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Blog à 1000 mains

  • La dernière photocabine du monde.

    le blog à 1000 mainsQuand j'ai entendu la nouvelle au journal télévisé, mon sang n'a fait qu'un tour. Moi qui ne crois en rien, j'ai pourtant murmuré  "mon Dieu" devant l'écran plat à technologie 3D que mes enfants m'ont offert à Noël dernier, pensant me faire plaisir, alors que cela ne fait qu'aggraver mes problèmes de vue. C'était déjà un tel déchirement de ne plus pouvoir être flashé quatre fois, avec l'avènement du numérique. A cette  douce époque, avec mon tendre mari, l'on se disputait pour conserver dans nos portefeuilles notre préférée. Puis nous avons partagé les mêmes clichés, non sans une certaine nostalgie de l'argentique et de notre passé fortement marqué par cette invention.

    En effet, c'est en ouvrant le rideau d'une photocabine où je venais de me faire tirer le portrait pour les besoins d'un renouvellement de passeport, que j'ai croisé son regard noir pour la première fois. Je me suis affalée de peur sur le tabouret que je venais de régler laborieusement pour que mon visage soit en phase avec le cadre. A la suite de quoi, il a éclaté de rire, sans pouvoir s'arrêter,  à en avoir les larmes aux yeux. Vexée comme un pou, je me suis redressée et comme il me fallait absolument ces photos, je suis restée à le regarder se foutre de moi tout en me demandant simultanément de le pardonner entre deux pouffements. Finalement et parce que j'avais grand soif, j'ai accepté de boire un verre avec lui et de coucher le premier soir sans me poser plus de question, puisqu'il était parfait.

    Et voilà qu'aujourd'hui, ils vont retirer la dernière photocabine du métro. Tout ça par la faute de cette saleté de téléphone portable, qui n'en est plus un avec ses multiples fonctions et applications. Quand je les vois, mes enfants avec leurs petits, tous soudés à leurs "smartphones" à baragouiner sur les réseaux sociaux ou jouer avec des animaux virtuels, et bien ... je ne préfèrerai pas les voir. Me contenter d'un texto ou d'un mail à la teneur aussi enrichissante que leurs rares apparitions pour le déjeuner dominical. Faute de rentabilité et malgré le soutien du Ministère de la Culture pour le maintien de cet appareil en fonctionnement, comme faisant partie de notre patrimoine, le public n'a pas adhéré. Même moi. Depuis la mort de mon mari, je n'ai jamais pu me résoudre à m'y faire photographier seule.

    Finalement, le Ministère de l'Identité, du Recensement et des Flux Migratoires a imposé que tous les téléphones soient munies de leur application. Je n'ai pas tout compris parce que je me fais vieille, mais il semblerait que toutes photos d'identité officielles soient désormais prises avec leur programme et transférer en direct par message. Même chose avec l'empreinte digitale de l'index. En fonction de ses données et si l'on est déjà recensé, on peut récupérer le document au commissariat le plus proche de son domicile au bout de 48 heures. Une vérification minitieuse par un fonctionnaire de police sera effectué pour éviter toute fraude. Et la dernière photocabine sera démontée demain soir.

    Je n'ai pas réfléchi plus de cinq minutes ce jour là. J'ai enfilé mon caban, pris mon cabas sous le bras et me suis rendue dans une grande surface de bricolage qui longe justement mon lotissement. Puis j'ai pris le métro jusqu'à la station de l'hôtel de Ville. Sur le trajet, je ne pensais qu'à lui et à toutes ces petites photos remisées dans une boîte à chaussure dans le placard de l'entrée. Depuis longtemps, je n'avais plus le coeur de les regarder. Je préfèrais simplement m'en souvenir comme de notre jeu favori.  Un sourire, une grimace, un baiser. Une fois mes seins à l'air et mon pull sur la tête. D'autres fois des lunettes de soleil, un bonnet ridicule, une fausse moustache.

    Personne ne m'a prêté attention. On s'en fout des vieilles qui boîtent dans les couloirs du métro. Même quand j'ai sorti les chaînes toutes neuves et le gros cadenas, les usagers ont a peine levé le nez de leurs écrans. Si j'avais été un train, il en aurait été tout autrement. Je n'étais pas encore un buzz, enchaînée à la dernière photocabine du monde, pour protester contre sa disparition et intimement d'une partie de ma vie heureuse. Mais m'étouffant mortellement d'avoir avaler la clé de travers, je l'étais devenue.

     

    Photo Louise Imagine

    Participation au jeu 6 du blog à 1000 mains

  • Confessions écrites.

    J'ai toujours été méchant. Depuis tout petit déjà. Depuis mes premiers jours d'existence.

