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  • Ma dernière semaine de demoiselle…

     

     Je me suis posée la question de savoir si j’avais des obligations en ces derniers jours de demoisellerie…  Comme l’afficher fièrement en portant un jupon de tulle rose avec un tee shirt Hello Kitty, un serre tête en velours avec une fleur dans mes cheveux ou du vernis pastel sur mes ongles. Chose que je n’ai pas faite depuis le collège et les cours de latin où dans le fond de la classe, on se peinturlurait les boudins aux marqueurs fluo avec Gunther, tellement on se doutait que les déclinaisons latines ne nous aideraient aucunement à conquérir le monde des affaires et à se marier avec Luke Perry, notre modèle masturbatoire de l’époque. Mais il semblerait que la demoisellerie ne soit pas régie par des codes et traditions séculaires dont les balbutiements auraient pu être repérés aux alentours de 300 avant l’invention des soutiens gorges rembourrés. Bref on s’en tamponne de ma demoisellerie. De sa perte prochaine. Légalement, rien ne m’oblige à l’honorer plus que ça malgré sa mort imminente. Et j’avoue que ça m’arrange plutôt, parce que je ne sais pas porter du rose sans me vomir dessus, les serres tête ça me fait des boutons purulents derrière les oreilles, pis le vernis à ongle et le dissolvant à l'acétone, je trouve que ça pue de façon un peu trop reconnaissable et prononcé, le produit chimique.

    La seule chose que l’on puisse faire la concernant, c’est l’enterrer entre copines qui pour l’occasion se surpassent pour te faire faire en public les trucs les plus débiles qu’ils soient et finissent pour se faire pardonner, par t’emmener voir des messieurs musclés qui dansent sensuellement ou pas, en petite culottes en skaï. Heureusement que mes copines sont des trouillardes et qu’avec quelques menaces et mon grand couteau de cuisine tout juste affuté, elles ont accepté de ne pas m’infliger la traversée de la  grande ville du coin habillée comme une clodo avec des vêtements très flashy et en matière synthétique qui fait beaucoup transpirer, à demander à tous les jeunes hommes de la rue piétonne de dessiner des bites avec un feutre sur mon soutien gorge. Ca ne m’aurait vraiment pas fait marrer du tout  ce genre d’après midi à se faire ouvertement foutre de ma gueule par 85% de la population du département où je réside. Et pis les stripteaseurs je les trouve pas beau avec leurs muscles et leurs abdos. Leur soi disant perfection corporel me soule, en plus on ne peut même pas en faire un tour, sauf si pour arrondir leurs fins de mois et remplir leurs strings en laine, ils se prostituent.

    Alors on me dira sûrement que je ne suis qu’une sale bêcheuse avec mon petit avis tout fait qui caricature sans vergogne l’enterrement de vie de jeune fille. Grand bien t’en fasse de te sentir outrée par ma manière de ne pas respecter les convenances de la demoisellerie. A la place de toute cette mise en scène qui te fait perdre un samedi, j’ai invitée les copines à la maison à boire des mojitos bien corsés et à manger des fraises tagada qui piquent. En fin de soirée, le gars de service et ses copains nous ont même gratifié d’un petit spectacle de pole dance avec aperçus de raies de fesses et contacts visuels avec les attributs testostéronéisés en paquet dans les boxers. Rassure toi nous avons été sage, ça n’a pas finit en partouze. Bien que ce soit à mon sens, la chose la plus logique qu’on puisse faire pour enterrer une vie de jeune fille ou de garçon.

  • La question du dimanche n°10

     

    Ton chien a dit-il déjà mangé un de tes devoirs de mathématiques du temps de ta scolarité ?

    Non.

    Par contre l'année dernière, ma chienne a bouffé mon avis d'imposition sur le revenu et un quart de ma taxe foncière. Je crois qu'elle n'aime pas trop le trésor public...

    Le genre d'aventure qui fait que quand tu vas réclamer les doubles au service des impôts, on te regarde d'un drôle d'air. Sans les originaux complètement grignotés à leur présenter, t'as même l'impression de ne pas être crédible. Mais quand tu penses à les prendre c'est pire, on te parle comme à une criminelle qui n'aurait pas su protéger ces papiers tellement précieux, qu'on te fout bien dans la gueule que c'est une faveur de te filer des duplicatas. Une faveur qui mériterait que tu rampes par terre pour lécher la semelle des ballerines de la secrétaire qui t'as reçu presque poliment.

     

     

     

  • Potentiellement pornographique : ranger les mineurs.

    Tu le sais que ça me plait de savoir à l'avance que tu veux me baiser. Tu me flattes pour me prouver ton envie, en prenant rendez vous pour demain sous le prétexte que ce sera sûrement la dernière fois que tu te taperas une demoiselle en levrette et ta femme mon damoiseau. Tu m'envois un texto cochon pour conclure l'accord et m'assurer la force de ton appétit. Alors maintenant, je pense à tes manières de me tourner autour, de me dévorer des yeux tout en te tripotant le menton, un sourire prometteur de soupirs aux lèvres. Quand tu finiras,à un moment ou à un autre, par me caresser distraitement la peau du bas du dos ou par me prendre discrètement la main, je sentirai cette tension sexuelle m'envahir. Cette attirance irrésistible. Cette excitation ingérable. Cette envie de te sauter dessus pour t'embrasser à pleine bouche, ton visage entre mes mains, mon corps au plus près du tien. Mais le jeu, c'est de faire durer le plaisir. De les regarder, nos amours, se rapprocher, se toucher, rire avec eux et boire un verre. D'attendre le moment opportun, où il sera intolérable pour tous de patienter un peu plus longtemps.

