un routier, pour discuter de mon mal être professionnel et de mon agressivité latente, avec un bouquin de psychologie à deux sous planqué sur ses genoux et caché par une nappe en papier que je soupçonne d'avoir déjà servi plusieurs jours d'affilés.

    Dans une certaine mesure, nous dépendons plus ou moins du travail fourni par nos chers collègues. Et c’est là que le summum de l’hypocrisie est atteint. Un jour, on te prêtera autant d’attention qu’à un hérisson écrasé sur le bord de la route, quand le lendemain, on t’apportera un joli petit croissant au beurre pour camoufler le dossier qu’on s’apprête à te léguer et qu’on a transformé en gros tas de merde inexploitable, juste parce qu’on ne sait que baisser son froc moche de chez Armand Thiery face aux clients. On saura te parler pire qu’à un labrador galeux la fois où tu viens connement demander un renseignement qu'eux seuls détiennent. On saura insulter ton intelligence et tes compétences sans utiliser de gros mots, juste parce que tu interromps une partie chronométrée de sudoku niveau facile ou la visualisation d’un diaporama de filles à poils, à quatre pattes, sur des carpettes à poils longs rose ou blanc. Par contre, être aimable et de bonne composition, quand il leur faut obtenir en urgence un document ou une information quelle qu’elle soit, ils savent, tout en omettant tes lacunes précédemment mises en relief par leurs personnes si professionnelles et organisées, capables de faire appel à tes services à l'occasion, pour une bête formule dans un tableur, qu'ils maîtrisent pire qu'à peine.

    Bienvenue à Pipeland ! L’entreprise où on se taille des pipes quand on veut obtenir quelque chose. L’entreprise où on te taille un costard dès qu’on a plus besoin de ton savoir. L’entreprise faite d’un ramassis de faux cul même pas assez subtils pour le cacher un tant soit peu.

     

     

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     (Mon meilleur copain du travail ... avec traces grasses de doigts incluses... un jour ils me désespéreront tellement que j'allongerai mon café équitable avec de la gnôle.)

     

  • 70 - Ton amazone.

    J'ai déjà oublié la douce musique de tes soupirs alors que je te chevauchais à son rythme. Les yeux mi-clos, une main à plat sur ton coeur, l'autre en appui sur ta cuisse, je te sentais dans mon ventre tressauter et t'émouvoir.

    En équilibre sur ton plaisir grandissant, je prenais mon temps. Je savourais l'instant. Je me laissais guider par cette chaleur qui nous soudait. Que j'avais tant espérer sans oser l'imaginer, de peur de ne la dénaturer par ma lubricité.

    Je ne sais pas combien de temps nous nous sommes oublié ainsi, dans cette torpeur vaporeuse, dans cette danse harmonieuse, dans cette montée de plaisirs, lente, douce, suave ... ma tête était vide de sens commun, juste hypnotisée par ton souffle de plus en plus rauque et court.

    Derrière mes paupières, du rouge comme mon sang en ébullition, quand tes larges mains ont aggripé mes hanches pour leur imprimer un nouveau mouvement.

    Puis, tu as tremblé des pieds à la tête en jouissant. Tu m'as étreinte contre toi alors que je criais au bonheur et à la joie.

    Et c'était déjà la fin de ce sulfureux moment.

    Tu m'as prise dans tes bras, m'as embrassée longuement, m'as remercié et je n'ai pas su pourquoi.

    On a ri et bavardé nus comme des vers, toujours enlacés, encore un peu grisés par le vin mais surtout apaisés par le sexe.

     

    chaude nuit d'été, j'ai tant aimé tes soupirs, ton prénom se baladera longtemps sur mes lèvres,

     

    Je regrette tellement d'avoir déjà oublié la douce musique de tes soupirs. Ne me reste que ces images fugaces et ces sensations troublantes.

    J'ai tant aimé cette première fois qui en appelle des suivantes... j'espère...

     

  • 69-Démontage de cliché animalier.

    Un vent souffle un court instant dans le salon. Ce n'est ni le Mistral, ni la Tramontane. Pas même un Alizé. Mais plutôt un vent anal. Un pet comme qui dirait. Juste à côté de moi, entrain de trainer sur l'internet, auprès de l'écossais qui se tape Pékin Express. A ras du sol. J'oserai même penser que l'origine se situe dans la périphérie du panier en plastique à animal domestique. Mes yeux décrochent de l'écran d'ordinateur pour se poser sur ce coin dédié à la faune, près du boudha géant en plâtre peint en doré. Mes soupçons se confirment. Ma grosse se sniffe le cul genre "c'est moi qu'a pété ?".

