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  • L'abus d'Internet est dangereux pour la santé et l'équilibre mental part I

    C’est la plaie ! Depuis deux semaines, le gars de service et Georges doivent faire face à l’impensable, à l’inenvisageable,  à l’horreur dans sa pureté la plus cristalline et la plus perverse : l’impossibilité de se connecter au monde, de se connecter à Internet. Adieu films de cul, programmes télé, recettes de cuisine et blogination. Fini la branlette ! Obligés de se remettre à faire l’amour ensemble avec nos mains, nos langues et nos sexes. Pour la télé, on zappe désespérément, à la recherche d’un truc potable à se mettre dans le fond de l’œil. Quand je fais des oeufs à la coque ils finissent durs parce que je ne sais jamais combien de temps les laisser sur le feu. Les blogs ont les mêmes heures d’ouvertures que mes horaires de bureau. C’est la ramasse. C’est l’enfer. On s’emmerde comme c’est pas permis … même en levrette. L’autre jour, on a bouffé de la boîte pour chien au lieu du cassoulet en conserve, tout en se brûlant les yeux devant une fiction de TFI alors qu’il y avait une super redif de New York machin bidule sur la TNT. Notre vie part en lambeaux, je regarde trop les blogs au boulot. On déprime à tel point qu’on envisage  sérieusement de s’inscrire aux cercles des toxico d’Internet à la maison des associations du bourg d’à côté.

    « Bonjour je m’appelle le gars de service et je suis un toxico d’Internet : je regarde trop de films de cul.

    - Bonjour le gars de service.

    - Bonjour je m’appelle Georges et je suis une toxico d’Internet : je lis trop de blogs.

    - …

    - … et je regarde trop de films de cul.

    - Bonjour Georges.

  • 34- Parfois on ne devrait pas accepter de récupérer des meubles.

    Parfois, une opportunité que l’on croit mirobolante et inespérée peut se transformer en galère sans nom qu’on regrettera en moyenne quelques jours ou dans le pire des cas jusqu’à la fin de notre existence. Une location estivale paradisiaque sur les photos de l’agence de voyage qui devient à l’arrivée, un cabanon infâme infesté de scorpions, sans eau courante et implanté aux portes d’une décharge de pneus de camion en feu depuis 20 ans. Ou une robe de princesse sexy à souhait sur le catalogue de papier glacier, qui une fois enfilée s’avère être à peine mettable, même pour une soirée pyjama sur le thème de Dora l’exploratrice chez la petite nièce. Heureusement,  en ces deux cas l’on peut se plaindre et se faire rembourser par un avoir ou en bons d’achat.  Mais lorsque la famille s’en mêle, il semble moins possible de faire jouer un quelconque service après vente sans passer pour plus ingrate qu’on ne l’est vraiment.

     

    Dernièrement, j’ai eu une l’occasion de me faire offrir par le mari millionnaire de la mère de service, (qui n’est pas mon père) quelques meubles dont il souhaitait se séparer suite à son déménagement de la capitale pour la côte Monégasque et l’engagement d’un nouveau décorateur trop hype, dans la foulée de ce changement d’air. Sous réserve d’aller les récupérer par mes propres moyens et en pièces détachées du côté de la banlieue de la capitale, dans le premier appart fraîchement acheté à crédit par Brad, où ils étaient depuis entreposés :

    - Un bureau de ministre et son fauteuil de Bill Gates en peau d’animal mort véritable.

    - Deux bibliothèques identiques et jolies que j’avais vues dans son ancien salon parisien d’à peine 220 m ².

    - Un sommier et un matelas presque neufs provenant de sa troisième chambre d’amis de la maison de vacances à Saint Tropez.

     

    Première preuve de générosité de sa part, vis-à-vis de moi, en quinze ans ! Un léger inventaire de mon intérieur coquet et douillet s’est imposé avant toute prise de décision :

    - Pas de fauteuil de bureau mais un tabouret en plastique très bien assorti à une paire de tréteaux.

    - Une bibliothèque branlante qui menace de s’effondrer dès qu’on change un livre de place et à tel point qu’il a fallut renoncer dans la peine et la douleur  à y faire la poussière.

    - Deux matelas superposés en guise de lit, le sommier étant décédé de vieillesse lors de notre déménagement.

