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  • J'ai vu Demolition Man dimanche dernier.

    Dix sept ans après la sortie cinéma, je trouve que c'est honorable. Sans bouleverser le cours de mon existence, j'ai trouvé le film sympa, même si je ne suis plus si certaine d'avoir vu la fin. Mais ça me le fait souvent. En général je me souviens jusqu'au milieu du film : l'intrigue et les personnages sont posés, la scène d'amour va pas tarder ... J'ai un cerveau de 1981, y'avait moins de gigabit à l'époque, c'est pour ça, et donc une question de stockage des données que je ne me souviens jamais de la fin d'un film. Sauf si on me l'a raconté avant que je ne vois le dit-film. En général à ma demande, vu que je ne m'en souviens pas quand je les regarde...

    Bref comme dirait tout le monde.

    Demolition Man est un bon divertissement. D'abord parce qu'il ya Stallone dedans. Jeune et à poil pour se faire congeler dans une espèce de boîte de pétri géante, parce qu'il a commis un homicide involontaire en excerçant sa profession de policier (mais pas les municipaux je crois). Pas que je trouve Stallone digne d'une innondation de culotte non plus, mais bon il est potable quand même si on reste objectif. Moi, étrangement Stallone à poil, ça me fait instantanément penser à : Stallone à poil entrain de prendre Sharon Stone à poil sous la douche (italienne) dans The Specialist. (Par contre l'intégration a été désactivée sur demande, donc si tu cliques ça te renverra sur Youtube.) (Ca va, c'est pas hyper grave.)




     

    Or ce film, je l'ai vu avec mon grand père. A genre 14 ou 15 ans. Où ce n'est pas du tout gênant de regarder les fesses de Stallone et les nichons de Sharon Stone pendant 5 minutes à la télé sur le même canapé que son Pépé, alors que jamais personne dans la famille ne m'avait parler de sexe.(Je me suis débrouillée seule avec le courrier des lectrices d'OK Podium ainsi que Doc et Difool sur Skyrock) Quand j'y repense, j'ai un mouvement de dégoût avec une tête comme si on me parlait de trucs qui me foutent la gerbe. Par exemple : les tripes, les choux de Bruxelle et les crottes de chiens.

    Ceci dit Demolition Man est beaucoup moins sensuel, donc la phase "j'ai mal refoulé un souvenir d'adolescence un peu perturbant" n'a que peu duré. Ce qui m'a permis d'apprécier par la suite, le jeu d'actrice époustouflant de Sandra Bullock, qui interprète divinement la conne de 2023 dans un monde où le crime n'existe plus et où on te fout des amendes si tu dis "fuck" à haute voix. Parce qu'en fait la suite de l'histoire, c'est qu'un sale type incarné par Wesley Snipe (j'ai cru jusqu'à maintenant - je viens de vérifier sur Allociné - que c'était Dennis Rodman, le basketteur américain blonde platine.), vient de s'enfuir de son congélateur et seul Stallone peut l'arrêter. Donc on le met au micro onde, il rencontre Sandra Bullock, les trois coquillages qui remplacent le PQ dans les chiottes, le futur quoi. Et il poursuit le méchant. Et là je me souviens plus très bien de la suite, mais c'était vachement bien.

     

  • Moi aussi j'ai parfois été une stagiaire de l'extrême.

    Du temps (qui commence à être un peu lointain mais pas trop non plus), où j'effectuais avec dévotion un BTS d'assistante de gestion en alternance, je suis restée un après midi entier devant un courrier de la veille, tapé par mes soins avec quatre doigts, mais furieusement corrigé dans la présentation par la gérante à ce moment.

    En effet, je n'avais pas encore été initié au traitement de texte. J'usais sauvagement de la touche de tabulation et de la barre d'espace pour tenter d'aligner un peu mes paragraphes. En sus, je salopais lègerement sur les bords, les usages de la correspondance en vigueur dans les entreprise.

    En gros de loin et sans trop lire, ça aurait pu passer. Et jusqu'à ce jour d'ailleurs, elle n'avait jamais vraiment lu une seule de mes productions.

    Tout ça pour dire que j'ai passé un après midi entier (livré à moi même car elle était partie en rendez vous) à me demander ce qu'elle voulait dire par le terme "justifié" à côté du seul et unique paragraphe de plus de  deux lignes. (J'écrivais en douze pour ampouler le fait qu'on retournait des documents signés pour un marché public.)

