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  • breaking news dans ma boite aux lettres

    Je déteste ma boite aux lettres. Elle se trouve dans le pillier gauche de mon portail bleu ciel qui s'écaille.  L'ancienne propriétaire a cru bon d'immortaliser sur la porte de la chose, son absence de talent pictural. Il me semble après deux ans, qu'elle a voulu figurer une  fraise ou une amanite phalloïde. En plus d'accueillir le courrier que la factrice glisse sans sourire dans la fente côté rue, une colonie d'escargots a élu domicile en son sein, se nourrissant des pubs nominatives qui trainent et qu'on ne peut éviter de recevoir.

    Si je m'occupe en exclusivité de la corvée de linge, c'est bien pour laisser en échange l'entière responsabilité de la boite aux lettres au mari écossais qui plus robuste que moi, arrive à relever les enveloppes sans craindre d'éternelles mauvaises nouvelles.  Je n'aime pas affronter ses missives scellées, estampillées Trésor public ou Electricité Réseau Distribution France. Alors, plutôt que de me laisser ignorer superbement les papiers qui s'amassent à cet endroit, le mari écossais me sauve et gère la douloureuse question des factures dont je ne suis pas l'auteur mais la malencontreuse destinataire.

    N'empêche que lorsque j'ai vu l'écossais défaillir devant le relevé de compteur du fournisseur d'eau qui a aussi des bus et des déchetteries, j'ai ressenti de nouveau cette sourde angoisse. La première fois, elle s'était manifesté à 18 ans, devant le montant de ma première taxe d'habitation qui représentait seulement trois fois ma petite pension alimentaire de lycéenne. Heureusement, on m'a informé rapidement du principe de dégrevement. Mais là sur ce papier, il est bien notifié que la consommation anormale est à notre entière charge. La consommation d'un  foyer d'au moins six personnes alors que nous sommes deux ,qui font relativement attention mais qui parfois trainent sous la douche.

    Vérification d'usage des factures, du chiffre du compteur. Consternation. La canalisation est fichue à son tour comme celle de notre voisin l'année dernière. Notre voisin chez qui passent également nos canalisations : celle qui nous fait défaut à l'heure actuelle et une toute neuve installée par sécurité lors de ses déboires, qui ne demande plus qu'à être raccordée.

    Le mari écossais s'est transformé ce soir avec un pote, en Mario et Luigi. Pendant ce temps là je révise mes recettes à base de pommes de terre et je croise désespérement  tous mes doigts pour que la facture n'arrive qu'en décembre, histoire d'avoir le temps de bien se priver et d'économiser un max pour cette flotte gâchée. J'ai aussi mendié des bouteilles d'eau à la voisine, pour me brosser les dents et me laver valeureusement au gant debout devant mon miroir, à mesurer chaque goutte.

    Ca me désole cette poisse. Alors je bois du St Chinian....

  • L'accessoire super fashion de ton hiver.

    Ce n'est pas vraiment que j'ai beaucoup de répartie cinglante, je connais trois vannes que je trafique à toutes les sauces, mais pour le coup la numéro deux était parfaite. Faut dire qu'après tout un après midi à voir la copine de Gunther (mais tu peux l'appeler Luc) tirer la tronche de travers dès qu'une allusion sexuelle passait par là, il aurait été dommage de  ne pas la sortir. Je ne comprends toujours pas pourquoi en riant, elle m'a accusé d'avoir un phallus dans le crâne alors que je lui ai juste suggéré d'offrir un moule silicone à gâteau en forme de bite à son amie qui enterre sa vie de jeune fille et de laisser de temps en temps, des petits mots cochons sur le tableau de sa cuisine à l'attention de son fiancé. Ou peut être que l'histoire d'amour un peu contre nature de ma rate qui têtait le bas ventre de mon chien ne l'ait un peu choqué ?

    Quoi qu'il en soit, il ne s'agit pas là de mon principal problème. Ma copine  Gunther ne semble même pas m'en tenir rigueur. Je la soupçonne d'ailleurs, de partager secrètement mon avis. J'ai beaucoup plus de difficultés à réaliser mon projet, que de question à me poser sur la susceptibilité de Luc et la possibilité d'aller un jour à la piscine avec elle. En réalité, je ne pense plus qu'à une seule chose : convaincre l'écossais d'accepter une bouillotte dans notre  lit conjugal. Car lors de la simple énonciation de la suggestion j'ai eu le droit à un non définitif comme quoi c'était un objet pour les retraités. (Mais mon Chéri on n'aura jamais de retraite, faudrait même envisager d'épargner... Ah oui ! J'avais oublié ! On n'a pas les moyens présentement.)