     

    Ce fut donc avec enthousiasme que nous acceptâmes sa proposition. Compte tenu du coût d’une location de camionnette, du carburant et des péages, l’opération semblait rentable et l’occasion trop belle d’aller enfin rendre visite à Brad. Et accessoirement de la débarrasser d’un peu de bordel pour qu’elle puisse enfin finir ses travaux. La hâte de passer un moment avec elle égalait ma curiosité de la voir enfin tenir le rôle de maîtresse de maison et de cuisinière (c’est super important le mangé dans ma vie). Brad s’avéra à la hauteur de mes espérances ou de mes pires craintes. C’est selon…

     

    Le voyage en camionnette fut fort agréable pour moi qui adore prendre de la hauteur sur la route et changer de point de vue. Le gars de service au volant ne m’imposa pas de lui rouler tous les quarts d’heure sa cigarette, ayant pour une fois prit ses dispositions avant le départ. Le trafic fut fluide, le temps clément, mais l’envie de pisser comme toujours au rendez vous, une fois sorti de l’autoroute. C’est donc complètement au bord de l’explosion de vessie que je m’engouffrai dans l’appartement de Brad en réclamant la direction de ces commodités. Et là, les surprises commencèrent. Tandis que je me soulageais avec classe et contentement, Brad eu la délicatesse de me prévenir à travers la porte fermée qu’elle n’avait pas vraiment nettoyé les toilettes. Je pus en effet constater tout en remontant mes collants, un ensemble de magnifiques zébrures marron dignes d’une tourista carabinée assortie d’une petite grippe intestinale, réparties uniformément sur l’intérieur de la cuvette. Pour la première fois, je regrettai d’avoir poser mes fesses sur une lunettes de chiotte de ma propre famille. Princesse Brad tenta désespérément de rejeter la faute sur son mec qui bien élevé ou amoureux, se défendit mollement et perpétua le mythe bien connu des princesses qui ne font pas caca.  La merde disparut dans la soirée sous les coups vengeurs de balai à récurrer du gars de service qui ne put le supporter en voulant pisser. «  Je te jure ça me bloquait » me répéta-t-il une fois couché, en état de choc immédiat à l’évocation de ce souvenir apocalyptique, tremblant, recroquevillé en position fœtal.

     

    Pour commencer et afin d’en arriver au moment tant attendu par tous de l’apéro, Brad nous fit visiter son appartement encombré de cartons, de tas de fringues, de pots de peintures rose fuchsia, d’outils et de bouts de meuble dont elle allait nous faire passation. Malgré les difficultés pour se déplacer, Brad semblait satisfaite de l’avancement de ces travaux et nous fit contempler entre deux caisses la beauté de son parquet flottant posé de ses propres mains manucurées. On tomba en pamoison par politesse car en vérité on ne vit pas grand-chose. Ce qui attira plus particulièrement notre attention fut l’ouverture de la taille d’une fenêtre, dans la cloison entre sa salle de bain et la chambre, vue imprenable sur la baignoire. Brad qui reconnut l’avoir pratiqué, ne nous donna pas plus d’explication et s’empressa de nous inviter à nous installer au salon pour nous servir un verre, tout en changeant subtilement de sujet de conversation. Il fallut lutter quelque peu pour manger à une heure tardive et digne d’un samedi soir, tant Brad était pressé de nous faire à dîner pour préserver le sommeil de son mec qui le lendemain bossait, à partir de 11h. On ne fit pas de remarques déplacées mais on ne se gêna pas de faire traîner l’apéro de peur d’être couchés à 22h. Les langues se délièrent avec l’alcool et les cacahuètes. On passât comme toujours une très bonne soirée et je finis par proposer mon aide à Brad qui réussit habilement à me faire faire à manger en me refourguant la cuisson des escalopes qui ne furent pas normande car la crème aux courses elle avait zappé et des 15 patates congelés du fond du paquet qu’elle ne croyait pas vide. Malgré tous nos efforts, une fois le café finit Brad et son mec préparèrent notre lit dans le salon sans télévision. Afin de me faire taire, Brad chargea un film sur son ordinateur portable sans réussir pour autant à m’enlever de la bouche ce goût de fin de soirée pourrave et la faim à mon estomac chevillé.

     

    Le lendemain, d’autres surprises parsemèrent notre belle journée de dimanche.  Non seulement Brad n’avait plus que, un café chacun à nous servir au lieu des deux réglementaires et nécessaires à tout réveil qui se veut vraiment efficace ; mais en plus dans son immeuble de 5 étages où elle habite au dernier, il n’y a pas d’ascenseur. Le transfert des bouts de meubles fut éprouvant. Celui du lit plus âprement discuter étant donné que dans son élan de générosité, le mari millionnaire de la mère de service ne nous avait pas spécifié qu’il était king size.  Du côté du gars de service le parti pris était de le prendre quelque soit sa taille. De mon côté, pas forcément douée en dimensions, je remettais ouvertement en cause celles de notre cage d’escalier, selon moi pas assez grande pour le laisser passer. Dans le doute, on le prit. Déjà vannés de notre journée, on laissa Brad à son ménage et ses projets de remplissage du vide laissé par notre passage. On prit la route non sans gazer joyeusement le vieux couple de Brad qui connaît son mec avec qui elle ne vit pas, depuis 22 mois…

     

