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  • Mes manies qui énervent l’écossais.

    Quand en voyant une buse plantée sur un poteau au bord de l’autoroute,  je dis « Oh un aigle ! ». La première fois ça l’a fait marrer. La quarante douzième fois beaucoup moins.

    Quand ma bière est vide, que je la porte à ma bouche pour la énième fois, puis l’incline devant mes yeux pour bien constater qu’elle est vide, au lieu de lui demander de m’en ramener  une. (Ce qu’il ferait en plus)

    Quand je lui achète des fringues pour lui piquer après.

    Quand je porte ses chaussettes (j’aime beaucoup celles qui disent « ce soir je conclue »).

    Quand je dis « Tiens va falloir s’occuper de ça » et qu’il est le seul à pouvoir le faire. Au lieu de clairement lui en intimer l’ordre.

    Quand je ne veux pas conduire parce qu’il y a trop de voitures.

    Quand je ne veux pas y aller parce qu’il y a trop de monde à la soirée.

    Quand je lui dis d’aller chez le médecin et que moi-même j’ai du mal à me prendre un rendez vous.

    Quand je ne veux pas reporter à demain ce qu’on peut faire tout de suite.

    Quand le samedi ou le dimanche matin,  je frappe avec insistance sur le plancher de la chambre pour qu’il vienne me faire un câlin, alors qu’il est aux toilettes, occupé à lire le dictionnaire de Laurent Baffie.

    Quand je veux lui faire manger des légumes plusieurs jours de suite. Ou pire du poisson.

    Quand j’ai raison et que je mets un point d’honneur à le lui démontrer.

    Quand je dis que Kate et William vont appeler leurs fils George et qu’ils le font.

    Quand je mange des crevettes comme une goulue.

    Quand je mets des herbes dans la sauce à la crème des coquillettes.

  • Je crois que je suis en danger, menacée par une force obscure et cosmique... ou alors j'ai pas la chatte aujourd'hui... allez savoir.

    Ce matin, chose incroyable, je me suis extirpée du sommeil, cinq minutes avant la première sonnerie de mon réveil. Comme se lever le matin est la chose au monde qui me demande le plus de volonté, j’ai joui des quelques minutes restantes bien au creux de mon matelas, pour solliciter un câlin à ma chienne. Non elle ne dort pas avec nous, elle a son propre canapé dans la chambre, mais elle a le droit de sauter sur le lit parfois. Que les hygiénistes se rassurent, je ne les convierais jamais à partager ma couche. Ainsi ils peuvent garder leurs réflexions pour eux.

    Bref. La Boulette saute sur le lit avec entrain en arrachant à moitié la couette de mon corps nu et bronzé à la façon d’un coureur du tour de France (le ventre bien blanc en somme et le reste plutôt déjà bronzé), je me relève pour attraper cette fameuse couette et là ma grosse boule d’amour et de poils me fout un coup de boule à l’arrière de la tête. Savez vous qu’un crâne de rottweiler c’est très dur ? Oui vraiment très dur.

    Une fois le choc passé et la petite grimace de douleur effacée de mon visage pas du tout radieux de devoir se lever à 7h du matin (petite aparté : alors oui ça peut paraître à certains, tard et confortable comme heure. Moi non. J’ai du sang de marmotte et c’est bien assez handicapant comme ça pour qu’on se moque) ; j’ai descendu mes escaliers en tenue d’Eve, ma jupe et mon tee shirt violet sous le bras pour aller prendre une bonne douche et finir de mettre en route ma petite personne…

    C’était sans compter que la porte de la salle de bain me tombe sur la tête.

    Oui. Oui. Je le jure : je me suis pris ma porte de salle de bain sur la tronche, après avoir reçu un coup de boule de ma chienne.

    J’ai eu comme une envie de retourner séance tenante tout au fond de mon lit. Mais je suis un être courageux et surtout bientôt en vacances, donc dans l’impossibilité totale de sécher le boulot ; alors j’ai continué ma routine matinale à base de café et de préparation de mon panier déjeuner (haricots verts en salade ce midi).

    J’étais presque passée à autre chose au volant de ma voiture en m’engageant dans ma rue si bucolique… quand soudain un oiseau s’est jeté sur mon pare brise tel un kamikaze tout en plume.