    Et là comme tous les soirs le chat noir se met à miauler, en se dandinant du bout de ses petits chaussons blancs, sur le pavé. Il se précipite vers sa dulcinée contre nature, en ronronnant comme un moteur de grosse voiture. Elle le regarde l'air de dire "OK mais je te renifle d'abord le trou de balle", puisque que comme toujours il finit par la laisser le manipuler d'un coup de museau, pour que sa truffe se retrouve à ce niveau, avant de pouvoir s'installer confortablement avec elle. Pour se faire des câlins et limite aussi se rouler des pelles.

     

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    (c'est sûrement parce qu'ils sont assortis)

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    (aucun n'animal n'a été maltraité ou obligé de pauser pour cette prise de vue)

  • 68 - Le goût du porto dans mon coeur.

    108195503.jpgCe soir, à défaut de vin rouge ou blanc, je sirote un petit verre de porto. Je n'aime pas trop le porto et pourtant je claque la langue à chaque gorgée, imitant un tic de mon défunt grand père qui s'octroyait un doigt de ce breuvage les rares fois où il prenait l'apéro. Il n'aimait pas spécialement l'alcool et n'en prenait que quelques centilitres aux grandes occasions. Un cancer du foie l'a emporté il y a deux ans, alors qu'il lui restait à mes yeux qui se brouillent encore de larmes, de belles années à vivre. Autant ne pas se demander, comment une cirrhose a pu l'atteindre et s'aggraver au point de le tuer en quelques mois. J'aurai aimé lui présenter l'enfant que je n'arrive pas à avoir dans un lit juste en jouissant, qu'il le prenne dans ses bras, qu'il se mette à lui raconter des histoires de ponts et de barrages. Son métier de les concevoir a tellement influencé ses conversations. Il a vécu au Vietnam, au Mexique, en Russie. A connu le communisme, les tremblements de terre et la guerre froide. Je connaissais toutes ses histoires et parfois baillait quand il m'expliquait d'obscurs calculs de charge pour la poutre de son grenier ou la marquise de sa maison en Bretagne, où j'ai hâte de retourner cet été. A la fin de sa vie, lassé des conflits avec son fils, mon père, ce scientifique amoureux du rationnel, citait le Dalaï Lama en exemple. Personne ne soupçonnait sa maladie dont il s'est gardé de nous informer.

    Il serait là encore aujourd'hui, nous parlerions nucléaire. Il m'expliquerait que nous ne pouvons pas décemment nous en passer, que les énergies renouvelables ne sont pas encore assez performantes pour nos gourmands besoins et que de toute manière, maintenant que nous avons les deux pieds dedans, il serait inconscient de nier tous les déchets qu'il nous serait impossible de retraiter. Je serai d'accord sur ce dernier point mais j'aurai l'espoir qu'il fasse fausse route sur la première partie de son exposé, tout en sachant pertinemment que mes connaissances en la matière n'arrivent pas à la cheville des siennes. Il me surprendrait par la compassion qui émanerait de ses yeux bleus délavés, pour ma naïveté et mes bouffées d'utopie. Il ferait un don conséquent à une association sans rien avouer de son geste et de sa générosité. Il répéterait simplement "Pauvres gens" en montant le son de la télévision pour nous faire taire et écouter les informations alarmantes, les dires des journalistes, ne se refuserait pas de contredire certaines données. Mon grand père était si cultivé que je le croyais bien plus facilement que les versions officielles dont on peut nous abreuver.

    Aux beaux jours, je me souviens, il nous emmenait en rase campagne pour regarder les étoiles loin de la pollution lumineuse de la ville et nous raconter les constellations, les planètes, la voie lactée dans sa lunette d'astronomie. Je ne l'écoutais pas vraiment mais posais des questions de temps à autre pour relancer ses chuchotements plein de savoir qui berçait mes rêveries. J'humais l'air et l'odeur de l'eau de Cologne dont il aimait se parfumer. Je me sentais si petite devant l'univers mais en sécurité à ses côtés.

    J'aurai aimé que tu sois là ce soir pour partager un petit verre de porto avec moi. Pour une fois je n'aurai pas râler intérieurement d'entendre pour la centième fois la même histoire de ponts, de barrages, de comètes ou de galaxies.

  • 67 - Les bisounours et mon vernis boule à facette.

    Aujourd'hui j'ai enfin compris un concept important dans les relations dites "bisounours" que mon employeur souhaitent que nous entretenions au sein de notre belle entreprise.