    Une fois rentrés, il fallut installer l’ensemble. On commençât par le sommier king size qui comme je l’avais prédit fut trop large pour l’étroite cage d’escalier tout comme pour la fenêtre où nous portâmes un instant nos espoirs. De rage et de désespoir on abandonna le lit dans le garage et le tas de planches un peu partout au gré de la place environnante. Seul le fauteuil de Bill Gates en peau d’animal mort véritable trouva grâce à  nos yeux en ce dimanche de pure fatigue. Le lundi soir qui suivit, le gars de service eut la motivation nécessaire pour décider d’assembler le bureau. Vaincu par son échec, il téléphona à Brad qui lui avoua sans une once de gêne, que les déménageurs avaient perdus des choses dans le transport et probablement des bouts de ce meuble. Il sut gérer sa violence et son envie subite de vulgarité mais la maudit à jamais une fois raccroché le combiné. Le tas de planches rejoignit le lit au garage. Heureusement les bibliothèques, malgré un assemblage digne d’un casse tête chinois écrit en japonais, allèrent à merveille dans notre salon. Le gars de service mit le lit à vendre sur un site de petites annonces. Enervé largement par des mails demandant combien on offrait pour en être débarrassé (véridique), il finit par prendre sa plus belle scie, découpa le sommier  pour enfin le hisser à l’étage après trois semaines d’encombrement gratuit dans le garage.

     

    C’est alors que tout cela nous parut enfin autre chose qu’une malédiction dont on ne peut se plaindre, ni être remboursé. La famille. Quel étrange concept parfois… Le mari millionnaire qui omet à plusieurs reprises de nous faire parvenir les dimensions de l’ensemble de ces meubles dont le lit, malgré mes sollicitations mailesques, et qui pourtant est déjà venu dans ma maison et en connaît la configuration … Brad qui se doutait que l’assemblage du bureau serait impossible à cause des déménageurs, enfin soi-disant. A croire qu’il n’y a pas de déchetterie en banlieue de la capitale… la mère de service qui au téléphone s’amuse à me prévenir que je vais galérer à trouver des draps housses de cette taille… heureusement un lit jouissif de confortabilité (oui parfaitement) et même que ça se voit pas que le gars de service l’a scié… deux jolies bibliothèques qui supportent que je leur fasse la poussière (bon je vais pas dire que ça m’arrange mais ça fait plus sérieux)… un fauteuil de Bill Gates en peau d’animal mort véritable où pour l’instant j’aime bien poser mon cul … mais cet été ça va coller aux fesses et ça va me gonfler…

  • 33- La petite sœur de service, tu peux l’appeler Brad.

    Brad et Georges se ressemblent de loin et de dos dans la foule qui se presse pour chopper la rame de métro un lundi matin de bonne heure. De près, c’est moins flagrant, sauf si on prend en compte la couleur des cheveux et des yeux.

     

    Elles sont grandes toutes les deux, et pourtant même avec un IMC plus que correct Georges a une carrure de bûcheron à côté de Brad, car elle est toute menue, mais pas anorexique non plus.  Avec ses sept ans de moins que Georges elle a vécu plus longtemps avec la mère de service qui a pu lui bourrer le crâne avec  plus d’efficacité sur ses sujets fétiches : les régimes et la cellulite. Alors  du coup Brad, c’est plutôt le genre à prendre soin de son corps et de sa beauté. Dans sa salle de bain, il y a autant de type de crèmes différentes que de sorte de fromages dans le frigo de Georges.

     

    Brad est un petit bout de femme très chic qui porte le talon aiguille avec classe quand Georges ressemble à une pute affublée de cet accessoire. Brad collectionne les fringues élégantes, les matières soyeuses, les couleurs douces alors que Georges met encore des tee shirts poétiques qui clament un très poli « Fuck you » avec des jupes à 5 euros dégottées sur le marché. En matière de coiffure et de maquillage, Brad est une spécialiste de la question. A l’inverse pour ce qui concerne les dessous, Georges maîtrise le sujet et se gausse des petites culottes en coton que Brad achète au Monoprix.

     

    Elles sont toutes les deux bosseuses et pourtant Brad se différencie par son ambition professionnelle. Brad elle a la gagne, elle est winneuse autant que Georges vénère la glande et se trouve exploitée. Faut dire que Brad elle bosse pour une world company au cœur de la capitale alors que Georges dans le fin fond de sa campagne, son patron de PME est presque le seul à proposer du travail. Georges s’est enterré dans la ruralité pendant que Brad se tape trois heures de transport en commun par jour pour faire 47 kilomètres de trajet.

     

    Brad, elle a des goût musicaux de chiottes genre Rihanna et Georges elle se la raconte avec des groupes inconnus au bataillon style Die Form. En général, Brad elle aime les films qui ont du succès au box office américain alors que Georges elle va saouler tout le monde avec un long métrage suédois carrément pas drôle. Elles sont différentes et évitent le sujet de la politique ayant des idées diamétralement opposées.

