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  • Je peux pas j'ai biblio.

    Je pense souvent à ce bout de machin plein de mots perdus dans la blogosphère. Il m’arrive de taper son nom dans la barre de recherche et d’en relire une note ou deux. Je ne suis pas sûre d’écrire correctement mais j’ai la satisfaction de constater que j’ai toujours envie de me lire jusqu’au bout, parce que ça coule bien sous la rétine toutes ces conneries que je raconte quand même. Et puis si on ne peut même plus s’auto-complimenter qui va le faire ?

    Tout ça pour dire que cette année, même si j’ai fuis et déserté, je ne l’ai pas oublié. Et je ne me suis pas sentie coupable non plus de l’abandonner. J’espère juste qu’on ne me l’effacera jamais. Que j’aurai toujours stocké quelque part sur la toile ces milliers de mots que j’ai longuement choisi d’associer les uns aux autres pour donner vie à mes idées bêtes et farfelues.

    Si cette année, je fus silencieuse et absente c’est à cause d’une de mes résolutions du Nouvel An 2014. En tout et pour tout, j’en ai émise deux au matin du 1er janvier, tout en rotant  des effluves de vin blanc mêlées aux parfums d’un tiramisu à la framboise à se taper le cul par terre. L’une consistait à trouver un prof d’anglais à domicile pour me remettre en selle et faire découvrir à l’écossais les rudiments de la langue de Shakespeare dans l’espoir qu’un jour on voyage plus loin que la Vendée et la Belgique. (L’Ecossais avait choisi allemand en première langue. L’Ecossais ne parle pas l’allemand pour autant, qu’on se rassure sur le système scolaire français en matière d’apprentissage des langues étrangères). La seconde consistait à m’inscrire à la bibliothèque du patelin de la vallée.

    J’ai oublié la première assez facilement. Mais j’ai acquis pour deux euros une sublime carte de bibliothèque nominative qui m’a permise pour cette modique somme d’emprunter, cette année, trois livres ou bandes dessinées pour une durée de trois semaines maximum. Et depuis ce jour glorieux où mon nom a été enregistré dans la base de données de la bibliothèque : je lis. Voir je dévore. J’en suis à mon quarante septième livre. Moi qui estimais en lire une cinquantaine par an, on peut dire que j’avais fait le bon pronostic.

    Et tout ça pour deux euros.

    Sans déconner.

    La joie que me procure ce tarif est indescriptible.

    Bref, depuis janvier je lis. Je lis à corps perdus parce que j’adore le manège qui se met en route dans ma tête quand j’ouvre un bouquin. Toutes ces images qui jaillissent, ces visages, ces émotions, ces peurs… c’est comme être pourvu d’un cinéma à la place du cerveau. Un cinéma qui joue un film unique au monde, même si le livre est un best-seller réédité plusieurs fois.

    Alors lire ou écrire ? Le choix c’est fait de lui-même. Parce que malheureusement, je ne suis pas un super héro : je ne peux pas être partout à la fois sous peine de n’être finalement nulle part. Mon temps est compté, comme tout un chacun.

    L’autre soir je lisais  tandis que l’Ecossais regardait le Mentaliste (je l’aime plus Patrick, il me gonfle désormais). Quand il fut l’heure de la énième page de réclames publicitaires, il s’est tourné vers moi et m’a dit avec une pointe d’envie : «  T’es tranquille toi, au moins t’as pas de pub dans ton bouquin ! ».

    Et oui, les avantages de la littérature sont nombreux …