08.05.2010
41- Rendez vous en terre inconnue
[Ou comment utiliser le titre d’une émission de télé sans autorisation pour exploiter honteusement le filon de mes passionnantes aventures bucco hospitalières tout en prenant le risque de blaser mon charitable lectorat.]
Ma première hospitalisation remonte à mes 5 ans. J’étais en vacances dans le massif central pendant les congés scolaires de février avec les parents encore unis par les liens sacrés du mariage. Histoire d’emmerder la mère de service, j’avais réussi à choper une angine à trop me retrouver le cul dans la neige. Elle m’avait donc emmené chez le médecin du village qui m’avait prescrit des antibiotiques. Sauf qu’une certaine confusion sur la posologie à m’administrer fit que la mère de service doubla la dose par erreur, ce qui me fit vivre mes premières hallucinations. (Quels souvenirs !) En panique, les parents me conduisirent à la clinique de la vallée où je délirai dans mon sommeil pendant quelques heures le temps de purger mon corps du trop plein médicamenteux.
Comme depuis, rien n’y personne et pas même moi, n’a attenté à l’intégrité de mon corps sculptural, cette opération des dents de sagesse avait fatalement un parfum de grande première, l’anesthésie générale en étant une de toute manière. Dans ce cas, comment ne pas imaginer tout et n’importe quoi quand on est noyé dans l’ignorance ?
6H57 : Merde j’avais rendez vous à 7h10 ! Comment que chuis trop en avance… je vais monter les marches des deux étages tout doucement, je vais bien gagner au moins 1 minutes trente…
6H59 : J’arrive au deuxième « service ambulatoire », après être allée jusqu’au troisième « service gériatrique » et ne pas me rendre compte immédiatement de mon erreur.
7H00 : Une infirmière même pas toute nue sous sa blouse me reçoit dans son minuscule bureau des admissions pour me faire signer des papiers et me faire dépenser 5€ pour avoir la télé dans ma chambre, mais comme je n’ai que ma gold sur moi, je vais m’en passer.
7H03 : Elle me conduit le long d’un couloir glauque où tous les néons fonctionnent correctement. Du coup ça fait moins peur même si cette clinique donne vraiment l’impression d’être un décor de film sur la guerre froide. Quand j’entre dans la chambre, je remarque immédiatement l’écran LCD au mur qui jure avec le reste du mobilier sommaire et triste. On me donne une charmante blouse bleue marine à enfiler.
7H04 : Pourquoi ma peau fait elle de l’électricité statique au contact de la blouse qui du coup refuse de couvrir mes fesses et se plie comme repousser par une force invisible produite par mon corps ? Une nouvelle infirmière toujours pas à poil sous sa blouse entre à ce moment après un rapide coup à la porte… « euh bonjour Madame » que je lui dis à moitié toute nue.
7H09 : L’infirmière est repartie après avoir pris ma tension. Mon étiquette pour la morgue est bien accrochée à la cheville. J’espère qu’ils n’en auront pas besoin. Sympa son petit cacheton, je pioncerai bien un peu moi.
8h02 : « Bin vous dormez déjà ? » me demande l’infirmière tout en entrant un brancard dans ma chambre pour que j’y installe ma petite personne.
8H04 : Je me les caille pourquoi elle est partie sans rien me dire en m’abandonnant dans ce couloir ? J’ai peur et pis j’ai froid et pis mes pieds y dépassent…
8h05 : Fausse alerte la revla ! Et c’est reparti ! On prend l’ascenseur.
8h07 : On me confie à une dame en habit de bloc opératoire qui me branche une perfusion et me coiffe d’un joli bonnet vert en papier. Elle m’apprend qu’elle me donne un décontractant. (encore ?) et qu’elle me revoit en salle de réveil… OK à toute à l’heure Madame.
8H08 : Une autre personne m’installe sur la table d’opération en dessous d’un gros rayon laser… en vrai je pense que c’est une lampe, mais sur le coup j’ai eu un doute. On me recouvre d’une couverture chauffante et c’est le pied. Je n’ai pas encore vu la stomato, ni l’anesthésiste.
8H10 : Hey qu’est ce tu fous dans ma perf toi ? On dirait l’anesthésiste fou…
Plus tard : Comment j’ai mal dans ma bouche. Pourquoi je peux plus avaler ?