     

    Néanmoins leur lien de parenté est indéniable dans certaines circonstances. Elles ont par exemple des façons très similaires et ridiculement risibles de jouer à la wii. Elles s’entendent comme larron en foire quand il s’agit de prendre l’apéro et faire les abruties avec un appareil photo pour la médaille d’or de la grimace de la mort qui tue la vie.  Elles fondent de la même façon avec une moue niaise devant un petit veau ou n’importe quel bébé animal. Leurs mecs respectifs ont le même prénom. Elles choisissent toujours et si possible un vin récoltant au supermarché.

     

    Et surtout elles ont les mêmes parents divorcés. Elles ont vues étant gamines la situation dégénérer. Elles ont subies la folie autoritaire de l’un et la furie dépressive de l’autre. Elles ont vécues des choses dont elles parlent encore entre elles. Parfois. Moins qu’avant. Ca a laissé des traces, ça a aussi tissé des liens très forts entre Brad et Georges.  Du coup leurs différences flagrantes ne sont que des détails qui leur importent peu, qui ne les empêchent pour rien au monde de s’adorer. Elles sont sœurs un point c’est tout. Mais pas dans le même genre !

  • Question du dimanche n°1

    Pourquoi que t’as pas mis une blogroll sur ton blog ?

    Pour une première question, c’est une très bonne question. Très intéressante, que peut être certains ou certaines se la sont déjà posée. Ci dessous 10 raisons plus ou moins valables pour ce non respect de la tradition blogosphérique.

    1. Je ne sais pas comment on fait une blogroll... (comment ça t'es moyen convaincue)
    2. Je préfère aimer en secret qu'aimer en public.
    3. Ca ne te regarde pas où que je glande pendant mes heures de bureau.
    4. J'ai peur de vexer des gens que j'aime bien, malgré que leurs blogs ils m'intéressent pas forcémement.
    5. Parce que je suis du genre à changer d'avis et que du coup ça nécessite d'être au taquet sur la mise à jour de la dite  blogroll.
    6. Parce que parfois quand une personne met ton blog en lien sur le sien tu te sens un peu obligé de faire pareil et de retourner la politesse même si t'es pas forcément convaincu.
    7. Ya déjà assez de bordel dans tous les sens dans cet endroit infréquentable.
    8. De toute manière avec les outils de stats, maintenant tu peux savoir facilement qui se promène sur ton blog même si il n'a pas le lien sur le sien (de blog).
    9. Parce que si je devais faire une blogroll, elle serait longue comme le cou d'une girafe.
    10. Parce que je suis une feignasse dans l'âme.
  • La question du dimanche mais pourquoi ?

    Ta sagacité légendaire niveau 15 sur l’échelle internationale de la finesse d’esprit, t’auras sûrement fait remarqué (ou pas, si t’as abusé du kir royal à la cerise hier soir) qu’une nouvelle catégorie a vu sur le jour en cet endroit complètement et définitivement infréquentable. La question du dimanche ! Mais à quoi donc que ça va servir ? En quoi cela va-t-il consister ? C’est bien simple ! D’une ça ne servira (comme le reste d’ailleurs) strictement à rien. Et de deux, comme son nom l’indique il s’agira d’une question à laquelle Georges répondra le dimanche (t’as vu comment que c’est bien foutu c’t’affaire !).

    Pour plus de transparence, de compréhension et en résumé :

    > La question du dimanche sera toujours programmée à l’avance… comment ça t’en a rien à secouer ?

    > La question du dimanche sera choisit par Georges et uniquement par elle car c’est une grosse capricieuse qui a horreur de se voir imposer des choses, alors des questions imagine bien que c'est pareil !

    > La question du dimanche pourra provenir du bordel de sa tête comme de tes suggestions que tu peux lui envoyer sur son mail et qu'elle décidera (ou pas) d'exploiter.

    > La question du dimanche n’a aucune portée scientifique, philosophique ou gastronomique.

    > La question du dimanche ne sauvera jamais le monde de sa fin prochaine.

    > La question du dimanche n’est pas végétarienne et bouffe des donuts au chocolat.

    > La question du dimanche ne promet pas d’être toujours débile et parfois peut être se laissera-t-elle aller à l'intelligence.

    > La question du dimanche ne met pas toujours des petites culottes (la cochonne !).

    > La question du dimanche te dit à demain ! (oui la question du dimanche sait causer et en plus t'as vu comment elle est polie !)