    Justifier quoi ? Qu'on renvoit des papiers qu'on nous a demandé de remplir ?

    La gérante étant injoignable cet après midi là, le courrier n'a pas été posté vu que je ne comprenais pas la mention "justifié" en marge de mon torchon imprimé.

    Or il aurait fallu.

    Je me suis faite incendiée bien comme il faut.

    Bon, plus tard j'ai appris que ça n'avait eu finalement aucune conséquence pour la boite.

    M'enfin voilà. Moi aussi j'ai été stagiaire de l'extrême, un peu, au début de ma carrière. (Ouais maintenant je me la pète grande prêtresse de la facturation)

  • La stagiaire de l’extrême de ma copine Roméo.

    Ma copine Roméo est en tout point une fille parfaite (son mari se prénomme Juliette, il aurait tout aussi bien pu s’appeler Alfa, mais ça aurait apporté beaucoup moins de romantisme torturé à ce couple). Du fait de cette perfection indéniable, je n’ai jusqu’à aujourd’hui,  jamais eu l’opportunité de la dépeindre. Jolie comme un paquet de bonbons multicolores, douce comme la peau de vache morte qui décorait le mur de la salle à manger de ma grand-mère et drôle comme Elisabeth Buffet, elle porte des docs martens avec des robes décorées de griffures de loups ou de têtes de morts. En sus, elle nous concocte toujours un gâteau à renier père et mère sur quarante générations quand nous sommes invités à dîner chez eux. Pour ne rien gâcher, elle possède une solide culture relative aux dinosaures. Peut être parce qu’elle est mère de deux petits garçons. Ou alors parce qu’elle a toutes les saisons de Friends en DVD. Cela dit, elle n’est pas devenue paléontologue comme Ross Geller et occupe aujourd’hui un emploi de bureau  respectable,  qui dernièrement  lui a offert l’opportunité d’être secondée par une stagiaire de compétition.

    Dès le premier jour du stage de la jeune femme, et afin d’étancher sa soif de connaissances bureautiques, ma copine Roméo l’a chargée d’effectuer un publipostage, dans le but final et ultime de faire parvenir à la clientèle de la société,  le nouveau catalogue regroupant les dernières nouveautés en matière de pistolets, de coussins percés en forme de bouée et de sondes urinaires (le glamour de la profession pharmaceutique dans toute sa splendeur brutale). Ce qui occupa la jeune stagiaire toute la matinée. Dans l’après midi, après d’innombrables bourrages papier et une recharge de toner qui laissa de malencontreuses traces de doigts sur sa jupe fleurie, elle revint de l’imprimante avec son tas de courriers nominatifs et un paquet d’enveloppes sans fenêtre. Celles à fenêtre étant alors en rupture de stock.  Ma copine Roméo à cet instant précis se disait intérieurement en elle-même, que pour un début, ce n’était pas si laborieux. Jusqu’au moment où la jeune fille s’est planté devant son bureau pour lui demander d’un air pas très intelligent s’il fallait écrire les adresses sur les enveloppes.

    « Nan t’en fais pas. Le facteur va deviner.» lui a-t-elle répondu regrettant immédiatement de s’être foutu de la gueule de son mari, mon pote Juliette, qui depuis trois mois doit composer avec un stagiaire un peu bas de plafond. Qu’il a surnommé Tokio Hotel. Rapport à la coupe de cheveux, nécessitant l’usage journalier de trois pots de cire coiffante.

  • L'offre d'emploi.

    Les portes se sont ouvertes.  J’ai pris place. Il y en avait comme chaque mercredi matin. Dans cet immeuble, où j’effectuais une mission de secrétariat en intérim,  le personnel à majorité féminine et multipare plébiscitait cette journée pour chômer dans le cadre de leurs temps partiels. Contrairement à l’habitude, je n’avais pas à supporter la promiscuité de l’une d’elle : son parfum capiteux ou fleuri, la démarcation du fond de teint à l’orée de ses oreilles, les paquets de mascara aux coins de ses yeux, le bracelet qui teinte au poignet et le coup de sac à main dans les tibias à chaque fois que l’ascenseur marque l’arrêt. Le plus agréable résidait dans l’inexistence de conversations futiles ou l’exposé du succès sur le chemin de la propreté du petit dernier, qui n’importait finalement à personne d’autre qu’à la génitrice.