Plus tard : « Ca va madame » qu’on me demande… j’ai envie de pleurer et de faire un câlin à l’infirmière (à priori Je n’ai pas arrêté de leurs dire à toutes qu’elles étaient super gentilles).
Plus tard : Chuis où ? Pourquoi c’est le bordel dans ma bouche ? Pourquoi on me serre le bras aussi fort ? (En fait l’infirmière prenait ma tension) Pourquoi j’ai un truc froid dans la main ? (Des poches de glaces)
Plus tard : Comment chuis naze… comment c’est froid leurs poches de glaces… comment chuis revenue dans ma chambre ? Chuis fatiguéeeee….
Vers 13h35 : Je suis moins dans le potage. J’ai mal mais ça va, c’est supportable. Le plus gênant c’est cette impression d’être enflé de la bouche. J’envois un texto au gars de service.
13H40 : J’appuie sur envoyer le sms… je crois que j’ai fait une micro sieste.
13h50 : La stomato passe me faire mon arrêt de travail. Quand je lui demande comment ça s’est passé elle me dit que j’avais les deux du bas particulièrement infectées et m’engueule comme si j’avais tué la mère de Bambi. Je hais les docteurs de dents, c’est définitif.
14H00 : On m’apporte un yaourt nature et une compote. Je crève la dalle ! J’ai envie d’une pizza avec plein de fromage bordel !
14h15 : Je finis ma compote. J’entame le yaourt.
14h30 : J’ai enfin fini le yaourt. Comme je n’ai pas de télévision, je me rendors pour pas m’ennuyer, ni avoir faim…. Pizzaaaaaa…
14H50 : L’infirmière me demande de m’asseoir un peu et d’arrêter de dormir dans la mesure où je dois me barrer à 16h.
15H30 : Je lutte pour ne pas m’endormir. J’ai mis mon pantalon et mes chaussettes. Je fais une pause avant de m’attaquer à la chemise et au pull.
15H40 : L’anesthésiste fou est dans le couloir, je l’entend déconner avec les infirmières. Apparemment les deux autres patients de ce matin ont fait un concours de malaises vagaux. A priori, je n’ai pas pu jouer car l’anesthésiste explique à son auditoire qu’il m’a administré par erreur un produit un peu trop corsé par rapport à ce que l’on m’avait donné avant d’entrer au bloc… Je vais bien tout va bien…
16h10 : Le vla enfin ! Mon sauveur ! Je veux rentrer à la maison !
16h20 : Avec le gars de service, au super market, entrain de choisir de la soupe et des yaourts. J’ai envie plus que jamais d’une pizza... Pizzaaaaaaa…
16H50 : De retour à la maison, je me mets la soupe poireaux saint jacques à réchauffer dans une casserole pendant que je m’enfile à la petite cuillère un pot de 125 grammes de fromages aux fines herbes bien connu.
17h30 : Je m’endors.
20h50 : Je rate Koh Lanta alors que je suis une fan inconditionnelle. Pas grave le replay c’est pas pour les veaux !
23H30 : Je suis dans mon lit. Je ne sais pas comment je suis arrivée là. J’ai envie de pizza. Pizzaaaaaaa….
15:31 Publié dans Histoires de la fille de service | Commentaires (7) | Tags : comment elle a pas de vie elle blogue le samedi !



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Commentaires
PS : arrete de parler de pizza bordel, je suis a la diete moi ! lol
Écrit par : Me myself and I | 08.05.2010
Écrit par : Georges | 08.05.2010
Ou alors en manger de tout petits morceaux avec les dents du devant?
(allez je file faire mes tortellinis avec plein de parmesan...)
Écrit par : pivoine | 08.05.2010
contente que tu ailles bien!
Écrit par : annick | 08.05.2010
Bon courage.
Je vais me manger une pizza en tout honneur :D
Écrit par : Fofifonfec | 08.05.2010
@Annick : Whaouh ! sympa le retour limite film d'horreur... merci de ne pas m'en avoir parlé préalablement... moi je mange de la soupe ... youhou ! mais ça va bien quand même ... merci Annick !
@Fofifonfec : connue ... tout est relatif mais je crois bien que ça l'est ! sinon j'espère qu'il y avait plein de fromage sur ta pizza... pizzaaaaaaaaa... oups pardon j'ai bavé !
Écrit par : Georges | 09.05.2010
Écrit par : La Souris | 09.05.2010
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