  • 32 - La chienne de service

    Bonjour les gens dans l’ordinateur,

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    Je m’appelle LaBoulette. Oui bon bah ça va ! Je suis mieux placée que quiconque pour savoir qu'il s'agit d'un nom ridicule. Une idée farfelue et foireuse de l’humaine chez qui j’habite, et que l’humain qui souvent la culbute à quatre pattes sur le tapis du salon, appelle « la maîtresse ». J'sais pas pourquoi, elle travaille même pas dans une école ou un truc du genre. Dans la vie de tous les jours du quotidien et comme tu peux le constater sur la très jolie photo de moi, je suis une rottweiler. Originaire du Maine et Loire. Hey ! N’appelle pas les flics ! J’ai tous mes papiers en règle rangés dans mon carnet de santé dans le tiroir de gauche du buffet de la cuisine. Mais non ! Panique pas ! Je suis déclarée à la mairie alors que je ne vote pas et l’assurance habitation des humains me prend en charge bien que je n’ai pas trop la tête d’une commode Louis Phillipe. A la limite dans certaines positions je peux faire table basse ou repose-pied. Rassure toi donc, tout va bien. Je suis une rottweiler pas une criminelle échappée du pénitentier. J’ai la sale réputation de manger les enfants. Mais tout cela n’est que rumeur, l’humaine ne congèle pas de bébés à mon attention. De toute manière, moi, à part les croquettes, le Canigou et les croûtes de fromage, je suis une chienne plutôt difficile alimentairement parlant. Mon seul penchant inavouable réside dans ma gloutonnerie envers les tomates et les carottes. Même que quand je peux, je pique celles du lapin dans la cage, et je me fais drôlement engueulé d'ailleurs.  Mais le répète pas, après c'est la honte quand je rencontre des potes de mon espèce lors des promenades. A défaut de croquer de la chair humaine au petit déj' et contrairement aux légendes urbaines qui me collent aux poils, mon grand kif dans la life, c’est de faire des bisous. Tout le temps. J’adore lécher. La peau des humains comme leurs vêtements. Chépa pourquoi ça me vide la tête que j’ai pourtant pas bien pleine. Bah ouais je ne suis qu’un molosse ! « Pas toujours très futée » comme dirait l’humaine. D’ailleurs en parlant de l’humaine, elle me fait souvent des câlins et me raconte des trucs dans sa langue. Sauf que je ne suis pas polyglotte et que je comprends rien à l’humain à part mon nom, « assis », « couché », « au pied », « à la soupe »,  « papatte » et « promener ». Mais ça n’a pas d’importance je la regarde avec mes petits yeux en amande et elle a l’air contente. De toute manière, je l’aime aveuglément : elle me gratouille trop bien l’intérieur des oreilles et puis parfois elle me file le gras du jambon. En plus quand je me mets sur le dos, elle me trouve tellement belle qu'elle me caresse le bidon du bout du doigt et c'est juste le pied intégral. Dernièrement, avec la maladie de mon frère allemand, on a pas mal squatté chez le véto. Et j’ai appris en fin d'année dernière, qu’il me fallait un nouveau papier pour ne pas finir à la taule des clébards : un truc qui attesterait de ma sociabilité malgré ma catégorie. Oui parce que comme une arme, je suis catégorisée. Tout ça par la faute de petits branleurs en survêtements qui ont maltraité certains de mes congénères jusqu’à les rendre fous et assoiffés de sang. Pour tout te dire moi dans la vie, j’aime tout le monde, sauf la factrice. Celle là j'peux pas la piffrer, je trouve qu'elle pue l'effroi. Mais je n’ai pas assez de neurones pour savoir pourquoi. Je crois que c'est la couleur de son uniforme qui me plait pas.  Sinon, j'aime tout le monde car tout le monde est potentiellement capable de me gratouiller derrière les oreilles ou au creu du bidon. Agressive ? Moi ? Parfois ? Je sais même pas ce que ça veut dire et pis je sais pas aboyer de toute manière. J'comprends pas qu’on ait plus peur de moi que d’un autre gros chien ou d'un autre chien tout court d'ailleurs. Quand je vois la cicatrice au mollet de l’humaine faite par une saleté de caniche, je me dis qu’on devrait aussi leur faire passer à ces frisés du poils et à tous les autres canidés du monde un test de sociabilité. Je me sentirai moins discriminée.

    Bon allez je te lèche !

    Signé LaBoulette

     

    ps : est ce que quelqu'un saurait si les mini chiens en sac à main font caca au fond du sac ? Ca m'a toujours  'achement intrigué...

    ps1 : je conçois parfaitement qu'on ait peur de moi en fait, pour ça que je me balade tout le temps en laisse et muselière, de toute manière c'est la loi !

    ps2 : mais j'ai du mal avec les gens qui en posant à peine le regard sur moi, se permettent de prendre l'humaine a parti en me traitant de chienne dangeureuse alors qu'ils me connaissent même pas.

    ps3 : t'aurai pas une carotte qui traine au fond de ta poche, j'ai faim !

  • P'tits fours. Gloire. Et se vautrer...

     

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    Ayé ! Sur la vie de la maraîchère, chuis deviendue une blog-star ! Hissée au firmament blogosphérique, du bas du podium de la gloire, catégorie « pipelettes » d’Hellocoton.  Je me sens toute émouvée du bulbe devant mon « imprime écran » preuve de ma réussite fulgurante. (oui je parle du truc à la qualité incertaine qui introduit cet article. Article qui d’ailleurs n’a pas la vocation de te donner la recette de la jeunesse éternelle à grand coup de crème de jour dans ta gueule, je préfère prévenir.)