    Alors depuis, j'affute mes arguments : "Non la bouillotte n'est pas un accessoire hasbeen mais bien le must have des froides nuits d'hiver. En effet, la bouillotte qui réchauffera nos draps douillettement, neutralisera irrémédiablement l'attaque fourbe des pieds glacés sur tes mollets chauds et écossais. De plus, par un phénomène inexpliqué, quand je n'ai pas froid aux pieds, je n'ai froid nulle part. La bouillotte me permettra donc, de dire enfin "NON" au gilet de mamie pour dormir dont tu te moques systématiquement. En conclusion, la bouillotte démultipliera mon pouvoir de séduction et mon envie de cul même quand les températures extérieures flirteront avec l'en dessous de zéro".

    Il m'a répondu : "Ok, mais j'en veux une avec un Batman dessus."

    Mon mari se fout de ma gueule. Parce que bien entendu, ça n'existe pas. Mais sûrement qu'Hello Kitty a du y penser.

    Sinon y'en a des fashions par ... (m'enfin à ce prix là, je préfère m'acheter des culottes)

  • La question du dimanche n°24

    Pourquoi t'évertues-tu à demander son aide à l'Ecossais ? (si ce n'est par provocation pure et conclusion à l'horizontale-ou pas) ;-)(commentaire question n°23) (mentalo)

    Dans la vie en général, j'ai la faiblesse de demander spontanément son avis ou des idées à l'écossais quand ces derniers me font défaut. Rarement je regrette de le solliciter. Sauf le dimanche (le jour officiel du cul et de la glande) où à la question je m'habille comment, il répond systématiquement "en porte jarretelle".Comme si c'était la tenue la plus adéquate pour m'échouer toute une après midi sur le canapé en le branlant par intermittence devant un film de zombies.

    En matière de questionnement dominical, j'ai vraiment eu des absences d'inspiration si profondes qu'au lieu de les préparer à  l'avance ( le deal avec le moche blog c'est de le laisser tranquille le week end ), je m'y mettais au dernier moment, le dimanche matin devant Garfield et Scouby Doo, un café et une tartine de confiture. Je restais un bon quart d'heure les sourcils froncés les doigts en lévitation au dessus du clavier avant d'appeler au secours l'écossais pour en finir au plus vite avec ce truc que je me suis imposée toute seule pour contrecarrer mon long poil de paume de main.

    Et pis le dimanche c'est le jour officiel du cul et de la glande, j'ai vraiment beaucoup de choses à faire, alors je dirai que c'est de la provocation calculée pour en arriver  au plus vite à la conclusion horizontale qui nous occupe souvent le dimanche.

     

  • Brève, très brève.

    Aujourd'hui une récente connaissance m'a dit que j'avais une bite à la place du cerveau.

    Je suis restée interdite une seconde et j'ai répondu sans réfléchir que le balai dans son cul était plus gros que d'habitude.

    Je crois que je n'aurai pas de nouvelle de si tôt.


  • Le paradis pour les bêtes ...

    Dans ma rue, il y a des vaches, de la boue sur le bitume usé, des moissonneuses bâteuses high tech qui font les crâneuses devant les vieux tracteurs et quelques maisons.

    Un couple de voisins a l'habitude de se promener presque chaque soir. La toute petite dame est tirée à bout de bras par deux dogues allemands  mesurant au moins un mètre au garrot . Le très grand monsieur promène un vieux cheval et un poney.

    La première fois que je les ai vu par la fenêtre de la cusisine,  il y a bientôt deux ans, j'ai appellé le futur mari écossais hystérique  comme une adoratrice de dauphins en porcelaine. Un instant , je me suis demandée si nous n'avions pas déménagé dans un album de Martine tellement c'était mignonnement incongru.

    Un jour, nous les avons croisé et nous nous sommes empressés d'entamer la conversation. Nous avons appris que le vieux cheval avait été sauvé de l'abattoir. Le petit poney quant à lui avait été abandonné pendant des jours, accroché à un arbre en pleine forêt. Retrouvé dans un piteux état par  un de leur ami, ils l'avaient adopté immédiatement.

    Et ce soir quand je suis rentrée, le corps du petit poney était inerte sur le bord de la route devant leur portail. Attendant d'être enlevé par l'équarisseur...

  • La journée de boulot sexy du mois a un frère !

    En sortant sous le soleil ce soir, pour rejoindre ma fidèle clitomobile et rentrer à ma maison, j'ai eu une hallucination visuelle de toute beauté.