     

    A la maternité, ma mère a vite rejeté l'idée de me donner le sein, tant je m'acharnais à maltraiter ses tétons, rouge de colère, mes petites mains si crispées sur sa peau laiteuse, que j'y laissais des traces bleutées minuscules. Une fois seul à seul dans la chambre auprès d'elle, je me suis mis à hurler sans discontinuer pendant plus de deux heures. Finalement éreintée, elle me confia à contre cœur à une aide soignante contre laquelle je me suis blottie pour m'endormir immédiatement. A peine quelques jours après avoir quitté la clinique, ma mère décidait de recruter une nourrice, ne supportant plus la haine visible qui se dégageait de moi dès qu'elle se trouvait dans mon environnement immédiat.

     

    Mon père avait eu l'intelligence d'être un riche héritier et cela ne fut pas un problème de me confier à ces femmes contre lesquelles ma méchanceté finissait impitoyablement par s'exercer. A l'une, j'ai coupé les longues boucles rousses qui dépassaient de l'accoudoir du canapé, pendant sa sieste du dimanche après midi. A l'autre, j'ai mélangé de la colle liquide à son tube de shampoing. J'avais du trouver tout petit en tirant sans cesse les cheveux à la portée de ma main tyrannique, qu'il s'agissait là d'un point faible des femmes. Alors, mon père qui de loin m'observait sans chercher à me connaître, décida d'embaucher des hommes pour m'éduquer et me garder à l'œil. L'école n'était plus une option envisageable depuis que j'avais fichu le feu aux chaussures de tennis en toile du petit voisin, qui m'avait invité à jouer dans son jardin aux aventuriers. En effet toutes les fois où je fus confronté à un enfant de mon âge, je finissais invariablement par le martyriser physiquement, comme mes nourrices que je frappais régulièrement de mon petit poing vengeur dès qu'elle m'opposait un refus, jusqu'à leur couvrir le torse de bleus verdâtres.

     

    Je grandis de façon infernale. Occupé à mutiler les souris prisent aux pièges dans les tapettes de la cave ou à jeter des pierres avec ma fronde aux chats de gouttières du quartier, je semais aussi la terreur auprès des employés de maison. Je tentais régulièrement de les empoisonner avec les somnifères de ma mère ou de leur déclencher des infarctus en sortant des placards ou de derrière les doubles rideaux tel un diable, un couteau à désosser dans chaque main.  Les précepteurs se succédèrent sans réussir à rester plus de quelques mois d'affilé. Monsieur Gorky fut le seul qui me résista en flattant mon égo que j'avais loin d'avoir modeste. Le temps que je décèle la manipulation il obtint de moi que je m'intéresse de près à mon éducation. Je continuai d'étudier après avoir porté plainte contre lui pour abus sexuels et attouchements.

     

    J'avais 16 ans.

     

    Depuis ma naissance, ma mère me craignait et baissait les yeux en me croisant dans les couloirs. C'est toujours avec des sanglots dans la voix qu'elle me demandait la salière à table. Mon père quant à lui, se trompait de prénom quand il s'adressait à moi.

     

    Je m'inscris au lycée privé en produisant de très belles imitations des signatures parentales. Devant le fait accompli et le courrier  dithyrambique du proviseur si heureux d'accueillir un élément tel que moi dans ses effectifs, ils n'émirent aucune protestation et me laissèrent à partir de ce moment gérer mon quotidien sans m'imposer de chaperon. J'étais extatique de me mesurer enfin au monde extérieur et de m'amuser à le pourrir joyeusement, bien décidé cependant à ne pas me faire prendre, seul bénéfice de l'époque Gorky et de sa fascination dérangeante pour Jack l'Eventreur à jamais impuni pour ses crimes. De la seconde à la terminale, j'enchaînais les bonnes notes facilement, la plupart des vols et des dégradations sans jamais être inquiété. Il suffisait de désigner habilement des coupables, en laissant sur les lieux du crime des preuves compromettantes. Dans cet établissement, je me consacrais uniquement à ces activités ludiques et enthousiasmantes tout en obtenant mon diplôme avec mention.

     

    En parallèle de ma brillante scolarité et à la demande pressante de mes hormones, je m'intéressais également aux filles que j'allais draguer à la sortie du lycée public, à cinq stations de tramway de chez moi. Je les trouvais jolies et bêtes à souhait. Il suffisait de les emmener à l'hôtel le mercredi après midi pour qu'elle m'offre leurs culottes sans trop de résistance et de séances de cinéma préalables, à se taper des films romantiques avec Jennifer Aniston. J'aimais par dessus tout le moment où dans leurs yeux je parvenais à lire leurs regrets d'avoir accepté de boire à la bouteille, du champagne subtilisé à la cave familiale. De s'être laisser complètement désinhiber par quelques lattes de mon joint. De m’avoir offert un lap dance torride pour que je l'immortalise avec mon smartphone. Quand la panique de ses actes la submergeait, je lui offrais un des coeurs sur chaînette dorée que je commandais par lots de 10 sur un site de bijoux fantaisie taïwanais.