    Gare à vot’cul les petits canapés dégoulinants de caviar polonais ! Je vais te faire ta fête petit macaron la Durée! C’est moi que vl’a dans les soirées de la haute blogosphère qui flirte sensuellement avec l’influence, pour écluser toutes ces coupes de champagne cristal que je ne saurai dédaigner et refuser. Faut il que je ruine mon livret A, où se battent en duel deux billets de cinq euros, pour m’acheter des louboutins ? Dois-je désormais écrire des articles sponsorisés sur des crèmes antirides au sperme d’homme pubère ? Tant de questions que je me pose sur cette  confrérie des bloggeuses influentes que mon entrée en fanfare dans le haut du classement des pipelettes me permet de toucher du bout du clavier.

    Néanmoins, le titre de troisième pipelette d’Hellocoton n’a sûrement pas autant d’impact qu’un oscar à Holywood. Même si sur ce site, on a la fraîcheur de vivre et que le talent pullule, je n’ai eu que 18 votes. Enfin 17 parce que j’ai voté pour moi, odieuse égocentrique que je suis. Je me disais aussi, en compulsant frénétiquement mes stats, que mon modeste blog, ramassis de ma connerie intersidérale était toujours aussi fréquenté qu’un cimetière d’animaux domestiques en période estivale caniculaire.

    Me saute à la tronche cette conclusion. Vous z’êtes qu’une bande de drogués alcooliques. Nan mais faut arrêter de voter pour moi comme ça. Après je me fais des films, je me vois déjà démissionner, une plume de paon dans le cul, affublée d’une tête géante de poussin en papier crépon, chantonnant « au revoir président » avec toute la magie que la tessiture pourrie de ma voix peut donner quand je beugle.

    Mais on me dit dans l’oreillette imaginaire que mon règne de bloggeuse influente troisième position catégorie pipelette s’est déjà achevé avec autant de bruit qu’il avait commencé. C'est-à-dire aucun.  

    Dans le fond ça tombe plutôt bien. Pas que ça me ferait chier de devenir célèbre par le biais de cet endroit infréquentable. Si en plus je pouvais me faire du blé, ce serait même la classe internationale et la possibilité de voir aboutir mon fantasme récurrent de démission tonitruante avec claquage de porte théâtral et rire machiavélique de satisfaction. De toute manière, je me sens pas très grand public et encore moins consensuelle pour être assez commerciale. Alors tant pis. Aux chiottes mes rêves de gloire et de reconnaissance, de pluie d’euro sur mon compte courant en berne, de filles nues qui dans la rue se jetteraient sur moi, de garçons qui pleureraient leur mère et leur père réunis pour avoir mon poster 4x3 dans leur chambre à la place de celui de cette grognasse de Rihanna…

    M’enfin merci quand même d’avoir pensé à moi !

  • L'arrêtage de fumer des cigarettes de tabac

    Premier bilan :  15 jours après cette décision folle.

    Je crois que si je n'étais pas moi, j'aurai une tendance assez marquée à me détester et à me jeter des trucs lourds et contondants à la figure, dans le but flagrant de me blesser le visage, pour compenser la facilité déconcertante avec laquelle j'arrive à ne pas fumer et à ne pas en avoir envie. Enfin si parfois un peu. Soyons honnête. Comme un mauvais réflexe. Face au stress et à la crise de nerfs imminente, je suis tout particulièrement sensible à l'envie de m'en griller une  petite,  toute nue derrière un buisson de rhododendrons en fleurs (le printemps ça me fait des trucs dans mon corps, pardon). Mais je lutte efficacement sans tomber dans le piège de cette friponne, à l’aide de la puissante idée de dégoût que m’ont laissé dans la bouche mes dernières cigarettes grillées. Et je n’ai pas craqué. Pas une seule fois. Pourtant le chameau Camel (qui en fait est un dromadaire) m’est témoin, que je me trouve particulièrement agaçante de réussir avec brio, là où toute personne normalement constituée et intoxiquée échoue lamentablement comme un pétard mouillé n’arrive pas à exploser.  Je suis un peu comme cette pétasse trop bien habillée qui prétend ne pas avoir passé des heures à se préparer dans sa salle de bain pour obtenir ce look fabuleux. À la fois admirable mais complètement détestable.

    Ce qu’il y a de bien quand on arrête de fumer, ceux sont les bienfaits immédiats au niveau de l’odorat. De nouveau on sent. Comme si un nez venait de nous pousser au milieu de la figure. On se réapproprie certaines senteurs jusque là masquer par le tabac, comme le doux parfum de la pollution ambiante et des pots d’échappement, celle de l’’épandage du lisier dans les champs, de la pisse de chat dans la litière quand il vient l’heure de la nettoyer. Les patates pourries qu’on avait oubliées un peu trop vite dans le fond d’un buffet, se manifestent olfactivement à nos narines désormais vierges de goudron et de nicotine. Ce camembert que j’aime tant, me révèle enfin la puissance de l’haleine que je vais me coltiner après en avoir abusé avec du bon pain frais et du pinard. Bref on redécouvre ces parfums un peu suspects avec tant de délice. Le seul dont on se serait bien passé, c’est celui du pet foireux entre les draps, que nous offre avec un charmant sourire le gars de service.