    Tu m'emmèneras vers un lit. J'enlèverai mes chaussures de fille avec précaution pour contenir et dompter mes ardeurs intimes, ne pas les précipiter trop vite vers la conclusion. Repousser encore un instant le moment. Tu me prendras dans tes bras, fébrile, pour calmer ton envie d'arracher mes vêtements. Je reconnais en toi cette même fièvre qui m'habite et me torture langoureusement. Ce sera la courte accalmie avant la guerre des caresses, avant que je ne fourre ma langue dans ta bouche aussi empressée qu'une noyée cherche son oxygène. Tu me toucheras merveilleusement avec tes doigts, avec ta langue pour me faire jouir et hurler toujours plus fort. Je te branlerai jusqu'à ce que tu me supplies de cesser. On se regardera dans le blanc des yeux fascinés par le plaisir de l'autre tout en subissant mutuellement les assauts les plus adéquats qui puissent être exécutés à force d'écoute, de connivence et de partages de petits secrets. On tentera comme à chaque fois de repousser encore un peu plus loin nos limites au plaisir avec une délectation affichée.

    Sûrement que je te sucerai comme tu aimes, avec mes deux mains et en te crachant sur le gland. J'aime tant posséder ton plaisir du bout des lèvres.  Et quelque soit l'ordre dans lequel on se vautrera dans ces préliminaires, je resterai toujours aussi agréablement surprise et heureuse d'atteindre le moment fatidique. Je te regarderai mettre une capote sur ta bite, les cuisses largement ouvertes, prête et plus que volontaire pour te sentir te frayer un passage au plus profond de moi. D'abord avec lenteur, tu me pénètreras, et une fois de plus, ce sera juste parfait. Dans un souffle, j'aurai cette envie de dire "putain" tant ta bite m'envahira comme faite exactement sur mesure pour mon vagin. Il me sera insupportable de ne pas me faire baiser par toi de plus en plus fort, de plus en plus vite, à jouir de façon successive toujours plus renversante. Tu ne me quitteras presque pas des yeux, m'encourageras à me laisser aller au bout de mes orgasmes. Tu me traiteras de petite salope et de grande coquine. J'acquiescerai en gueulant mon bonheur. Tu réclameras peut être une levrette, toi qui voue un culte bizarre à mes fesses sur lesquelles tu aimes éjaculer... on entendra nos amours au second, défoncé les ressorts d'un matelas fatigué, faire grincer les lattes du parquet.

    Et finalement, à force de repousser, de retarder la fin inévitable, tu jouiras et ça continueras de me faire des choses dans mon ventre, complètement ravagé et repu de tes coups de butoirs. On s'embrassera encore à bout de souffle, le cœur au bord de l'infarctus. On se dira comme d'habitude qu'on a une chance terrible. Complètement indécente. Tu me prendras dans tes bras. Tu me diras que mes pipes sont formidables. Je te traiterai de machine à trop bien me baiser, pour témoigner une fois de plus de mon goût prononcé pour tes performances sexuelles. J'aime qu'il n'y ait aucun sous entendus romantico-subversifs entre nous. je suis ravie d'être ta sexe friend et accessoirement ta meilleure amie, comme tu me l'écrit dans tes mails. Ca me fait rire que quoi qu'il arrive tu finisses toujours par me dire "la prochaine fois, je te fais l'amour" et moi de te répondre irrémédiablement que l'on sait juste baiser.

    Oui j'aime bien savoir à l'avance. Je repense en attendant à toutes ces fois où tu m'a vue nue, où tu m'as lécher à m'en faire défaillir pendant que je ne pouvais m'empêcher d'agacer mes tétons du bout des doigts. J'aime songer à ce petit miracle qui se renouvelle à chaque fois, à cette parfaite entente, à cette envie que mon corps aura de toi au delà de ma raison, comme un instinct animal qui se réveille, un truc qui me dépasse et auquel avec bonheur, je ne m'habitue pas. J'aime me branler sur nos séances sexuelles. J'aime cette relation qui nous lie, qui ne demande pas vraiment de lendemain, qui se réjouit toujours de se réaliser sans usure, qui me fait toujours du bien.

     

     

  • Puer des yeux, mettre du Tipp ex sur ses dents, croire que Tapie fait du théâtre et se gourrer.

    Quand je suis lasse d’entendre la wii fit s’enthousiasmer avec hypocrisie et une jalousie certaine, de mon équilibre parfait quand j'exécute la position du chasseur de la section yoga, ou se pâmer devant ma foulée dynamique qui me permet d’être selon elle, une star du jogging, tout en faisant du sur place en chaussettes dans le salon,  je révise mes prises d’auto défense ninja, je fais des chaussons aux pommes ou j’organise une grande battue dans le jardin pour récupérer le lapin qui découche depuis bientôt une semaine. Mais quand la journée s’est acharnée à me laminer et à me passer dessus comme un bulldozer  en plein boulot de terrassement pour construire une autoroute à deux fois huit voies, j’offre gracieusement de mon temps de cerveau disponible à la grande plaque noire accrochée au mur en face du canapé. Il me semble que c'est l'activité qui en nécessite le moins, de cerveau.

    Tantôt étouffée par mon propre rire moqueur et narquois, tantôt en état de consternation avancée option décrochage de mâchoires imminent, j’espace désormais les séances de quelques jours, afin que les pensées absurdes et grotesques que génèrent  cette activité n’attaquent pas avec agressivité et de façon irréversible,  mes quelques neurones rescapés de mon amour passé pour l’herbe qui fait rire  comme un crétin.  Pourtant aujourd’hui, je sens au plus profond de mon intestin grêle et de mon duodénum aussi, que je ne peux rester muette face à ces injures à mon intelligence, que je souhaite aujourd’hui exorciser. Il me faut hurler contre la débilité manifeste qui me gâche de plus en plus ces moments où j’offre de mon temps de cervelle, la survie de ma  santé mentale en dépend.