    Bien sûr, je lui donnais un faux numéro. Et souvent elle comprenait en voyant une autre arborer mon cadeau autour de son cou gracile et décoré d'un suçon violet. Les conditions dans lesquelles on lui avait offert, dissipaient ses derniers doutes. La possession de photos ou vidéos compromettantes me garantissait leurs discrétions. Je me sentais tout puissant quand je les croisais avec leurs copines dans la rue piétonne du centre ville. Comme ma mère, elles baissaient les yeux et cela nourrissait d'autant plus mes fantasmes.

     J’avais 20 ans quand je la rencontrai dans une galerie d'art. Si elle ne m'avait pas abordé la première pour me demander mon avis sur une toile vaniteuse de couleurs criardes, je l'aurai sans aucun doute approché pour tenter de l'inscrire à mon tableau de chasse. Je n'avais jamais vu autant de beauté chez une jeune femme. Elle avait à peine maquillé ses yeux verts bouteille. Ses cheveux longs et bruns tombaient en cascade sur ses épaules encadrant un minois au teint de porcelaine. Quand elle sourit, je tombai amoureux dans l'instant de ces petites dents blanches et parfaitement régulières. Elle me subjuguait par sa grâce, sa conversation étonnante. Je ne sais comment elle me proposa de la suivre à l'hôtel où elle était descendue et encore moins si nous avons pris un taxi pour nous y rendre, ou si plus simplement, nous avons fait le trajet à pied. Sur ma rétine ne se reflétait que ses traits harmonieux. L'oxygène aurait pu disparaître brutalement de mes poumons, que je ne m'en serai pas soucié.

    Dans sa chambre, elle me renversa sur son grand lit pour me chevaucher sans attendre que la lourde porte ne se referme complètement. Elle m'embrassa vorace et arracha quelques boutons de ma chemise dans la précipitation. Je restais volontiers à sa merci , la laissant prendre les commandes de ces ébats qui n'avaient rien de programmé. Je ressentais le plaisir du sexe, mais comme si une muraille de coton hydrophile l'atténuait. En fait, je commençais à être obsédé par une question. Une question sans importance dont habituellement je ne me serais pas encombré un instant, tant l'identité de mes conquêtes m'importait peu. Une question qui devenait tellement assourdissante entre mes deux oreilles, que je ne me sentis même pas jouir : mais qui es tu ?

    marlène.JPG

     Elle me tournait déjà le dos, debout devant la fenêtre absorbée par les flocons de neige quand je réussis à articuler quelques mots pour le lui demander. Elle resta silencieuse un instant. Au dehors la tempête et le blizzard redoublaient de violence. Il faisait tellement nuit pour un début d'après midi que toutes les lumières des bureaux de la grande tour du quartier des affaires étaient allumées. Elle était toujours immobile quand enfin elle me répondit : "Qui suis-je ? Qu'importe. Habituellement tu ne te soucies pas de ce genre de détail. Tu goûtes la chair, assures tes arrières en immortalisant une pose obscène ou deux avec ton téléphone et offres ton petit coeur en toc comme lot de consolation. Je me trompe ?"

    J'aurai voulu répondre mais impossible de me défaire de cette douce torpeur dans laquelle j'étais plongé depuis la fin de nos ébats. Comme si le matelas haut de gamme me digérait  peu à peu.

    "Il ne te sert à rien de nier. Je sais. Je sais que tu t'es servi de ces jeunes filles pour ton bon plaisir uniquement. Tu portes le mal sur toi, depuis toujours, depuis plusieurs vies. Tu dois cesser désormais. Tu te demandes pourquoi ? Regarde moi." m'ordonna-t-elle tout en se retournant.

    On me retrouva en état de choc le lendemain. Mes cheveux étaient devenus aussi blancs que la neige. Je fus interné pendant plusieurs mois dans une clinique psychiatrique, puis dans une maison de repos. J'eus le temps de réfléchir à mes actes et à ma nature. La police classa rapidement l'affaire car selon le concierge et les bagagistes, je m'étais présenté seul dans le hall de l'hôtel. J'avais moi même retiré les clés après avoir payé par carte bancaire. Jamais ne fut évoqué la présence d'une jeune femme brune. Ni dans les registres. Ni sur les bandes issues de la vidéosurveillance.

    La même année mes parents décédèrent dans un accident de jet privé. L'exécuteur testamentaire qui vint me rendre visite à la maison de repos, me lut les dernières volontés de mon père, qui souhaitait clairement que j'hérite du minimum légal au profit de dons  colossaux à des oeuvres caritatives qu'affectionnaient ma  mère, en faveur des enfants et des animaux. Toujours extrêmement troublé et perturbé, je paraphai et signai sans contester.