    Ce matin là, était même tout à fait exceptionnel, nous n’étions que deux à jouir de l’espace et de la quiétude que l’absence de toute femme me procurait. J’avais beau partager avec elle mon sexe, je ne ressentais qu’agacement  et lassitude à son contact. Par plaisir, je n’en côtoyais que très peu. Seules deux amis d’enfance, que la maternité n’avait pas transformée en donneuses de leçons sur la lactation, le portage, les couches lavables et la puériculture en général, trouvaient grâce à mes yeux. Elles avaient même le bon goût de ne pas occulter la notion d’éducation sous un amour guimauve, qui transforme rapidement le moindre enfant en dictateur tapant du pied pour un jeu de Pokémon. Elles ne se contentaient pas d’être simplement mère, femme dévouée, employée de bureau, et préféraient le statut d’individu avant tous ces autres rôles qu’elles endossaient  bien souvent en râlant. Roter à la terrasse d’un café en ma compagnie ne leur faisait pas peur, ce qui m’inspirait une rare tendresse à leur égard et un sentiment de confiance absolue.

    Pour autant, je me méfiais des hommes. La plupart mentaient pour arriver à baisser ma culotte et écarter mes jambes. Je les remarquais dans le bus du matin, se rincer l’œil sur mes cuisses, mon cul et mes seins, me déshabillant du regard, implorant intérieurement qu’enfin soit conçue la paire de lunettes qui rendrait possible de voir par transparence, à travers les vêtements. Boycottant avec ferveur les artifices d’usage chez la femelle humaine, mes ascendances scandinaves et africaines me gâtaient par nature entrainant moult compliments dénués de sincérité et dont je me foutais la plupart du temps. J’avais même subit une tentative de viol l’hiver dernier dans une ruelle. Au milieu des poubelles d’un restaurant chinois. Depuis,  j’avais pris des cours de Krav maga.

    Globalement, je n’aimais pas les gens. Etais-je pour autant un monstre de cruauté ? Je ne le pensais pas, dans la mesure où un nombre considérable d’individus revendiquait eux aussi cette position autour de moi, sur internet, le samedi après midi dans les grands magasins…

    Mon compagnon d’ascension ne m’avait pas lancé un regard depuis notre départ, et semblait absorbé par la lumière rouge qui courait de chiffre en chiffre au dessus de la porte en acier. Il était raide et droit dans son manteau de laine noire. Le néon se reflétait sur la peau lisse de son crâne et le cuir bien ciré de ses mocassins. L’odeur de son après-rasage me chatouillait les narines sans les agresser. Alors le contemplant sans retenue, je me fis deux réflexions qui me rendirent quelque peu nerveuse :

    -  Je n’avais jamais vu cet individu dans la tour.

    -  Ses paupières restaient immobiles. Ses yeux ne clignaient pas du tout, de façon flagrante.

    Encore trois étages avant d’arriver au niveau de mon bureau. Malgré les prises que je savais infliger, la peur s’était immiscée sur ma peau de métis, dans une chair de poule macabre. J’intimai à ma respiration de ne pas s’emballer mais ne pus m’empêcher de toucher nerveusement la bride en cuir de mon sac à main porté en bandoulière. Mes pensées volaient contre ma volonté vers de fatals dénouements qui sentaient le canard laqué périmé et la soupe de nouilles froide. Mais à l’instant où le signal sonore tinta pour annoncer l’ouverture imminente de la porte, le grand chauve sous mes yeux s’évapora.

    Je me suis ruée sans attendre sur le palier. L’open space était désert. Sur tous les écrans plats des ordinateurs  qui affichaient habituellement le même fond d’écran, à savoir le logo hideux de la société, j’ai distingué une horloge sans aiguille qui cédait  dans un fondu artistique sa place à un sablier qui ne s’écoulait pas. Ma nervosité s’intensifia en angoisse lancinante. J’ai alors songé à contacter le service de la sécurité et me suis avancée prudemment  vers mon poste de travail derrière un comptoir faisant office d’accueil. Le passager de l’ascenseur se tenait assis sur ma chaise et tripotait ma souris.

    « Vous avez un sérieux problème Mademoiselle. Le temps est arrêté pour maintenance. »

    Une sueur froide coula entre mes omoplates. L’homme avait la voix douce et pourtant je me sentais menacée par cette annonce surréaliste. Etait-il fou, psychopathe, tueur en série ?