    Tout a débuté par cette pub d’un opticien connu, dont une certaine Adriana est l’égérie, avec un vieux chanteur qui fait du bateau à voiles et porte des chemises hawaïennes fleuries. Publicité, qu’iI m’a fallu revoir plusieurs fois pour être certaine de ne pas être frappé de démence  avant d’en valider la réalité incontestable : la branche de lunettes qui sent bon la fleur ou le chocolat. Une invention  pour les personnes qui transpirent des yeux ? Jusqu’alors oubliés par les industriels spécialisés dans la production mondiale de déodorants d’aisselles en stick ou en spray ? Le mal est désormais réparé ! Réjouissons nous de pouvoir puer de l’œil en paix et d’avoir la pupille qui sent le sconse si cela nous chante. Merci à Adriana pour sa prise de position courageuse et son coming out à peine voilée sur la question de la mauvaise haleine du regard… sans déconner…  les lunettes , on est bien d’accord que cela sert à voir, pas à camoufler un petit pet foireux annonciateur d’une possible grippe intestinale ?

    Après cette découverte, on peut s’attendre à retomber sur de la traditionnelle réclame qui te vante les qualités gustatives et gastronomiques d’un plat tout fait, sous vide et dégueulasse ou celle sur la crème à l’odeur suspecte d’algues, qui fait perdre à grand coup de massage biquotidiens, au moins 8 millimètres de tour de gras de la cuisse ou de la fesse, où se prélasse la saleté de peau d’orange. Ou sur une voiture démente d'accessoires, de technologies, de puissance, dont le coût avoisine quatre années complètes de mon salaire. Le hasard fut bien plus vicelard, et la programmation de la page de publicité continua d’abreuver ma perplexité dont le niveau flirtait étrangement avec le pic enregistré lors de la lecture de mon sujet de bac en physique chimie... j'étais en filière littéraire.

     Est-il possible que j'hallucine ou cette fille est bien entrain de se mettre du Tipp ex sur les dents pour les blanchir un peu plus ? C'est vrai que jusqu'alors en pleine nuit sans lune, elle nous éblouissait à peine... Marre de cette dictature du sourire hollywoodien ridicule et fluo dans le noir. Je me remettais à peine de cette nouvelle bêtise de vernis à dent quand Bernard Tapie que je pensais retiré des affaires pour de bon, a fait irruption dans mon salon pour me dire qu'avec fiston, ils avaient du business sur des trucs genre avec quatre roues et un volant, mais sans la moumoute de mouton synthétique dessus...  

    Heureusement, la bonne vieille série policière a repris son cours interrompant cette suite d'images saugrenues et absurdes. J'ai songé à la redevance audiovisuelle que grassement le trésor public me prélève depuis que j'ai acheté une télé et qui l'un dans l'autre, justifie mes séances à la regarder... et ces temps-ci, elles m'effarent grandement  l'esprit.

  • 44 - C'est déjà la semaine prochaine...

    Aujourd’hui, je pourrai te raconter que j’ai mis ma belle robe rouge brodée de la mention « Smile » sur l’encolure et d’une fleur géante sur le devant, avec un imprimé damier africain dans le dos. Je pourrai même te dire que j’ai mis une culotte en dentelle noire et mes sandales qui me font grande parce qu’elles sont audacieusement compensées et que d’habitude je me balade plutôt à plat. Même que toute la journée, j’ai subi les attaques fielleuses des mètre-soixante-cinq pas contentes que je les dépasse de plus d’une tête et désespérées de me voir défiler avec mes longues gambettes légèrement hâlées par ce week-end estival prolongé et torride. Premièrement je n'y peux rien si mes cheveux vivent en altitude et de deux, je n'ai aucune raison valable de me priver du pouvoir galbant du talon... Sur un malentendu, j’aurai pu finir cette journée à me mettant artistiquement en scène dans un champs de tulipes, pour exposer ici bas mes poses lascives, le pistil dans la narine et ma robe de baba cool trop tendance je m’en-bats-les-steaks-de-la-mode… mais Amsterdam est loin et ma voiture est vieille. Alors à la place, j’ai pris rendez vous au contrôle technique, que je dois obtenir avant la fin de la semaine, alors que je n’ai fait aucune révision de l’antique Clitomobile.

     

    D’autre part, j’avais rendez-vous avec le gars de service pour notre mariage, avec l’adjointe au maire qui s’était invitée pour les coups de 18h00 à venir nous rencontrer en ce beau mardi, pour préparer son discours de bienvenu. Autant dire qu’on avait pas bien compris le rapport, ni l’objet réel de l’entretien et encore moins son déroulement. Allait-on subir un questionnaire ou devrait-on improviser sur des thèmes républicains qu’on n’avait pas pris le temps de réviser ? Le quart d’heure de battement entre notre retour du boulot et son arrivée nous permit de ranger les vibromasseurs suspects et la petite demie douzaine d’emballages de capotes vides qui traînaient nonchalamment sous la table basse transparente. Preuves qu’on a une vie sexuelle que l’adjointe au maire n’a pas besoin de connaître dans la mesure où originellement, à notre arrivée à Nulle Part, celle-ci nous avait prise en grippe du fait de notre détention de chienne dangereuse de catégorie B. La peur, les préjugés, nos jeans troués et les docs lui avait fait noircir le tableau de sa première impression sur nous. Depuis un échange épistolaire aimable avec le maire son supérieur, et pour répondre à un innocent mais vexant, rappel à la loi, conséquence de notre intégration toute nouvelle de la commune, l’affaire s’était tassée. Ils nous avaient semblés lui faire moins peur qu’avant lorsqu’on la croisait sur le chemin l’adjointe au maire… notre voisine. Somme toute ce rendez vous à l’objet flou se résumait tout de même à une confrontation avec une femme qu’on a l’habitude d’appeler entre nous la sale pute lorsqu’on voit sa bagnole.