    Depuis je ne me sens pas en sécurité… cette journée m’en veut personnellement.

  • Mes trucs et astuces pour donner l'illusion de travailler dur.

    En cette dernière semaine de bagne rémunéré, ma motivation s'est mise en grève et me gueule en permanence dans la tête "Je fous pu rien euh !". Et quand je la convoque à une réunion au sommet (c'est à dire dans mon crâne) en criant "Motivation ? T'es où ?", cette branleuse me répond invariablement "Dans ton cul !". (elle est charmante et si bien élevée)

    Me voilà donc seule cette semaine, pour affronter des heures sans fin à ne rien glander : parce que j'ai une assistante pour faire le taf qui me fait chier et parce que mon nouveau poste sera fort aise que j'attende de le mettre en place à la rentrée.

    Pour autant je ne panique pas et voilà mon premier conseil : ne jamais se démonter. Même si on ne fait rien et même si on vient de vous crever entrain de feuilleter virtuellement le site de Voici. Suffit de dire : "Je regardais une petite connerie en attendant que mon logiciel se débloque" (dans la mesure où vous travaillez sur un logiciel pas très performant qui bug assez souvent). Et si rien de technologique ou d'humain (on peut par exemple attendre un dossier que Jean Louis prend du temps à nous rendre) ne peut vous porter secours, le conseil n°1 continue de s'appliquer à savoir : ne jamais se démonter. Et alors simplement reconnaître que "Oui je faisais une petite pause : j'ai une sale migraine depuis ce matin et je suis déjà en overdose de nurofen." En résumé "la franchise c'est l'attaque", quand on est dans l'impossibilité totale de se cacher derrière un bon mytho. Reste que le mytho c'est tout de même plus tranquilisant pour le palpitant ... mais comme la vie est un match d'improvisation sans temps réglementaire, je pense qu'avec un peu de suite dans les idées on peut se sortir de toutes les situations, dans la mesure où il ne faut jamais se démonter.

    Deuxième astuce : faire la gueule. Car quand on fait la gueule on a l'air concentré même quand on lit un mail de sa mère avec un lolcat dedans. Ou un blog vachement drôle. Ou les dernières déclarations de Nabilla ("mon téléphone c'est comme mon string je ne m'en sépare jamais"... elle doit être propre la ficelle dis donc.) Ceci dit il ne faut pas faire la gueule en permanence. Il y a même des périodes plus propices que d'autre à une tronche de travers... à savoir le matin, car elle peut se justifier par des problèmes de sommeil par exemple. Personnellement je fais la gueule jusqu'à la pause de 10h15. Après et jusqu'avant la pause déjeuner, je suis plus aimable et sociale. Je reprends plus légèrement cette posture en début d'après midi et la fait s'atténuer tranquillement jusqu'à avoir atteint la pause de 16h. Et après je papote jusqu'à l'heure de la débauche, laissant ainsi l'impression à Punkie que j'ai fini de traiter des dossiers extrêmement compliqués et rébarbatifs. Et comme elle n'a pas envie de se les taper, elle ne me pose aucune question et je suis donc tranquille de toute justification de mon temps passé à faire la gueule devant mon pc.

    Autre truc : avoir un bureau plein de bazar. Les papiers qui s'amassent c'est pas que ça en jette mais ça crédibilise. Penser cependant à les brasser régulièrement pour plus d'efficacité. En effet, certains pourraient remarquer que le dossier trucmuche n'a pas bouger d'un centimètre depuis trois jours. En bonus : ça vous occupera le dernier jour, de ranger tout ce bordel qui traine. M'enfin là je vous cause d'une technique de survie connue et qui a fait ses preuves ...

    En attendant il est l'heure de reprendre une activité professionnelle...

    "Motivation ? Motivation ? T'es où ?"

    "Dans ton cul je te l'ai déjà dit !"

    "Ah oui ! Pardon."

     

  • Dernière semaine avant le paradis...

    La dernière semaine avant les vacances est à la fois la meilleure et la pire. La meilleure parce qu'elle annonce l'approche imminente de ces jours qu'on attend impatiemment et la pire parce qu'on rêve de plage, de mer et de kouign amann alors qu'on doit continuer de se rendre tous les jours au boulot.