  • 31- la grosse pute de la compta

    Naturellement pacifiste (ou pacifique j’hésite), je ne souhaite que la paix dans le monde et l’amour entre tous les peuples de la terre. Comme toute bonne miss camping qui se respecte. Et même que, quand je suis bourrée je veux faire des câlins à tous les gens qui traînent à porté de mes bras. Parce que sinon, le reste du temps, quand je ne suis sous l’emprise d’aucune drogue (alcool, herbes de Provence ou camembert), je suis plutôt discrète et réservée (si si je te jure, c’est pas une blague, je sais me tenir en société). Certains confondent et me pensent froide : c’est pas mes copains. Qu’ils aillent se faire foutre ! Mais je t’assure, sinon je ne suis qu’amour avec mon prochain. Seulement faut pas qui m’emmerde, ni qui me critique de trop ou gratuitement. Je ne suis une fille facile qu’au niveau du taillage de pipe et des relations sexuelles en générale. Pour le reste, je ne cherche pas les embrouilles, mais jamais je ne te dirai merci de me marcher sur les pompes.

     

    Au travail, ces théories sur mon foutu caractère se vérifient d’autant plus que je n’envisage aucune amitié avec mes collègues. J’en envisagerai bien certains sous un angle bestial, mais une petite voix dans ma tête m’empêche toujours d’envoyer tous ces papiers valdinguer, pour coucher sur mon bureau ce gredin de beau mec aux yeux verts. Pourtant je t’assure que je me le ferai bien ce petit enfoiré.

     

    Cette semaine, cette théorie tout à fait passionnante sur le fonctionnement de ma petite personne dégénérée s’est révélée plus qu’exacte. J’ai entamé mon lundi avec ma bienveillance habituelle teintée d’indifférence profonde pour tout ce qui a un rapport quelconque avec la vie privée de mes collègues. Pour la terminer avec de la haine et l’envie de noyer jusqu’à plus soif, cette grosse pute de la compta, la tête la première dans les chiottes avec sa coupe de mouton permanenté.  (Petit mouton qui passe par là, pardonne moi, c’est pas sympa pour toi d’être comparé à cette conasse.) Ma patience a des limites plus que restreintes quand on s’applique à me compliquer la tâche qui est déjà à l’origine, loin d’être une sinécure.

     

    Elle a commencé cette pute des bas quartiers, par venir me déranger toutes les 5 minutes, pour lui imprimer des doubles de factures déjà en sa possession, mais qu’elle avait juste la flemme de chercher dans le fourbi de son bureau. Elle a continué en me ramenant des dossiers clients à reclasser alors qu’elle avait su les trouver par elle-même dans l’armoire du palier. Broutilles, enfantillages niveau maternelle supérieure, j’en conviens et habituels en sus. Néanmoins, quand elle a continué son petit manège, tout en ignorant ma requête par mail de connaître sur une liste d’une vingtaine de factures, lesquelles étaient en souffrance, j’ai juste commencé à transpirer sous les bras plus fort que mon déodorant. Mais en respirant très fort par le nez ça c’est calmé.

     

    J’ai passé outre son leitmotiv « je suis débordée », qu’elle remet sur le tapis à chaque fin de long monologue qu’elle inflige à tout bout de champs, à propos de la vie passionnante de sa fille adorée qu’est trop intelligente grâce à cette grognasse de Dora mais qui a des problèmes gastro-entérologiques récurrents. Elle a continué d’exposer impunément ses dons de chieuse, pipelette et feignante tout le long de la semaine sans omettre de botter en touche de mon côté du terrain, quelques litiges dont je n’étais pas censée m’occuper.  J’avoue, je lui aurai bien sauté à la gueule. Mais je tiens, malgré son manque d'intérêt profond, à mon travail. Enfin surtout à mon salaire. Alors je me mords l’intérieur des joues jusqu’à saigner comme une bête qu’on égorge. Car cette pute de la compta, malgré son physique ingrat de frisée en sachet périmée est littéralement vénéré par mon patron pas du tout adoré. D’autant plus que dernièrement (jeudi), ce bâtard m’a demandé de m’investir d’avantage dans la société. Nan mais il se fout de moi ? Je rêve debout ? Lui qui n’a pas vraiment une idée précise de comment j’accomplis mon travail ? Lui qui n’est là qu’une paire de jours, une fois toutes les deux semaines ? Attends je tombe dans les pommes et je reviens. Surtout quand il m’achève l’orgueil et la prétention d’être pas trop conne avec un « prenez exemple sur » la grosse pute de la compta.