     

    Lorsqu’elle est arrivée devant le portail, elle s’est mise à loucher sur les chiens qui l’on pour la première fois de leurs vies, ignorés avec autant de force qu’habituellement ils mettent à aboyer furieusement sur elle ou sa voiture. Du coup, en plus de ma robe « Smile » de baba cool, j’avais un sourire de malade. D’autant plus que j’avais passé une super journée à me pavaner dans ma robe, ce qui a étrangement décuplé ma productivité plus ou moins en hibernation depuis quelques semaines. Après lui avoir offert un jus d’orange, elle nous expliqua qu’elle avait l’habitude pour les mariages, de faire un discours de bienvenu avant d’énoncer les textes et articles de lois protocolaires. Je n’ai pas osé lui demander dans quoi elle voulait nous accueillir, trop occupée à déchiffrer le message en morse que le gars de service m’envoyait avec ses yeux… ou ses sourcils, je ne sais pas. Je n’ai finalement compris ni l’un ni l’autre.

     

    L’adjointe au maire a poursuivi pas décontenancée pour un sou par nos mines de crétins en nous posant des questions, par commencer nos noms tout en bouffant de rire, parce qu’en fait, elle les avaient déjà écrits… cette petite blagueuse ! Qui malgré cela, nous demanda nos professions qu’elle était sensée reprendre dans les mêmes formulaires remis en mairie. Ou pas. En son cas, ce fut même pire car elle trouva nos métiers trop compliqués pour s’en inspirer. Alors qu'ils n'ont rien de techniquement incompréhensibles. Elle nous demanda ensuite, si nous étions tous deux originaires de la région. Le gars de service oui, mais moi non. Et ça l’a tellement contrariée qu’elle s’est mise à loucher sur la plume de son stylo en arrêtant d’écrire. Le passage de l’ange fut succinct, mais elle eut le temps de grogner avant de reprendre avec la question qui tue : Comment vous vous être rencontrés et depuis quand ? »

     

    Parfois intelligents, les Deservice savent prendre des initiatives perspicaces et faire un point sur les réponses aux questions houleuses avant tout entretien qui pourrait éventuellement les aborder. Il avait été décidé la veille au soir, de dire la vérité et bien entendu ma défaite cuisante à Mario Kart m’avait désigné à la tâche. Alors armée de mon plus beau sourire, j’ai répondu à la question avec dignité et des mots polis pour la circonstance et en hommage à la présence d’une représentante de l’Etat français dans mon humble demeure. (Les trucs officiels ça me rend nerveuse) : « On s’est connu il y a dix ans, mais de loin, sans plus. On s’est retrouvé par le biais d’amis communs et ? Euh les amis communs ? C'est-à-dire que l’ex femme du gars de service s’est mise avec mon ex à moi et que depuis il parait qu’ils ont deux enfants, mais on ne se parle pas. Donc je ne suis pas certaine… mais vous voyez… Oh et puis vous savez notre mariage c’est une fête entre amis… pas de famille, pas en blanc… un peu en kilt pour les garçons… on voulait vous prévenir… »

     

    [La vraie version : A une soirée, le gars de service a eu un coup de cœur pour moi, mais je l’ai pas calculé. Cinq ans après, on s’est revu parce qu’il était pote avec mon ex beau frère. Sa femme a couché avec mon ex, mais pendant ce temps là je faisais aussi du sexe avec le gars de service. A l’issue  du  pseudo jeu dont jamais personne n’a osé évoquer frontalement la réalité alors qu’il était joué en toute connaissance de cause par tous, j’ai largué mon connard d’ex, et je me suis enfuie avec le gars de service, écoeurée par tant non dits dans mon couple défunt et transportée par un putain de coup de foudre qui n'a pas l'air de vouloir cesser. Du coup, j’ai été désignée comme la méchante briseuse de couples et quinze jours après l’ex femme du gars de service était enceinte de mon ex. Mais je suis restée la vilaine.]

     

    L’adjointe au maire suspendue à mes lèvres s’est mise à sourire et à trouver ça croustillant. Alors naturellement, elle a fait par connivence, sa langue de pute en nous jetant en pâture, l’histoire de Machine que son mari quitte après 27 ans de mariage pour sa belle sœur. Détendue, elle a nous a avoué que les mariages en blanc c’était un peu chiant et qu’elle était contente de nous marier. Elle nous a même demandé si nous avions contacté la presse. J’ai eu envie de lui dire qu’on avait une exclu avec Paris Match, mais j’ai eu peur qu’elle croit à un foutage de gueule manifeste. En l’espèce, elle n’aurait pas eu tort. Poliment, j’ai décliné son idée en expliquant que côté famille c’était un peu tendu du string au niveau des rapports humains. A la place, elle nous promis une belle photo dans le journal communal.  Amusés par la tournure des évènements on a fini de discuter tous trois et de donner quelques détails histoire qu’elle fasse son discours de bienvenu en « on-ne-sait-quelle-secte-ou-pays. »… pris dans le truc, on a oublié de lui demander.

  • Et si ? ...

    Vu chez la copine Chauve souris… et accaparé par Georges… ça lui a fait penser à un sujet de rédac’…

     