    « Ni l’un ni l’autre. Je suis le chef de la maintenance du temps. »

    « Mais comment … »

    « J’entends vos pensées voyons. Cessez de faire l’imbécile et prenez conscience de la gravité de votre situation : vous êtes morte. »

    A cette sentence incroyable, j’ai pris la fuite sans réfléchir, en hurlant comme dans un film à suspense américain où le scénario impliquerait beaucoup trop d’hémoglobine. Le souffle court et persuadée d’être vivante je m’engouffrai dans l’ascenseur, appuyant de façon démente sur le bouton de fermeture, déterminée à fuir cet endroit, quitte à faire une croix sur mes indemnités de fin de contrat fort proches.

    Dans l’antre de la cabine, un sentiment de sécurité m’envahit assez pour faire retomber légèrement la pression, laissant la place aux larmes que la peur avait jugulé jusque là. Dans quel guêpier m’étais-je encore fourrée ? Etait-ce une blague de mauvais goût de mes collègues ?  Impossible. Et enfin, pourquoi l'ascenseur montait-il alors que j'avais désespérément enfoncé la touche correspondant au rez-de-chaussée ?

    La lumière rouge s’approcha du chiffre du dernier étage, inaccessible sans une carte magnétique que seuls les membres de la direction du groupe possédaient. Il parait que cette mesure a été appliquée à la suite d’un vol plané de trader. Le numéro cinquante trois s’est illuminé de sang et pourtant l’ascenseur n’a pas cessé sa course immédiatement, comme s’il accédait à un niveau supérieur. Curieusement à ce moment, j’ai imaginé que des câbles cédaient et la chute vertigineuse que cela entrainerait.

    Un vent frais me tira de ma torpeur. Le silence aussi. Je quittai doucement l’ascenseur. Il m’avait amené sur le toit. Je ne savais pas qu’il était possible de le rejoindre par cette voie. Le panorama était impressionnant. L’ombre de la plus haute tour du quartier d’affaires s’élevait dans mon dos et m’écrasait de toute sa splendeur de verre. Face à moi, toute la banlieue s’étendait sur des kilomètres. Calme. Paisible. Pas un véhicule ne bougeait sur le périphérique, malgré la fluidité apparente du trafic. Sur le parvis à ma droite, la foule des travailleurs restait également immobile, les pigeons statufiés dans l’air au dessus d’elle. Les nuages figés dans le ciel.

    « Vous me croyez maintenant, Mademoiselle, quand je vous explique que le temps est en maintenance ? »

    De nouveau, le voilà à deux pas de moi. Etrangement ce curieux spectacle incroyable a fait fuir toute trace de terreur et de crainte. Tout soupçon de caméra cachée aussi.

    « Alors je suis morte. », ai-je pensé.

    « Oui. Ca n’arrive que rarement. Depuis que je suis à la maintenance du temps, j’ai entendu parler de trois cas comme le votre Mademoiselle. »

    Surprise par cette réalité abrupte plus qu’effrayée, je me suis assise comme un sac de patates tombe à terre. De tout mon poids. De toute ma hauteur. « La douleur n’existe plus après la vie. » me suis-je dit.

    « Effectivement. La parole non plus. La pensée suffit. »

    « De toute manière, je n’ai pas envie de discuter avec un bas de pantalon à pinces impeccablement repassé. »

    « On m’a informé que vous étiez caustique. Je vous trouve drôle Mademoiselle. »

    A cet instant, j’aurai voulu hurler à plein poumon. Non pas pour lui répondre, mais juste pour me vider de la nouvelle. Sauf qu’aucun son n’est bien évidemment sorti de ma gorge. Comme il m’avait prévenu.

    « Comment suis-je morte ? »

    « Eh bien, techniquement lorsque nous procédons à une maintenance de zone, nous la quadrillons pour en empêcher l’accès grâce à quelques subterfuges, comme des grèves, des embouteillage, une mauvaise météo, des contrôles de gendarmerie… Puis nous stoppons le temps. Pour les vivants c’est indécelable car nous avons le pouvoir de le prendre à notre guise sans que cela n’influe sur leur perception. La seule chose que nous ne pouvons maîtriser, reste l’acier lorsqu’il chute à l’instant où nous entamons précisément la procédure. Il se trouve que la plateforme suspendue de l’entreprise de lavage de vitres s’est écrasée sur vous Mademoiselle. »

    « Mort à la con. Et qu’est ce que je fous là alors ? »

    « La rareté de cette configuration de cessation de vie fait qu’avant de disparaître purement et simplement comme tout le monde à sa fin, vous transitez ici quelques instants dans la procédure de maintenance. En fait j’ai une dernière proposition à vous faire avant le néant… un contrat à durée éternelle en tant qu'assistante. La prochaine mission est à Milan. Tentée Mademoiselle ?»