    Tout a commencé hier, lorsqu'à peine arrivée avec la marque de l'oreiller en travers du visage, ma cheffe m'a informée qu'à la suite d'une réunion présidée la veille par mon patron et à laquelle je n'étais pas conviée, il avait été décidé que pour optimiser la convivialité en nos nouveaux locaux, il n'était plus permis de fermer la porte de nos bureaux sauf en cas de rendez vous. Porte qui donne sur un couloir glacial qui se fait un plaisir d'aspirer toute la chaleur de mon radiateur bloqué au maximum de sa puissance par représailles. Ma joie de ne plus avoir froid fut de courte durée...une journée ce n'est guère long. Ce nouveau dispositif est censé nous obliger à plus d'interaction entre les employés. Néanmoins, cela n'a pas empêché certains de mes collègues de passer sans ralentir devant mon espace de travail, les plus pervers s'arrêtant même sans discrétion pour taper la bise à ma voisine ou dans la cuisine attenante pour faire couler du café pas bon.

    Je trouve que c'était nettement moins vexant quand la porte était close.

    Cependant grâce à cette nouvelle consigne j'ai enfin compris que je faisais tout de travers en matière relationnelle. En effet, lorsque j'arrive le matin, j'ai l'habitude de faire le tour des locaux (et désormais ça me prend pas loin de dix minutes) pour dire bonjour aux personnes moins en retard que moi. Même ceux qui m'insupportent plus que l'odeur des tripes à la mode de Caen. En pause, je me cantonne à des discussions météorologiques ou de m'insurger sur le fait que ce soit toujours les mêmes qui remettent du papier dans l'imprimante. Ma vie privée reste dans mon sac à main avec tout mon petit bazar, alors que certains discutent de leurs problèmes gastriques, de couple ou de trésorerie sans gêne ni retenue. Les mêmes qui me snobent alors que je n'oublie jamais de me brosser les dents et que je mets du parfum avec parcimonie (à 1500€ le litre ce n'est pas du luxe de faire attention à la dose).

    Et ce matin, en écoutant un crétin nous parler de l'humeur de chienne de sa femme quand elle a ses règles et tout en observant les autres, qui dès qu'il a le dos tourné, se foutent de sa gueule allègrement, j'ai enfin compris là où je merdais dans ma technique bisounours. En fait je suis polie mais pas hypocrite, alors qu'en fait c'est le contraire qu'il faut faire : être hypocrite et malpoli. Seulement en y réfléchissant bien conscienseusement tout l'après midi entre deux factures super passionnantes, avec retenue de garantie et compte prorata à calculer, je n'arrive pas à me résoudre d'adopter cette posture. Je préfère encore continuer de les effrayer avec ma tronche en biais, mes sourcils froncés et mon vernis à ongle boule à facette que je me suis acheté pour le nouvel an. Je n'aurai jamais cru qu'il me plairait autant et qu'il soit si facile à porter au quotidien. Et puis les paillettes c'est un peu bisounours quand même ... non ?

     

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    (vernis boule à facette blindé de paillettes acheté à la foire fouillette pour même pas deux euros, ongles vernis il y a une semaine et depuis je jure m'être servi de mes mains, tenue qui est donc plus que correcte...)

     

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    (En plus il est assorti à mon alliance... la classe !)

  • 66 - Avant / Après ou comment j'ai fini une année pour en débuter une autre.

    Avant minuit, je me suis battue avec un paquet de saucisses coktail qui ne voulait pas se laisser ouvrir. Au passage avec mon couteau pointu j'en ai tué deux avant même de les ébouillanter avec sadisme dans de l'eau frémissante, dixit le mode d'emploi de la chose. Je me suis enfilée plusieurs verres de vin blanc, tout en veillant à servir mes invités hilares pour des raisons que je n'ai pas saisi, trop absorbée à faire circuler les tartinettes de fromages aux fines herbes, les tranches de saucissons de jambon et les noix de cajou. J'ai surveillé des pizzas maisons et une quiche lorraine, pour qu'elles se réchauffent idéalement. Mais aussi mon pote Olga agonisant avant vingt trois heures sur la banquette arrière de sa voiture et venu en célibataire, sa promise ayant perdu la partie de chifoumi, qui déterminait qui resterait à la maison pour garder leur "mini eux" cloué dans son lit à barreaux par une vilaine grippe carabiné. Par la suite, j'ai récupéré des bouteilles vides et des assiettes pleines de miettes. On m'a proposé de l'aide mais j'ai décliné les offres, tellement mon verre de vin laissé dans la cuisine, me paraissait plus passionnant que la conversation menée par un type, avec qui je couchais jadis et qui aime accaparer l'attention. J'aurai peut être du accepter pour libérer certains de mes amis de ses divagations égocentriques mais a-t-on vraiment besoin d'être plusieurs pour déballer des fromages et les disposer artistiquement sur un plateau ?

    A minuit, j'ai roulé une pelle à l'écossais et à une copine qui n'avait rien demandé mais qui n'a pas eu l'air mécontente de ma façon d'embrasser.