    Le système médical me recracha dans la société en bonne santé mentale, avec mon lot de comprimés et de cachets à gober consciencieusement plusieurs fois par jour. Je trouvai par hasard un job de comptable grâce au pôle emploi et tentai de reprendre une vie banale...

    Mais chaque soir, je la revois. même en m'abrutissant d'anxiolytiques.

    Ses yeux rouges crachant des flammes. Sa peau plus noire que le fond d'un abysse. Sa bouche comme taillée au cutter et sa langue de serpent. Ses cornes. Sa queue. Ses sabots

    J'ai vu le diable. Je ne peux plus m'en sortir. Il faut que je la rejoigne en enfer.

     

    [Lettre manuscrite retrouvée au pied d'un homme de trente ans victime d'un suicide par pendaison. Cet homme souffrait d'un grave trouble du comportement et de la personnalité. Dix ans avant sa mort, il avait été interné plusieurs mois suite à une crise grave qui s'était déclarée dans sa chambre d'hôtel. Il menait depuis une vie stable et occupait un poste de comptable à temps plein. Il n'avait plus aucune famille.]

     FIN

     

    Ma participation au blog à 1000 mains.

    Dessin de Marlène. (super joli blog !)

  • Sans un mot plus haut que l'autre...

    Jeu n°4 (Thé Citron).jpg

    Je ne sais pas par quoi ou par où commencer. Comment te dire ? Je ne sais même pas quand cela c’est produit, si il y a eu un moment révélateur ou un déclic. Mais je crois, ce matin, que nous avons commis une erreur fatale en conjuguant nos solitudes.   

    Comme d’habitude, tu es parti de bonne heure. T’occuper de ton exploitation. De tes satanées oranges, qui même de cette terrasse obstruent tout mon horizon.

    Je crois que j’ai toujours su que ça finirait ainsi, moi et ma tasse de thé à soupeser mes mots pour trouver les plus justes. Déjà absente de ce lieu, déjà loin de toi, je finis de déserter notre histoire.  

    Tu vas rentrer ce soir avec une orange que normalement tu mangeras demain matin avec un café noir imbuvable. Ton jus de chaussette, comme tu aimes à l’appeler.  J’ai trouvé ça mignon au début, mais maintenant, tout ce marc que tu fous partout dans la cuisine, je n’en peux plus de le voir, ni de me battre éponge à la main pour le faire disparaître des jointures blanches du carrelage.

    Tu penses tout m’offrir : le confort matériel, la belle vue sur l’orangeraie, tes amis, ta famille, tes grands enfants qui doivent venir pour le week-end du 15 août. Tu es même plutôt gentil et semble amoureux.

    Pourtant je me suis leurrée. C’est évident. J’ai voulu que ça fonctionne entre nous, que notre entente charnelle se traduise en vie à deux, alors que tu n’avais finalement pas tout pour me plaire et moi encore moins que ce que tu crois.

    Tu aimes bien jouer l’instructeur et maître. Tu regardes ma jeunesse avec un je-ne-sais-quoi de tendre condescendance. Tu me laisses lézarder toute la sainte journée sans me demander d’aide, ni même de travailler.  Alors je m’enferme ici en plein soleil à t’attendre et le temps qui passe s’étire dans l’ennui. Je plonge dans certaines réflexions qui me laissent un arrière goût d’amertume sur la langue. Je convoque et regarde mon amour pour toi droit dans les yeux, constate que je te trompe.

    Tu fais comme moi, semblant de rien depuis quelques semaines. Tu continues de me couvrir de cadeaux, de me dire « je t’aime », alors que je ne te réponds plus que par des regards qui voudraient en dire longs. Dans notre lit, je me refuse de plus en plus à toi mais tu ne dis rien, tu me laisses non sans écarter une mèche de cheveux de mes yeux. Je ne comprends pas ta réaction et ton silence. Alors je n’ose t’avouer que notre amour est mort, que toi et moi nous ne sommes plus faits l’un pour l’autre.  

    Si je reste nous l’oublierons.  La haine gâchera notre histoire qui aurait du rester sans lendemain. J’ai manqué de courage en te suivant, en voulant croire que je me transformerai en parfaite et idéale petite compagne d’un producteur d’oranges bio.

    Il est déjà midi. Ma valise est faite. De toute façon, tout ici est à toi.

    Ce soir, quand tu rentreras à la fraîche, les mains pleines d’égratignures, un sécateur dans la poche arrière de ton jean, tu trouveras mon petit mot sur la table.

    Je prendrai le train sans te dire au revoir.

    Je rentrerai chez moi sans te dire autre chose que « Je n’ai jamais aimé les oranges ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Jeux d'écriture n°4 à l'initiative de Madame Kevin et Lizly. Photo thé citron. Projet du blog à mille mains.