    I / Si j’étais un homme, je le serai le plus troublant des travestis et le plus célèbre du moment. Je m’installerai chaque soir devant mon miroir ourlé de lumière, dans ma petite loge personnelle où les plumes côtoieront les paillettes, les faux cils renversants et ma grosse poitrine amovible en latex. J’accomplirai minutieusement cette métamorphose qui m’aura vite permis de flirter avec la gloire et la reconnaissance en maquillant ma peau et mes yeux bleus délavés. J’enfilerai des bas couture, une époustouflante robe dorée indécemment fendue jusqu’à la taille et une vertigineuse paire de talons Louboutins faits par Christian himself. Pour finir, j’arrangerai ma plus belle perruque blonde platine sur mes courts cheveux bruns tirés à quatre épingles. Sur scène devant les salles combles du monde entier, baigné d’un halo de lumière rouge sanguinaire, je chanterai la plupart du temps de grands standards espagnols, des chansons d’amour sensuels et tristes, comme ma vie et ces hommes qui toujours m’abandonnent après quelques étreintes et  des baisers d’adieu. Je finirai par noyer mes chagrins d’amour et ma mélancolie dans une ribambelle de verres de martini et de gin tonic. Mon alcoolisme chassera le succès qui filera entre mes ongles french manucurés et me fera perdre peu à peu de ma troublante beauté. Pour maintenir mon train de vie et ma consommation d’alcool galopante, je me prostituerai de temps à autre, laissant des hommes libidineux et riches se branler sur mon souvenir évanescent. Incapable de m’extirper de mon enfer et des passes qui se multiplieront, je finirai par me noyer dans un saladier de coke en fantasmant sur le grand amour que l’on trouve dans les livres de Barbara Cartland, qu’avant d’être une épave je lisais secrètement dans ma loge. Un soir d’hiver, à l’aube de mes quarante ans, je ferai une over dose médicamenteuse volontaire tout en écoutant un disque de bossa nova avec un sourire triste et léger sur mes lèvres peintes en rouge carmin.

     

    II / Si j’avais quinze ans de moins, j’aurai quatorze ans et ce serait l’apogée apocalyptique de ma courte existence. Je serai une collégienne, trop grande, dégingandée, maladroite, naïve et plutôt bouleversée par le remue ménage violent et dramatique de la rupture des parents de Service. En plus, je me mettrai à avoir mes règles et à devoir porter des putains de brassières fleuries avec des petits nœuds à la con. Déjà un peu handicapée dans mes relations sociales, j’aurai souvent l’occasion d’être seule et d’avoir de sinistres pulsions se traduisant par des envies de se jeter à corps perdu de la tour de quinze étages où habite ma grand-mère. Mais comme je ne suis qu’une trouillarde, un peu poltronne, je me mettrai à écrire, à boire du whisky en cachette, à fumer des cigarettes et  à sucer parfois un mec dans les chiottes du bahut…

     

    III / Si je pouvais recommencer quelque chose … ? Bin là je peux pas, j’ai poney !

     

    IV / Si j’avais un pouvoir quelconque, je m’arrangerai pour récupérer grâce à lui, tous les autres sortes de pouvoirs possibles et imaginables. Dès lors, je me la coulerai douce, je m’amuserai à espionner les gens en devenant invisible et en lisant leurs pensées les plus secrètes. J’aiderai ceux que j’aime en leur donnant les bons numéros de l’Euromillion. J’aurai un abonnement privilégié au hammam qu’on privatisera rien que pour moi. Je mangerai des blinis en buvant du champagne parce que je n’aurai plus à me soucier de l’argent. J’aurai même un comptable, il s’appellera Gaston. Je me promènerai à cheval et j’adopterai un petit veau. Je me ferai tatouer une toile d’araignée sur l’épaule gauche et j'aurai même pas mal. Je me construirai à la main une piscine chauffée dans ma maison grâce à ma force surhumaine, comme ça en fin de journée, je ferai des longueurs toute nue pour me délasser.

     

    V / Si je pouvais changer un élément de mon physique ? Je vais énerver les filles, mais qu’importe la haine avec laquelle on me vilipendera, vertes de jalousie que je réponde rien à cette question. Strictement rien. J’aime bien mes défauts. A leurs façons, ils me rendent belle.

     

    VI / Si j’avais de l’argent, j’embaucherai un comptable super mignon, mais désespérément hermétique à mes fantasmes les plus tordus pour cause d’homosexualité consommée et affranchie. Et j’adorerai qu’il soit inaccessible à mes avances. Avec l’argent que Gaston gérera pour nous avec loyauté, nous payerons rubis sur l’ongle le reste de notre prêt immobilier, en mallettes de billets de 500€ pour narguer la banquière. J’aiderai ma sœur Brad et les gens que j’aime à payer leurs dettes pour vivre mieux. Je profiterai de la vie, parce qu’elle est courte. J’offrirai un voyage de noce à Amsterdam au gars de service. On aurait moins de soucis quand même, si l’aspect financier ne faisait plus débat chaque mois insidieusement sous forme de découvert…

     

    VII / Si j’avais un marteau… je ferai voler en éclat la vitrine de camions de pompiers de mon ex et je détruirai tout en petit morceau.

     

     Edit : Comme me le signale Bulle d'Encre dans les commentaires j'ai oublié de faire une phrase qui commence par "Et si..." donc je répare immédiatement "Et si je n'existais pas... j'espère bien que quelqu'un serait assez con pour m'inventer ! "

     

     

     

     

  • La question du dimanche n°9

    Le compliment le plus pourri qu’on t’ait fait dans l’espoir de te baiser ?

     

     

    [Je pense qu’après cette question du dimanche il ne me restera qu’une seule chose à faire : quitter le pays en catamaran ou en barque. Ou alors me faire tatouer des étoiles sur la tronche pour faire diversion et éviter tout nouveau questionnement à ce sujet... On me dit de mieux me creuser la cervelle : ça a déjà été fait.]

    Pour ceux qui suivent, le gars de service et moi-même (oui parce que le gars de service est le roi des compliments trop drôles ou trop mignons mais ô grand jamais, pourraves, il fait largement mieux que ça même en pleine colique néphrétique, donc il ne peut être l’auteur de ce fameux compliment dont je m’apprête à vous parler) avons des mœurs que l’on pourrait qualifier de dissolus pour qui élève la fidélité au rang de ses priorités ultimes (moi c’est trouver un moyen de manger de la pizza au camembert sans grossir, ma priorité du moment).  Forcément de telles activités hautement sexuelles, nous amènent à rencontrer toutes sortes de personnes et à partager des moments plus ou moins heureux avec elles.  Cette fois là ce fut moins que plus. Les aléas de la bite comme dirait ma grand-mère, remarque qui je crois, vaut tous les dessins du monde.