     

    Il est vrai qu’en ce moment, je suis légèrement éreintée et nerveusement pas très patiente avec des phases honteuses de chialerie incontrôlable. Alors tout ça cumulé, je l’ai très mal pris. Vraiment très mal avec enfermement ostentatoire dans mon bureau sibérien, larme à l’œil indélébile, reniflement intempestif, grognements et gueule à l’envers. Jusqu’à ce vendredi midi où cette semaine horrible s’est noyé dans le début de mon week-end qui s’est mis à commencer.  Je me dirige sur le parking, vers la clitomobile, vers ma liberté provisoire. J’arrive à hauteur de ma portière et là que vois-je qui le matin même n’était pas là ? Une fabuleuse trace de peinture bleu ciel ! Et qui est garé à côté de la clitomobile ? La 207 bleu ciel toute neuve de la grosse pute de la compta ! C’est vrai qu’il est légitime de vandaliser ma vieille bagnole parce qu’on se gare comme un manche en se lourdant dans l’appréciation des distances et qu’on a un gros cul écoeurant ! Et moi quel délit ai-je discrètement commis en faisant (semblant) mes lacets ? Je lui ai rayé son bas de caisse avec ma clé de maison (quelle dangereuse criminelle !) Et je me suis cassée en me maudissant de ne pas avoir un couteau de chasse dans mon sac. J’avais comme une envie de lui crever ces pneus à cette pute.

  • 30- Logistique alimentaire

    Chaque midi à la pause déjeuner, c’est l’aventure culinaire. En effet, pour compenser la majeure partie des dîners que je cuisine pour nous, le gars de service se charge de nous préparer les casses dalles chaque matin. Pour plus de fraîcheur qu’il dit. Pour cause de flemme la veille au soir je réponds. Mais là n’est pas la question, c’est juste notre deal et aussi ma façon d’échapper à sa cuisine dont la philosophie tourne clairement autour des féculents. « Nouilles ou frites ? » voilà mon destin si je le laisse aux commandes. D’un autre côté je suis friteusophobique… oui j’ai peur des friteuses. Et c’est moche de se moquer… sauf si c’est bien fait.

     

    C’est toujours avec la même émotion que je découvre le sandwich que j’imagine préparer avec amour et soin par le gars de service le matin même à 5h. Une fois le papier d’alu entrouvert, je me dis toujours qu’à cette heure matinale j’en demande peut être de trop au niveau de l’amour. Du moins à la vue de la tronche du machin en pain. Heureusement le midi, malgré ma passion inconditionnelle pour le mangé, je cherche essentiellement à me nourrir et non pas à déguster.

     

    Parfois gigantesque, d’autre fois minuscule, le gars de service utilise ce que la nature lui laisse à porter de main dans la cuisine. Je peux avoir un quart de miche de pain ou une baguette presque entière, comme je peux le lendemain n’avoir à me mettre sous la  dent, qu’un ridicule sandwich à base d’un toast coupé en deux dans la diagonale (pour me laisser l’illusion de manger dans un train ?). Concernant la garniture, le gars de service tergiverse généralement entre le pâté et le jambon beurre. D’un autre côté, c’est ce que la nature lui laisse dans le frigo. A force de réclamation, j’ai réussi à lui faire intégrer la notion de cornichons avec le pâté, et celle de beurre doux au lieu du salé avec le jambon.  L’étalage de ce dernier est parfois optionnel, parait que y’aurai du brouillard le matin dans la cuisine.

     

    Et pourtant malgré cet aspect gustatif et bourratif aléatoire, je reste fanatiquement amoureuse et reconnaissante de cet effort que fourni chaque matin le gars de service pour me sustenter. Effort qui me permet d’agoniser de devoir me lever dix à vingt minutes de plus depuis le fond de mon lit. Effort qui va dans le sens de mon fantasme récurrent. Celui de me faire servir à manger sans avoir jamais plus à tripoter une poêle ou une casserole de toute ma vie.

     

    Je sais que c’est futile de vouloir un cuisinier à domicile. Mais si j’avais des millions de dollars je me la mettrai derrière l’oreille la futilité. Je ferai sans complexe ma Paris Hilton de la gastronomie. Ma bourgeoise de l’estomac. Je prendrais sûrement du bide. Dans la vraie vie, j’envie mon amie dont le mec fait à bouffer comme un dieu et tous les soirs sans rechigner. Sans alterner indéfiniment les nouilles et les frites congelées.

     

    Dans sa grande bonté le gars de service qui partage ma motivation légendaire pour se mettre aux fourneaux me propose parfois (comme hier) deux jours de suite de nous faire le repas. « Steak-frites »  me dit-il. Je soupire longuement car c’était « Saucisses-frites » la veille (panne de nouilles c’est mortelle !) pour finalement acquiescer en ajoutant que je mangerai le tout avec de la salade.  Et là il me répond : « Tu sais ma chérie, c’est pas parce que tu manges de la salade que ça va effacer le gras des frites ». J’ai eu envie de dire un truc d’énervée genre « bon bah ça va hein ! ». Mais je me suis retenue et à la place j’ai fait la gueule une minute trente.