    « Non merci. Je n’aime pas les gens. Vous inclus. »

    Le chef de la maintenance attendit qu’elle explose comme une bulle de savon et ne soit plus jamais une entité pensante, avant de clôturer sa procédure de maintenance. Il fit son rapport habituel sur un formulaire bleu. Il en rédigea un second sur l’incident exceptionnel qu’elle avait représenté, regrettant que le hasard ait écrabouillé une jeune conne, plutôt qu’une dame distinguée, bien comme il faut, qui elle, n’aurait pas eu l’outrecuidance de refuser ce poste de rêve. Le moment n’était pas encore venu de cesser de réclamer une assistante à sa direction.

     

  • Considération fromagère.

    La convivialité d'une raclette en amoureux réside en partie dans le fait que l'on peut s'accaparer plusieurs poêlons par personne et ainsi ne pas attendre des plombes que le fromage fonde pour le faire chavirer sur une pomme de terre à proximité d'une tranche de jambon blanc.

    Testée et approuvée par mes soins pas plus tard qu'hier soir.

    Mon abnégation et mon dévouement pour les grandes causes me perdront ... Surtout que le frigo regorge de restes de charcuteries, et le filet, de patates prêtes à cuire à l'eau.

  • Vrac (pour une fois).

    L'écossais est devenu un homme, un vrai, un tatoué, ya quinze jours. Je lui ai offert pour son anniversaire qui approche. Depuis qu'il peut se passer de la couche de vaseline et du film alimentaire, il fait des bisous à son épaule et caresse souvent l'encre qui la décore. Je dois avouer que pour l'instant, je n'ose pas trop y toucher. J'ai peur de l'abimer tellement je le trouve beau. Ceci dit, ça me conforte dans ma conviction que je ne sauterai jamais moi même le pas. Je préfère garder l'épiderme neutre même si un petit crâne mexicain pourrait être très joli. Le courant steampunk me plait bien aussi. Mais non. (Et je n'ai même pas peur des aiguilles.) (M'enfin dans la vraie vie du quotidien je ne cours pas après les piqûres et autres prises de sang non plus.)

    Cette semaine, je verrai deux épisodes de Koh Lanta : la rediffusion de la semaine dernière en replay (avant hier) et l'émission de demain. Je suis joie et exhaltation.

    En ce moment, j'en ai marre des appels aux votes. Et des concours. Mais Unicks l'explique vachement bien alors je ne vais pas m'étendre.

    Le propriétaire du terrain derrière chez moi, où stationnent des taurillons et deux bâtiments m'a donné une citrouille... ou peut être un potiron, je ne sais pas. En fait, il me l'a laissé sur le pillier du portail en notre absence. L'été d'ailleurs, c'est mieux : c'est courgettes géantes. Parce que le monsieur, sa passion c'est de faire pousser des grosses espèces de légumes. Et donc, avec mon énorme curcubitacée, j'ai l'intention de tenter l'expérience Jack-O-Lantern. Parce que jamais on ne mangera ce truc, on préfère les courgettes géantes. (Si j'arrive à faire un truc potable, je mettrais des photos non photoshopées, promis.)

    Je veux m'acheter des collants rouges, des robes en laine (ou pas) (c'est pas encore complètement validé comme désir), des gilets tous doux. Et me mettre au tricot pour me faire une écharpe rayée, genre Harry Potter. (Sans déconner.)

    Le pistolet à peinture c'est le mal. (C'est sans appel.)

    Au supermarket, ils vendent un coffret Westmalle  : un verre, quatre bouteilles 23 ou 24€. (J'ai envie de foutre un smiley qui cligne de l'oeil mais je me retiens.)

    Ma soeur Brad vient passer le week end à la maison le mois prochain, peut être avec son amoureux à veston. C'est cool.

    J'ai trop de boulot parce que j'ai eu une augmentation de facturation (et de tunes youhou !). L'embauche d'un contrôleur de gestion qui n'est autre que le gendre du patron me stresse également un peu. (Je pressens le mec chiant.)

    Demain midi, je suis en week end. Comme d'hab. (Ouais je me la pète.)