    Nous avions rendez vous avec un couple qui sur MSN et en cam semblait tout à fait normal et charmant. Elle, jolie fille africaine avec un cul à faire péter n’importe quelle braguette d’émotion. Autant dire que le gars de service avait hâte de promener ses mains et les restes de son corps partout sur elle tant je suis blanche comme un chicon, plate de la fesse et de la poitrine qu’elle avait également généreuse (la garce d'être si bien pourvue par la nature !). Lui, normal et ordinaire. Ni plus ni moins. Une prise de risque calculée selon mes critères et mon expérience, sensée se solder par un « pas pire » ou mieux si affinités surprises et éblouissement de son charme, jusque là desservi ou incapable de s’exprimer à travers les outils technologiques utilisés pour faire connaissance.

    Quand le type et sa tigresse sexy sont arrivés, et après les avoir laissé s’installer tranquillement dans le canapé en leur offrant un rafraîchissement, il n’a pas cessé de faire des compliments sur mes cheveux qui m’ont vite mise dans l’embarras, tant je ne savais pas quoi répondre et tant son insistance me laissait imaginer avec effroi qu’il avait un espèce de penchant fétichiste pour ma courte capillarité (j’ai grand maximum neuf centimètres de cheveux sur le crâne quand j’entretiens correctement ma touffe comme à cette époque). Au bout du cinquième « t’as trop des beaux cheveux » et alors que le gars de service aventurait sa main dans la culotte en dentelle de la jolie black, je me suis décidée à lui rouler une pelle pour le faire taire et pour lui faire comprendre que j’étais disposée à le faire parvenir à ses fins dans une tentative d’essai de mélange de nos épidermes. Mais le type s’est évanoui sur mon canapé.

    Pour justifier ce moment d’absence, il a  osé me dire sérieusement et dans le blanc des yeux, que j’avais des très beaux cheveux et que ça l’intimidait.

     

     

  • Avoir ses règles et croiser un autocar pleins de retraités

    Y’a des journées qui commencent mal, continuent dans le très pénible et finit par te faire avoir des pensées encore plus absurdes que d’habitude.

     

    Ca commence dès le réveil avec une vieille douleur dans l’épaule droite qui te fait regretter de t’être entêtée en vain, en rentrant de ta saleté de journée de travail la veille, d’avoir voulu passer pro, au base ball de Wii Sport. Tu finis par te lever au bout du troisième rappel de ce maudit réveil ultra résistant aux regards des coups de poings répétés et successifs qu’il se prend chaque matin. Tu tergiverses devant ton armoire en te frottant le gros orteil gauche que t’as cogné dans le sadique pied de ton lit qui se marre encore de son forfait. Tu veux un tee shirt qui bien entendu n’est pas dans le fatras de ton côté de dressing, alors tu te dis pour la énième fois qu’il serait vraiment temps de virer tes fringues de quand t’étais grosse. Parce que tous les matins c’est le même cirque, tu ne sais pas quoi mettre et tu ne sais plus bien ce qui te vas ou pas. Ou si il faut absolument une ceinture. Et d’un coup t’as un peu honte d’avoir des problèmes existentiels aussi peu dramatiques.

     

    Tu ne sais plus trop comment tu te retrouves sous la douche alors du coup tu te savonnes en te disant que c’est sûrement opportun. T’écoutes de loin France Inter parce que dans la salle de bain on ne capte rien d’autre si ce n’est Radio Jésus*, une radio locale émise depuis une communauté religieuse protestante. Comme tu ne crois pas en Dieu (espèce d’hérétique !), tu t’es depuis longtemps rabattue sur les malheurs du monde et les disputes des politicards. En te séchant tu te rappelles que c’est ton deuxième jour de règle. Tu sais. Celui où tu te vides de ton sang que t’as l’impression que c’est massacre à la tronçonneuse dès que tu vas aux toilettes pour endiguer le flot du flux. Et là c’est le drame de la loose. Non seulement, t’es en retard comme c’est pas permis parce que tu t’étais un peu endormie sous la douche et que tu t’es lavé deux fois, mais en plus il te reste un seul et unique tampon dans ta réserve de truc vital pour affronter la VDM de la fille de sexe féminin dont les organes sexuels sont réveillés.

     

    Un truc improbable se produit dans ta tête : tu réfléchis ! A la vitesse de la lumière, tu te rends compte que c’est foutu pour le crochet par le supermarket vu que tu dois à être à 8h00 pétante fleur à la souris prête à facturer à mort comme une guerrière du chiffre d’affaire. Un sentiment suicidaire t’envahit insidieusement en réalisant que le midi tout est fermé à des kilomètres à la ronde. En plus tu finis à 12h30, alors tu peux tout de suite emmener dans ton sac à sandwich,  un rouleau d’essuie-tout à te fourrer entre les cuisses en dépannage. A moins qu’une bonne âme parmi tes collègues féminines ne te sauve la vie avec un accessoire d’hygiène intime comme ils disent sur les tickets de caisse. Arrivée au boulot, tu demandes à toutes celles qui ne sont pas ménopausées si elles peuvent te dépanner d'un tampon ou d'une serviette. Tu ne sais pas trop pourquoi mais ça te fout plus la honte que d’acheter des préservatifs à la pharmacie. Surtout quand tu demandes à ta chef, qui devant ton désarroi ne pense même pas à t’autoriser à quitter rapidement le travail pour aller faire une petite course qui réglera le problème, et qui en plus n’a finalement rien dans son sac à main pour te soulager.

     

    L’essuie-tout devient alors ton meilleur ami, avec une feuille de PQ par-dessus pour la douceur et le confort de ta chatte qui subit le ravalement intérieur de ton utérus. Tu vas souvent aux chiottes et sûrement que déjà une rumeur traîne sur une probable chaude pisse que t’aurai attraper, parce que vu que tu mets des jupes tu te conduis sûrement comme la pire des catins. Et puis en plus, tu ne vas pas trop aux toilettes habituellement. Contrairement à tes collègues tu ne peux pas chier au boulot. Psychologiquement tu bloques. Finalement, tu finis ta journée en t’en sortant pas trop mal. Tu n’as pas bouché les toilettes avec tes serviettes artisanales dont le design c’est grave améliorer au cours de tes différentes tentatives de confection. Tu n’as pas non plus tâché ton jean qui te colle au cul mais qui avait le mérite ce matin, d’être le seul propre de ta garde robe.