    Ils me rendent zinzin ces derniers jours : j'ai toujours le même discours dans la bouche, je me languis en quasi permanence et seuls des gros gros litiges de merde peuvent m'ôter de la tête la couleur vert émeraude de la mer dans laquelle je vais bientôt donner la chair de poule à mon cul.

    On compte les jours en les rayant sur le calendrier mural du bureau. On compte les jours en "jour de travail" et non plus en semaine. On s'y voit déjà avec l'écossais : chatte à l'air et kékette au vent à se tartiner de crème, parce qu'on fait peut être les nudistes à la plage, mais on fait attention aux coups de soleil et au cancer de la peau de zob.

    On se rémémore les apéros plage de l'année dernière en se promettant de faire encore mieux cet été, de se trouver des nouveaux points de chute toujours plus époustouflants pour le visuel. On refait la liste des resto dans lesquels on ira forcément se lécher les doigts et les babines. Je me dis déjà que je vais pouvoir oublier mes soutifs et mes culottes à la maison, ne pas me soucier que ma robe soit trop courte ou trop décolletée ...

    Elle est telle une douce torture cette dernière semaine  avant le paradis ...

  • La vieille dame, le punk à chien et le slip de laine.

    Elle avait tricoté toute la nuit à s’en faire mal aux yeux : l’ouvrage était ambitieux et elle voulait le finir avant la fin de la semaine, c’était la date fatidique à laquelle le plan serait exécuté.

    L’aube se levait déjà au dessus des toits, de l’autre côté de la petite place sur laquelle ses fenêtres donnaient, mais la vieille dame n’ouvrait plus ses volets depuis plusieurs mois. Tout comme son voisin le punk à chien. Elle l’avait rencontré au début de l’été, lors de son emménagement dans l’immeuble sur le même palier que le sien : les précédents locataires ne supportaient plus la vue. Elle-même aurait bien voulu les imiter, mais elle vivait là depuis si longtemps qu’elle avait acquis un bail à loyer plafonné. Sa maigre pension le couvrait tout juste une fois les autres frais déduits.

    Ce jour là, elle l’observait par l’œilleton de sa porte blindée charrier des sacs poubelles noirs remplis de ses habits, des étuis de guitare, un matelas plus très jeune,  un vieux fauteuil noir défoncé, une table et deux chaises pliantes…  Il était accompagné d’un superbe berger allemand. Il restait assis docilement sur le palier à regarder son maître faire des allers-retours dans les escaliers.  Elle avait toujours adoré les chiens mais à son âge, elle trouvait qu’en posséder un n’était plus raisonnable. « Que deviendrait-il si je venais à mourir avant lui ? » se demandait-elle dès que la tentation devenait trop forte.  Elle jugeait n’avoir personne de confiance à qui le laisser à sa mort, alors elle s’était depuis ces dernières années, toujours abstenue d’en adopter un … malgré son envie et son désir d’une compagnie bienveillante.

    C’est ainsi qu’elle avait rencontré le punk à chien : en ouvrant sa porte pour donner un morceau de sucre à son berger allemand et lui flatter l’encolure de quelques caresses. Elle n’avait pas pu résister à l’animal.  Il l’avait trouvé sur le palier avec sa chienne alors qu’il remontait un ultime sac poubelle bourré de vieilles rangers puantes. La conversation entre ces deux êtres, qui pourraient paraître mal assortis, s’était engagée naturellement : il aimait que les vieilles dames n’aient pas peur de ses tatouages et de ses piercings ;  elle aimait les chiens et que les jeunes ne lui parlent pas comme si elle était sénile et portait des couches pour lutter contre l’incontinence.  

    Ainsi devinrent-ils rapidement amis. Ils prenaient mutuellement de leurs nouvelles, s’invitaient à boire un café, promenaient la chienne ensemble, quand la fraîche retombait sur la ville après une journée trop ensoleillée.  Leur couple détonait dans le quartier, mais le punk à chien comme la vieille dame n’en avait que faire. Les remarques de ses copines de rami et de la boulangère la mirent dans une telle colère qu’elle claqua la porte du club de cartes et se mit à manger le pain de mie de la supérette. Il cassa le nez au premier de ses potes qui émit une réflexion sur sa voisine la vieille dame.