    Dans mes oreilles High Tone s'éclate, derrière mes lunettes noires de pétasse, mes yeux sont gros comme des soucoupes tellement la vision qui s'offre à moi est réjouissante. Je rejoins ma voiture, fébrile, mais déterminée à vérifier si cette image subliminale est un malicieux mirage fruit de mon imagination décomplexée. J'étouffe dans l'habitacle, ouvrir mes fenêtres devient mon alibi pour ne pas quitter immédiatement le parking. Je fais mine de rien, trifouille dans mon sac et regarde de nouveau en sa direction.

    Il est toujours à taper de la gueule avec un grand chauve accoudé au toit d'une berline que je ne connais pas. Mon coeur s'accèlère, je ne rêve pas, il est réel ! Devant moi à quelques mètres, droit dans une paire de puma bleu et jaune, un jean brut et une chemise blanche, une réplique sûrement fraternelle de mon directeur. Un cadet peut être... le même sourire, la même allure, le même visage, le même teint caramel, les épaules larges... et plus petit que moi.

    Avant de me mettre à baver comme un dogue de bordeaux, j'ai démarré et je suis partie.

    Du coup, je n'ai aucune certitude sur ce que j'ai cru voir.

    Malgré tout, de nouvelles perspectives s'offrent à moi. Là sur le bitume triste du parking de mon boulot. De façon imprévue, j'ai enrichi de possibilités  fortes intéressantes ma vie sexuelle virtuelle. Un frère à mon fantasme. Bordel. Demain matin pour me réveiller, je crois que je vais avoir de quoi me faire plaisir.

    In masturbation we trust.

    [In tartiflette aussi ! (private joke avec mon frigo, désolée)]

  • La journée de boulot sexy du mois.

    En ce moment au boulot, j'envois des mails à un collègue nouvellement promu à un poste de chef, au sujet d'informations dont la gestion lui a été délégué par notre directeur. Jusqu'à ce matin, mes envois étaient restés lettres mortes. Mais le collègue s'est finalement pointé dans mon bureau en me disant : "J'ai vu que tu m'avais envoyés des mails, mais je ne les ai pas lu, j'avais autre chose à faire. Tu voulais quoi ?" avec un air assorti à la niaiserie de son col de chemise vichy vert pomme, sur son pull à col rond marronnasse et beige torsadés.

    J'ai eu dans un premier  temps l'envie de lui envoyer en pleine gueule un dossier de trois kilos de papier qui trainait dans les parages et puis je me suis ravisée à l'idée d'avoir justement cet après midi rendez vous avec mon cher directeur auprès duquel je pourrai le pourrir à ma guise car j'ai l'avantage d'être par lui écoutée, entendue et prise au sérieux. Mon entourage me dit que c'est mon professionnalisme qui joue en ma faveur. Pour lui je veux bien que ce soit mes fesses.

    Il m'excite. Terriblement. Même si il ne sort pas tout droit d'une pub Giorgio Armani, qu'il est plus petit que moi et qu'il a des trucs de foot pleins les murs de son bureau. Il dégage une virilité qui me chavire : la quarantaine, le cheveux gris sexy, j'ai beau avoir eu sa fille comme stagiaire, je m'imagine souvent lui arracher son petit polo et l'embrasser à n'en plus finir blottie sur ses genoux, pour après finir brillants de sueur de trop baiser.

    J'ai comme l'impression qu'il le sait ou alors je lui plais vraiment à sourire en le regardant par dessus mes lunettes, dans l'encadrement de sa porte pour convenir de notre rendez vous mensuel. Je pense souvent à Tommy Lee Jones (moins à Will Smith c'est curieux) et son bidule de Men in black pour effacer la mémoire... ce serait mal, j'en abuserai.

    Comme d'habitude, nous n'avons cessé d'être dérangé lors de notre entrevue, par le téléphone et autres collègues qui déboulent pour valider des travaux d'après des plans. Au lieu de durer théoriquement une heure, elle s'est prolongé tout l'après midi à ma plus grande satisfaction. Parce qu'à chaque fois, à force d'être constamment interrompu, il ne cesse de me sourire de complicité. Je le regarde dans les yeux, j'ai l'impression d'y voir une certaine attirance. Je l'imagine de toute manière, puisqu'elle ne naîtra jamais vraiment.

    Alors je fantasme que par un miracle insensé, il ait besoin d'une assistante personnelle. Pour lui chaque jour, je serai capable par jeu, de me mettre en jupe ou en robe, de lui offrir des chocolats à Noël, tandis qu'il me couvrirait de fleurs à la fête des secrétaires. Pour lui, je pourrai faire le cliché sans problème de la fille ravie de faire des photocopies et heureuse de mentir au téléphone, rien que pour me sentir fondre en sa présence, frissonner de sa proximité et sentir une brûlure sur ma peau quand il m'effleure la main.