     

    T’es presque fière d’avoir survécu à ça, quand émue tu arrives devant le rayon d’hygiène intime et que tu t’empares avec soulagement d’une boite de tampons. Dernière ligne droite, faire la queue à la caisse, dire qu’on n’a pas la carte de fidélité du magasin parce que le principe nous énerve, payer, ne pas se gourrer de code secret, sortir, rejoindre sa voiture et refermer la portière en soufflant un bon coup pour enfin se détendre. Car quoi qu’il arrive, tâche ou pas tâche, débordement de la marée ou non, l’honneur est sauf. La honte ne s’est pas abattue sur toi en public. Sur le retour, les tracteurs te font dire des mots grossiers alors que dans le fond t’aime bien les agriculteurs. Tu te dis que tout le monde a le droit de bosser et que la voiture ça te rend vraiment con. En chemin tu croises un car plein à ras bord de retraités en goguettes. Tu aperçois à  l’avant un homme plus jeune avec un micro entrain de jacter et de montrer le pont du doigt. Tu reconnais le sigle d’une compagnie de voyage organisé bien connu, enfin au moins dans deux départements. Tu te dis que t’aimerai pas être à leur place quand ce sera ton tour d’être vieille. Surtout qu’avec tes genoux en solde, t’auras sûrement de l’arthrose ou une autre saloperie qui te fera souffrir le martyre dans ces véhicules tellement pas prévus pour les grandes jambes.

     

    Et pis tu imagines l’accident parce que parfois t’es un peu glauque dans ta tête. Tous ces dentiers éjectés par le choc qui feront voler en éclats toutes les vitres et décapiteront sans peine le chauffeur qui par conséquent pourra encore moins éviter que le car de tourisme bascule par-dessus la balustrade du pont vers lequel il se dirige. La débandade des sphincters créera une pollution sans précédent dans le fleuve en contre bas. Les familles des défunts et de l'unique survivante entameront un procès contre la compagnie spécialisé dans les excursions locales pour vieux dans des endroits encore plus emmerdant que la salle commune de la maison de retraite. Le montant des dommages et intérêts sera colossal. La catastrophe écologique à réparer et la médiatisation de l’affaire finiront de faire couler la société de voyages pourris en autocar. Le PDG réussira à fuir aux Bahamas, mais le directeur général acculé par la presse et les entretiens répétés avec le juge d’instruction finira par se faire cramer dans sa baraque à quinze millions avec femme, enfants, bonniches et jardinier...

    Et puis finalement, tu te gares devant le portail, ton futur mari vient à ta rencontre et te demande comment tu vas. Tu lui répond avec un drôle d’air : « J’aimerai pas crever dans un accident de car pendant un voyage organisé merdique ». Au lieu de passer pour une cinglée et parce qu’il te connaît bien, il t’embrasse en te demandant sans attendre réellement de réponse « Toi t’aurai pas eu une journée difficile par hasard ? »

  • 43- Quand le mammifère à grandes oreilles (de la famille des léporidés) joue à Prison Break.

    Depuis lundi, un demi drame se joue chez les Deservice. Le lapin sociopathe-non-violent a pris la fuite lors d’un bol d’air pris sur la terrasse depuis l’intérieur de sa cage fermée. Le fuyard a réussi a déjoué la surveillance humaine en restant tranquille et calme lors de la première demie heure de sa présence à l’extérieur.  Puis, profitant de la distraction à l’attention du gars de service, offerte par Georges, dans une tentative ratée d’avance d’exécuter un strip-tease avec des collants, il a secoué ingénieusement le couvercle grillagé, pendu par les dents jusqu’à le décaler assez pour se faire la belle. L’alerte fut donnée dans un laps de temps indéterminé, mais immédiatement le gars de service a pris les devants d’une battue minutieuse dans le jardin. Georges en renfort, scrutait les horizons. Mais rien. Pas une trace de la moindre petite boule de poils blanc sociopathe-non-violentes dans les vertes prairies environnantes.

     

    Oui parce que sans être méchante, ce lapin ne nous aime pas. Vraiment pas. Il est hermétique à toute caresse, ne veut jamais rester près de nous, se fout ouvertement de notre gueule en se cachant derrière le fauteuil dès qu’il question de réintégrer son habitat que je nettoie chaque semaine avec amour et un peu de dégoût. Alors sur le coup hier, ça m’a beaucoup contrariée de l’avoir perdu ce petit con,  dont nous sommes humainement responsables de par les liens sacrés que notre achat à la jardinerie à créer dans nos caboches. Les Deservice sont des sentimentaux que voulez vous. A l’issue d’une battue de 10 minutes de notre un peu plus de 10% d’un hectare et d’une surveillance visuelle par coups d’œil, à travers la fenêtre du salon pendant une bonne partie de la soirée, nous avons abandonné tout espoir implorant juste un dieu improbable des lapins sociopathes non violents, de ne pas voir le notre : écraser devant le portail et aplati à la roue de tracteur ou volant grâce à la complicité d’un rapace affamé.