    Après minuit, j'ai senti le pouvoir de l'alcool  m'envahir de façon insidieuse et désagréable. J'ai pris un peu l'air en allant voir mon pote Olga. J'ai bu de l'eau et grignoté un bout de la bûche glacée au caramel sans rien dire à personne, puisqu'un quart d'heure auparavant personne n'en n'avait voulu. J'ai tenté de m'incruster dans une conversation sur la série de canal + Maison close, mais comme je ne l'avais alors pas encore vu, je n'ai pas réussi à me déconcentrer de mon envie de vomir et de mon mal de crâne naissant. Alors j'ai fini par m'enfuir dans mon lit où je me suis étalée en diagonale, non sans avoir réussi à dégrafer ma robe de princesse punk de mon mariage que j'avais recyclé pour l'occasion. Je me suis concentrée toute nue à moitié couverte par ma couette à fleurs. Je me  suis demandée pourquoi le matelas tanguait tant alors que nous sommes à vol d'oiseau, à une demie heure de la mer. Plus tard, j'ai été réveillé par un cri de l'écossais. Il hurlait depuis le rez de chaussée : "bouhhhhhhh t'es trop bidon ma chérie ! T'es bourrée !"... Je me suis retournée non sans grommeler une malédiction terrible à son encontre pour avoir perturbé un rêve fabuleux où je me promenais sur le dos d'un chat géant qui sautait de nuage en nuage.

    J'ai appris au réveil que mon pote Olga avait ressuscité peu de temps après ma disparition, on ne se sera vraiment pas beaucoup vu à cette soirée... dommage je l'aime bien mon pote Olga.

  • 65 - Rentrée 2011, fond d'écran et rats domestiques.

    Selon une tradition ancestrale écossaise, à l'issue de vacances, il est prohibé de reprendre un lundi sous peine de voir mon mari trainer cul nu dans la cuisine pendant que je me prépare l'âme en peine pour retourner à mon esclavage moderne qu'on dénomme sobrement le travail payé au lance pierre. Il m'a fallut du temps et de nombreux rappels à l'ordre pour remplir correctement mes demandes de congés, avant de prendre le pli.

    J'ai donc repris le chemin du travail aujourd'hui. Un nouveau chemin, dans un bâtiment plus en adéquation avec le monde de l'entreprise qu'une maison dont on casse la baignoire et le bidet de la salle de bain pour y caser un employé et son bureau. Il y a même un chauffage et du double vitrage. Des toilettes assez à l'écart des bruits de pianotage de clavier,  pour y déposer le fruit de mes entrailles, même si cela va toujours à l'encontre de mes principes qui m'interdisent de faire caca dans des endroits où je ne me sens pas en paix avec mon karma intestinal.

    Aux premiers abords, cette nouvelle configuration peut paraître idyllique. Mais d'un point de vue fonctionnel, il reste beaucoup de progrés à faire ou de couleuvres à avaler. En effet, nous ne sommes par exemple, pourvus que d'une seule et unique imprimante pour les 300 mètres carrés de surface où notre direction nous a dispersé. Pour ma part, je dois faire seulement 50 mètres et une floppée de marches pour accéder à mes impressions. Quelle bonté de me faire économiser une carte d'abonnement à la salle de sport ! De toute manière c'est tellement vulgaire de transpirer sur des vélos elliptiques alignés en rang d'oignons. Il n'est pas prévu d'investir dans une nouvelle machine. "Trop onéreux " nous assène le grand chef qui n'a toujours pas répondu favorablement à ma demande d'achat de deux armoires en métal pour classer mes dossiers et des mines de 7 millimètres pour mon critérium. A croire qu'il faut désormais établir un tableau d'amortissement pour de malheureuses fournitures de bureau toutes bêtes.

    Pour me divertir un peu et chasser mes idées d'attentat à l'agrafeuse, je me suis choisie un nouveau fond d'écran. J'ai pris une photo très apaisante, d'un ponton au bord d'un lac de montagne, sous un ciel noir d'orage. Quand je le regarde, j'ai envie de me jeter dans l'eau glaciale la tête la première pour ne plus penser aux oursins hantant les poches de notre dirigeant qui a préféré diviser par deux les primes annuelles des employés, pour pouvoir maintenir celle des cadres. Pour faire passer la pilule, il nous a été offert une boîte de chocolats. Comme si je pouvais régler à la caissière du supermarché, mon paquet de pâtes aux oeufs contre des boules au praliné. Les capitalistes sont vraiment des rats... enfin nan. Ce n'est pas sympa pour les rats de dire ça. Ma défunte rate blanche était très mignonne avant de se chopper un cancer, elle se lovait dans mon cou et me faisait des bisous aux oreilles, ou les nettoyait, je n'ai jamais vraiment su.

    Nature HD Wallpaper

    (zen comme fond d'écran n'est-il pas ? Je le trouve à peine gothique ...)