  • Cerveaux lents

    Samedi, j'ai vu une chose magnifique, un truc de toute beauté, complètement incroyable. J'ai vu de mes propres yeux des cerfs volants se faire des bisous, immobiles dans le ciel bleu. Pendant quelques dizaines de secondes les deux ailes aux allures de papillon nez à nez s'embrassèrent, puis chacune synchronisée sur l'autre est repartie virevolter dans les rayons de soleil. Plus tard, j'ai croisé un champion qui faisait danser la sienne avec poésie sur de la musique classique non identifiée. Je suis restée pendant trois minutes la bouche ouverte, les yeux un peu mouillés planqués derrière mes grandes lunettes noires.

    J'avais loupé la grâce de cet amusement parce que le père de service ne m'a jamais laisser tenir le fil, échouant lui même à faire s'envoler l'engin. J'ignorais aussi qu'il s'agissait d'un sport mais je n'ai pas non plus demandé à avoir un résumé des épreuves et des règles. J'ai préféré m'asseoir sur un banc avec ma copine Eric, boire un café sorti tout droit d'un thermos, le nez en l'air à commenter l'originalité des objets volants (mon préféré étant un duo de petits cerfs volants poilus), pendant que l'amant et l'écossais discutaient technique dans une échoppe en dépensant des sous.

    C'était une belle journée pour rêver, un bel endroit où trainer, un beau festival. Une dose de bonheur sans droit d'entrée. Le genre de moment où il est interdit de faire la gueule tellement tout est parfait pour se laisser aller à mettre ses soucis de côté et le reste de nos complications. Du moins de mon point de vue, sur ce banc au bras de ma copine Eric qui me tient la main alors que je caresse la sienne avec l'envie de ronronner. Or je ne sais pas ronronner. Et c'est bien dommage. Même si le silence entre nous, entrecoupé des cris de nos sourires et de nos regards entendus, n'a jamais rien eu de pesant. J'aimerai quand même savoir ronronner pour qu'elle sache à quel point je me sens bien auprès d'elle.

    Les passants nous regardent avec nos jupes et nos docs, nos lunettes de pétasses qui nous rendent inaccessibles à leurs sentiments bienveillants ou leurs mépris. Face à un couple bardé d'enfants, roulant des yeux outrés, l'on s'embrasse sans se consulter verbalement, doucement et chastement du bout de nos lèvres qui frémissent un peu de se trouver. La femme en gilet col claudine bleu marine mais ayant eu le bon goût de ne pas le cumuler avec les perles et le serre tête en velours, prend son mari à parti qui de son côté, écarte ses chérubins de nous. On se serre les mains plus fort, et ma copine Eric se blottit un peu plus contre moi. L'une comme l'autre on rit de nos provocations tout en sachant pour en avoir déjà causé ensemble, qu'il est bien dommage de ne pas voir la tendresse là où elle se trouve quelque soit le sexe.

    Quelques minutes plus tard, deux hommes séduisant aux crânes rasés et se tenant main dans la main passent à proximité, chaussés de lunettes de surfeurs qui se la pètent. Ils nous sourient et on oublie vite Col Claudine et son mari trop maigrichon. Un instant, on fantasme de voir les amoureux s'ébattre et se prendre. On se dit qu'on aimerait bien être tapie dans l'ombre pour les admirer... puis se rouler des pelles... et se tripoter... et jouer à se faire jouir.

    Là dessus avec ma copine Eric on se ressemble, on s'entraîne et les mâles finalement nous retrouvent le regard vide et la bave aux lèvres d'un sourire qui persistera un moment.

     

  • La question du dimanche n°23

    [ Toujours dépourvue d'éclair de génie dominicale, je consulte le mari écossais en espérant un soutien efficace et une phrase sous forme interrogative à exploiter. Il me voit arriver avec mes gros sabots et soupire d'avance à l'idée d'entendre les mots sortirent de ma bouche, alors il me fait chavirer en arrière dans ses bras et m'embrasse langoureusement. Moins de 15 secondes après cette esquive, on manque de se péter la gueule et de se faire un tour de rein en bonus... finalement le mari écossais me propose de vous montrer mes plus belles  moches photos de vacances et me maudit par la même occasion de le faire s'investir autant dans la lourde tâche de la question du dimanche qui y ressemble de moins en moins... ]

    Mes trois moches photos de vacances préférées. (on clique pour admirer en grand !)