    La dernière pelote était presque terminée. La vieille dame était satisfaite de l’ensemble avant finition, la couleur était particulièrement spectaculaire, elle ne regrettait pas son choix. Elle avait décidé de le tricoter d’abord. Avant de lui en parler. Avant de lui demander son aide. Cette idée lui trottait dans la tête depuis déjà longtemps, depuis que le conseil municipal avait fait ériger cette chose colossale et immonde sur la place, sous ses fenêtres, preuve incontestable du propre culte que se vouait le député maire, élu à la tête de la ville depuis plus d’une décennie. Sans son arrivée dans l’immeuble, elle n’aurait jamais pu mener son projet à bien et c’était aujourd’hui qu’elle allait enfin lui demandé de devenir son complice. Ne lui restait que quelques rangs à terminer, avant de le mettre enfin dans la confidence.

    Le soir même, elle alla frapper à sa porte. Tout comme elle, le punk à chien vivait les volets fermés. C’est à ce détail qu’elle se raccrochait. Son idée ne pourrait que lui plaire puisqu’il semblait lui aussi souffrir de la vue. La chienne dormait paisiblement sur une couverture pendant que face à face, assis autour de la table pliante, elle lui exposa son plan. Le punk à chien fut enthousiaste. L’esprit contestataire de la vieille dame et sa façon de vouloir l’exprimer au grand jour le rendit admiratif. Ils peaufinèrent ensemble les détails autour d’une bière que pour une fois elle ne refusa pas, mais qu’elle ne réussit pas à finir.

    Cette nuit là, veille de la fête nationale, le punk à chien rempli sa mission sans encombre et sans que personne ne le remarque.

    La vieille dame de son côté ne réussit pas à fermer l’œil de la nuit, trop impatiente d’ouvrir enfin ses volets au petit matin. Elle se retint de le faire avant le lever du jour mais ne put s’empêcher d’imaginer la tête du député maire à l’annonce de la nouvelle, lui qui était si fier de cette statue de style « Grèce antique » à son effigie …

    Le punk à chien se réveilla le lendemain et alluma une cigarette. Lorsqu’il avait déposé sa candidature à l’agence pour obtenir ce logement, on l’avait prévenu de la vue, car elle justifiait à elle seule le prix dérisoire de cette location et son état quelque peu délabré ; car à quoi bon investir dans de coûteux  travaux quand on peine à louer un appartement comme celui là ? Lui s’en foutait bien de vivre dans le noir ou avec cette horreur sous les yeux, mais aujourd’hui il avait hâte d’ouvrir les volets et de découvrir en plein jour le slip de laine rose que la vieille dame avait tricoté pour cacher les attributs disproportionnés que le député maire avait exigé du sculpteur… Une couille trop gigantesque dépassait un peu mais le résultat était phénoménal … il se pencha par la fenêtre, en direction de celle de la vieille dame, elle admirait son œuvre en souriant.

  • Prise de grade.

    La vie de bureau devient si douce quand on se voit octroyer une assistante. Une assistante avec des fleurs dans les cheveux, des oreilles transpercées de piques en acier chirurgical et un tatouage qui comme un lierre, court tout le long d’une de ses jambes. Une assistante qui porte des hauts de toutes les couleurs, des jupes bariolées, un sac à main Desigual, et que j’ai surnommé Punkie, en référence à une petite Brewster  à couettes qui squattait la télé à tube de ma jeunesse.

    Ce que je préfère avec Punkie, c’est quand elle se présente aux réunions à des interlocuteurs inconnus, comme « l’assistante de Georges » : je suis immédiatement grisée par le pouvoir et amusée par le regard que ces gens me lancent, en se demandant si je suis quelqu’un d’important, puisque pourvue d’une assistante. Même si l’assistante en question pourrait travailler dans un studio de tatouage et de piercings.

    Faut que les gens arrêtent d’avoir des préjugés : on peut très bien être rock and roll et maîtriser la comptabilité.