  • Yo La Tengo / Here to Fall


    J'adore. Alors biensûr, je serai bien incapable d'expliquer pourquoi. Et puis on s'en fout. Enfin surtout le reste du monde dont toi. Bref. (Je n'ose plus avec le phénomène, alors que je le disais et l'écrivais depuis presque toujours) (genre 1996). Je ne connaissais que la version "album" de Here to fall. A vrai dire je savais à peine la tronche des membres de Yo La Tengo (se faire une opinion à partir des vignettes sur Deezer, ce n'est pas si évident). J'ai donc en voyant qu'à l'issue de ma recherche, la deuxième vidéo était une sorte de live, choisi cette version, où le chanteur-clavier fait d'ailleurs un solo à l'aide entre autre de ses bras. Mais je connais aussi la première de cette même page de Youtube. En plus en commentaire, axwapples nous informe que : "I just lost my virginity to this song. thank you yo la tengo!"

    Je trouve ça choupi !

  • Un jour ça ira mieux.

    Un jour de ces jours, ils deviendront mous, boutonneux, ingrats et bêtes. Ils se coifferont comme des briards ou des balais à chiottes. Auront du mal à faire laver leurs tee-shirts et leurs jeans. N’adresseront la parole à un adulte qu’en cas de nécessité absolue, genre forfait de téléphone à débloquer, carte de transport périmée, la cantine du prochain trimestre à payer, et aussi le premier jour du mois,  pour l’argent de poche avec lequel ils s’achèteront au mieux du red bull, au pire des clopes, de la vodka et du red bull.

    Ce jour là, quand l’adolescence aura pris en otage la tendresse qu’ils ont longtemps éprouvé pour leurs parents sans se poser de question, ça ira mieux. Je n’aurai plus peur des enveloppes écrites à la main avec un timbre de collection neu-neu qui renferment un faire-part de naissance tout aussi naze. Je ne craindrai plus de recevoir des diaporamas entiers de photos de famille qui me jette à la gueule leur putain de bonheur. Je ne supporterai plus les débats animés sur la consistance d’un caca dans une couche lavable ou non, ni toutes les considérations sur la perfection incontestable d’une progéniture qui a une grosse tendance à baver et être chauve sur le dessus mais pas sur les côtés.

    Un jour ça ira mieux.

    On m’enviera d’avoir des chiens, car nulle loi n’oblige de leur faire suivre une scolarité jusqu’à leurs seize ans. On m’enviera d’avoir des chats qui se foutent de la mode, des réseaux sociaux et des consoles de jeux vidéos. On m’enviera ma liberté de partir en congés hors période de vacances scolaires. On m’enviera de ne pas me tracasser pour une autre personne que moi-même. On m’enviera. Sauf les jours de fête des mères. Et des pères. Un bon d’achat chez Séphora et une moche cravate ça efface tellement de bêtises et de crises de nerf.

    Un jour ça n’ira pas mieux en fait. Ce sera juste moins pire que maintenant. Enfin j’espère.

  • A cette heure matinale, l'assemblée siège toujours sur le muret.

    Le congrès des rouleaux de PQ vides se tenait sur le bord du muret des toilettes. Tous en rang d'oignons, certains encore étaient drapés de leur dernière feuille, avec laquelle essuyer même le plus petit pipi du monde est une opération à risque. Un représentant des essuie-tout était perdu au centre de ces quatre confrères des toilettes, qui se disputaient sur la dette des berlingots de javel et du bidule qui sent bon quand on tire la chasse et que l'eau mousse à son contact... Celui à l'extrême droite semblait le plus virulent dans ce débat, hautement décisif pour la suite du maintien du budget des accessoires d'entretien de la salle de bain.

    A force de voir plusieurs fois par jour, cette ribambelle de  cinq cadavres en carton, se tenir bien droits sur le muret, à hauteur du regard quand on communie avec la lunette, plutôt que dans la poubelle jaune (celle dédié aux déchets et autres emballages non souillés de bouffe), j'ai comme qui dirait un peu lâché la rampe de la réalité vraie. En témoigne le paragraphe précédent. Je voulais immortaliser les participants de ce sommet pour illustrer mon propos, mais l'appareil photo de blogueuse mode de l'écossais n'a plus de pile ... enfin de batterie... la-pile-du-futur-d'aujourd'hui-qu'il-faut-brancher-sur-le-courant... (j'ai un niveau très vintage en technologie par moment.)

    A cette heure matinale, l'assemblée siège toujours sur le muret.