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    Une mouette au  port altier sur une île de l'océan Atlantique. Au fond, des gens et des bateaux.

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    L'écossais déguisé en touriste, entrain de surveiller la chienne qui nage dans le lac (le machin noir sur la gauche). Au fond un château en ruines fort joli avec de solides remparts et de la pelouse partout pour poser des culs.

     

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    Ma rencontre émouvante avec un veau. J'aime ces bêtes beaucoup trop pour quelqu'un qui les mange.

     

     

  • Le vendredi, je pourrai être une schizophrène...

    ... la procrastinatrice la moins productive de la planète se dispute mes faveurs avec une intégriste très portée sur la propreté de son domicile conjugal.

    En effet, le matin, comme mes déclarations d'hier l'ont laissé supposer, je ne fous rien. Je me transforme en blobfish. Mais oui le blobfish, ce poisson peu ordinaire, découvert en 1978, aujourd'hui menacé d'extinction à cause du chalutage de fond intensif, et entièrement constitué de masses gélatineuses pour mieux supporter la pression des abysses ! Moi même,  je m'emploie à ne pas plier face aux dossiers qui traînent sur le bureau et aux pressions éventuelles du calendrier ou d'un collègue idiot qui n'aurait pas encore compris que le travail est prohibé le vendredi matin.

    Je me lève toujours de très bonne humeur en ce merveilleux jour, je sifflote un air de Ravel sous la douche et je prends la décision étrange de savoir exactement pourquoi le syndrôme de Stockholm a été baptisé du nom de la capitale suédoise. J'apprendrais plus tard dans la matinée, l'air concentré sur mon écran avec des papiers devant moi pour me donner un air de working girl convaincant, que l'inverse peut se produire, qu'un ravisseur peut éprouver de l'empathie envers son otage dans un poignant syndrome de Lima. Impossible de savoir le rapport avec le Pérou, à moins qu'un jumelage de ces deux villes soit la clé de mes improbables interrogations.

    A 10 heures et demie, je vais déchiqueter un croissant au beurre dans la cuisine, en écoutant les médisances que les commerciaux se font entre eux. Etrangement me reviendra la satisfaction d'avoir entendu le matin même dans mon lecteur MP3 des vieilles chansons de No one is innocent et Silmarils.

    En général, la matinée me semble s'éterniser, mais je tiens bon comme tout valeureux blobfish qui se respecte au fond de son océan froid et noir. Non je ne facturerai pas, même sous la contrainte ou la menace. Je répondrai juste au téléphone, par respect pour la fille de l'accueil menacée par une très vilaine calvitie, à force de s'arracher les cheveux de ne pas pouvoir transmettre les lignes. Mes collègues  doivent trouver la sonnerie de leurs téléphones mélodieuses et relaxantes pour ne pas décrocher leurs combinés, sûrement absorbés par une délicate partie de démineur ou un problème de cartes au free cell.

    Et puis je finis par rentrer à ma maison avec le sourire de celle qui à défaut d'être intelligente s'escrime à être jolie et agréable dans l'environnement hostile qui l'entoure fait de mots compliqués et de livres écrits en tout petit. Le blobfish qui sommeille en moi pète un coup pour envoyer valser une quelconque trace de culpabilité de n'avoir strictement rien foutu de professionel de la matinée...

    Je prends toujours un café en rentrant, le temps de laisser Monsieur Propre investir mon enveloppe charnelle et m'ouvrir les yeux sur le désastre environnant de poussière,  de poils d'animaux, d'assiettes dégueulasses et de matos de rollers éparpillés sur le pavé. De frinques qui traînent en miettes de pains qui croustillent sous la semelle, le flegme du blobfish s'évanouit pour laisser la place à l'image tenace d'une éponge immaculée jaune et verte, de torchons à carreaux bleus et de produit vaiselle citronné.

    Me voilà parti à voltiger avec mon aspirateur, à déplacer les meubles et ranger le bordel comme une femme d'intérieur énergique que je ne suis pas. L'invertébré est loin. Je fais un tour dans le frigo pour visualiser les denrées alimentaires à rapatrier lors de la mission "courses" qui débutera au dernier coup de serpillière, sonnant le glas de la crasse dans ma maisonnée.

    Puis après  tout ça, je rassemblerai tous mes neurones et mes doigts pour finir la semaine de moche blogging. J'enverrai un mail au mari écossais pour lui donner l'heure de la réunion brain storming sur la question du dimanche. Et finalement, je me préparerai un camembert pané maison et une jolie salade verte à déguster devant Koh Lanta, et ses demis coquillages de riz par personne et par jour...

    Putain ce que c'est bon d'être en week end !