     

    Et puis ce matin, il est revenu trempé de rosée et badigeonné de terre à la senteur crotte de chien. Blotti sur le paillasson, il attendait patiemment que l’un des humains le transfère dans sa cage blindée de foin frais avec une petite carotte dans un coin et quelques graines dans un autre. Toujours aussi sociopathe, il continue d’être frappé d’insomnie comme avant sa fuite et de frotté ses grandes dents sur les barreaux pour faire un bruit d’enfer de minuit à six heure et demi du matin. Tout pour plaire au gars de service qui contrairement à Georges, a le sommeil très léger. Toujours aussi aimant il m’arrache des doigts avec animosité, les bouts de pain dur que je lui donne, en veillant à ne pas me mordre, et renverse systématiquement avec fracas sa petite gamelle en inox que je remplis amicalement de graines de céréales. Bref, il est revenu et il nous déteste toujours autant. Ou plutôt les humains l’indiffère et l'agace… c’est pas lui qu’on aurait du sauver du clapier de la jardinerie... Erreur de casting pour les Deservice.

     

     

     

     

     

     

     

     

    EDIT 'achement important si ma vie de dingue te divertit  : Depuis hier soir on se tape la saison 2 de Prison Break, celle où le lapin découvre qu'il a le plan des issues de secours tatoué sur le bide : il est reparti  mais cette fois, il n'est pas revenu nous attendre sur le paillasson tout auréolé d'innocence, de rosé et de crotte de chien. Non, ce serait tellement prévisible ! Il préfère désormais nous narguer depuis le dessous de la haie de tuyas et passer chez le voisin en laissant éclater un rire terrifiant de contentement personnel de nous faire virer chèvre à le poursuivre comme des cons. Bien entendu, le lapin sociopathe-non-violent, ne se marre pas à gorge déployée, j'affabule à cause du beaujolais périmé qu'on m'a servi de force à midi alors que je n'ai pas pu échapper à un repas convivial entre collègues, nouvellement promus copains bisounours par les voix sacrés du patronat (si tu suis, tu dois comprendre l'allusion, sinon tu dois me prendre pour une dingue... t'as qu'à suivre tant pis). Il pourrait faire un effort ce connard de lapin , que le poursuivre en vain soit au moins drôle à défaut d'être profondément chiant.

     

     

  • 42- A se demander qui a les couilles au chaud dans sa culotte...

    Attention. L’heure est grave. Enfin pas tant que pour les côtes du Golfe du Mexique, pour la survie desquelles il est possible d’envoyer collants, poils et cheveux à l'organisation américaine caritative Matter of Trust. J’ai demandé à mon chien si il voulait donner ces poils de mue printanière qu’il sème par touffe dans toute ma maisonnée. Le salop a refusé prétextant qu’il les avait déjà promis à une colonie de pigeons qui souhaitent bâtir un nid à loyers modérés de plusieurs étages. Heureusement que les meilleures sont déjà prêtes à donner de leurs personnes pour la cause.

     

    En attendant et présentement sur la côte pas du tout mexicaine où je crèche, l’heure est grave pour de toutes autres raisons : le gars de service subit une mutation que l’approche d’un certain évènement officiel amplifie chaque jour. Il devient pire qu’une fille qui rêve, depuis qu’elle a marié sa première Barbie avec un Transformers de son frère, à ce jour où elle mettra sa belle robe blanche. Dans un style plus masculin et avec son kilt, il ne cesse de saouler son monde et de piaffer d’impatience à l’idée de devenir ma femme. Il vérifie que je n’oublie rien de ce qu'il ne s'occupe pas et se mets parfois à sautiller dans ses docs comme une fillette en tutu rose qui vient de réaliser son premier entrechat digne de ce nom.

     

    C’est d’une part très troublant quand à mes repères comportementaux (toi homme-moi femme) et d'autre part ça commence à plus que me taper sur le système neuronale section agacement profond. J’en viendrai même à comprendre les hommes quand leurs dulcinées leurs demandent la bouche en cœur si ils préfèrent les roses ou les orchidées / le saumon ou le thon rouge / ta nièce ou ma nièce pour porter les alliances… etc… Dans un premier temps, il me donne envie de lui jeter un verre d’eau sur les parties pour calmer son hystérie nuptiale mais je finis inexorablement par être accrochée par cette petite étincelle qui brille dans son œil  comme l’étoile du Berger dans la chanson de Sheila. Et mon cœur du coup s’émeut de le voir si enthousiaste alors qu’il s’est déjà marié un jour.

     

    Dans la mesure où personne n’est parfait, je ne lui en ai jamais voulu d’avoir avant moi, épouser une pétasse avec un gros boule rencontré en boîte de province. Celle entre le champ de betteraves et celui de maïs. Derrière l’élevage d’escargots industriel. Même quand il m’a dit qu’il ne l’aimait pas vraiment, je crois que j’ai presque compris ce qu’il voulait dire. Genre l’amour c’est des conneries, ça n’existe pas, c’est pour les gamines qui lisent OKpodium ou les vampires au cinoche. J’ai fait un peu plus la gueule quand son avocat nous a envoyé la facture de son divorce, tout en nous disant que c’était une procédure rapide de 4 mois qui nous a finalement tenus en haleine pendant un an. Heureusement qu’il n’avait en commun avec cette conne ni patrimoine, ni descendance.

     

    Alors aujourd’hui de le voir tellement heureux (et chiant) de bientôt se faire mettre la corde au cou, ça me donne envie de le supporter dans son enthousiasme qui finit néanmoins par me stresser. Pourrai je me conduire comme la pire des rustres et le décevoir par ma nonchalance affichée face à  l’officialité de la chose ? Pour calmer la pression naissante et éviter toute bavure :

     

    • Je m’entraîne à dire « oui » devant la glace de la salle de bain... au cas où !

     

    • J’essaye ma robe tous les deux jours pour vérifier que je n’enfle pas du bide à coups de trop grosses parts de pizza aux fromages (oui je revis, j’ai récupéré mes mâchoires,  je peux jouir de la bouche!)

     

    • Je prends scrupuleusement l’apéro un petit peu tous les soirs pour m’entraîner à ne pas être bourrée trop vite le jour J. (Un peu comme d'hab' en fait )

     

    • J’ai appris à danser la valse. Mais le gars de service m’a dit que ce n’était pas la peine non plus…