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  • Fantasmes

    Un jour, j’aimerai bien avoir des gros seins. Pour voir. Pour savoir ce qu’elles ont de plus que moi, ces filles qui fièrement marchent dans la rue, poitrines en avant et monde au balcon. Je ne parle pas de me faire charcuter par un chirurgien esthétique et me retrouver avec des bidules en gel de chépakoi à la place de ce que la nature (cette salope) m’a octroyé dans sa grandeur d’âme (un ridicule 90A). Nan du tout. Juste avoir des gros seins sans artifice, comme par magie un beau matin : Hop ! Je me lève ! Oh salut toi opulente poitrine !

    Ce n’est pas que je n’aime pas mes seins. Au contraire, je les trouve très pratiques,  plutôt mignons, assez jolis et bien foutus de leurs petites personnes. D’autant plus qu’ils sont très sensibles sous les caresses, et je trouve ça …. Hum … très bien !  Coup de chance : ils s’accordent parfaitement avec le reste de mon être et me permettent de faire ma  petite chaudasse en me privant de porter un soutien gorge sous certains tee shirts à peine transparents.

    Ce n’est donc pas par dépit que je souhaiterai avoir des gros seins. Nan. J’aimerai juste en avoir pour une journée ou deux et pour me rendre compte de la différence dans le regard des autres … bon j’avoue surtout des hommes… quoi que j’ai rien contre les femmes.  Alors bien sur j’en voudrai des beaux (tant qu’à faire) fermes et en place, histoire d’honorer pour une fois et dignement un soutien gorge sans que celui-ci ne se moque de moi. Comment que je serai bonne en plus ! Parce qu’étant déjà équipé d’une grande paire de jambes et d’un petit cul pas dégueu, une grosse paire de seins et c’est l’émeute assurée au Lidl !  

    Ouais. J’aimerai bien avoir des gros seins comme ça, en passant, pour 24 heures ou un peu plus.

    Un  jour, j’aimerai bien avoir une bite aussi. Pour me faire sucer, pour pénétrer, baiser , te faire l’amour. Pas en même temps que la grosse poitrine. Quoi que ça pourrait en exciter certains. Mais restons dans le domaine du traditionnel, j’aimerai bien être un homme parfois. Pas que ma condition de fille me déçoive ou me dérange. Elle a des avantages et des inconvénients auxquels depuis le temps, je me suis habituée et dont je sais tirer avantage. Mais je suis curieuse et j’aimerai savoir ce que ça fait d’être viril et de rentrer dans les corps avec son sexe. La sensation d’un intérieur sur mon gland. La puissance de mes coups de reins sur ton orgasme. Mon foutre qui jaillirait dans ta bouche ou ailleurs. Ce serait vraiment intéressant…

     Le gars de service aussi aimerait bien avoir un vagin et un clitoris pour voir et surtout, pour avoir des orgasmes multiples.  Comme il le dit « je serai la pire des petites cochonnes, je me ferai prendre dans tous les sens par tous les mecs que je croiserai » Et moi avec ma bite, je chercherai des filles comme lui (comme moi) qui aiment le sexe et je saurai enfin comment jouit un homme dans son corps et dans sa tête. Ce serait vraiment chouette ! Mais ce n’est pas possible je sais bien. Vraiment aucune imagination cette putain de vie sur terre.

  • 19 - "Ca va tit mon Kamel Ouali?"

    D’aussi loin que mes pauvres neurones dégénérés se souviennent, j’ai toujours eu une profonde détestation teintée de mépris envers le sport. Surtout à l’école. Parce qu’en dehors personne ne m’obligeait à courir bêtement et sans raison autour d’un stade de foot jusqu’à ce que mort s’ensuive. J’ai bien pratiqué la danse pendant une dizaine d’année, mais c’est différent. La danse c’est plus que du sport, c’est presque de l’art, du moins quand on est doué. Alors ça ne compte pas.

     

    Les souvenirs de la totalité de mes cours de sport sont d’une atrocité sans nom. Principal problème (et non des moindres) la question du yogging. Et surtout de sa couleur vive. Sensation honteuse d’être une grosse vache bariolée avec toute l’exagération dont peut faire preuve une gamine qui déteste le sport. J’ai cru réussir à corriger le tir au collège en faisant un caprice d’enfer à la mère de service et en exigeant plus de sobriété pour cet accessoire incontournable et nécessaire à la séance hebdomadaire de torture. Résultat elle m’en choisit un gris. Et là, avec toute l’ingratitude dont j’étais capable je la maudis de vouloir me faire désormais ressembler à une éléphante. Je réussis enfin au lycée à obtenir le graal du yogging. De couleur noire. Je pus enfin en toute quiétude camoufler  mes fesses que mon regard déformé de bêtise voyait exagérément énormes.

     

    Second problème. Le sport en lui-même. Les fabuleux jeux de ballons. Ballons que je touchais rarement ou accidentellement et invariablement de plein fouet sur le coin de la tronche. Et les jeux de raquettes. Ah les jeux de raquettes… mention spéciale pour le badminton et pour tous ces salops qui se bidonnaient comme des baleines de me voir courir essoufflée au quatre coins du terrain. Une pensée émue pour la table de ping pong jamais assez grande pour que j’arrive à jouer dessus.

     

    Il y avait l’athlétisme où j’ai faillit perdre mes poumons sur le bord de la piste plus d’une fois, où tu finissais invariablement par avoir trois kilos de sable dans les chaussettes à force de triple sauts ratés, où j’ai éborgné sans le vouloir une fille avec un javelot.  L’expérimentation de la natation fut quant à elle particulièrement traumatisante. Le port du maillot de bain en public était difficile pour moi à cette époque surtout devant les garçons qui ricanaient bêtement en nous reluquant.

     

    J’ai bien eu sans le vouloir une médaille en gymnastique en fin de primaire. Mais c’était un exploit sportif sans prétention et sans mérite ; j’avais été la seule de la classe à ne pas me casser lamentablement la gueule de la poutre et à la traverser avec une minuscule once de grâce. Ce qui m’avait valu cette gratification inoubliable. La seule de ma carrière de gymnaste scolaire puisque j’ai par la suite uniquement squatter les matelas dyma en évitant d’être dans le collimateur du prof.

     

    Le sport a vraiment été pour  moi une source de souffrance intarissable. Alors le jour où j’ai enfin décrocher le bac, je l’ai largué en le conspuant et en lui jetant des petits cailloux. Je pensais en avoir fini avec lui jusqu’à la fin de mon existence. Mais l’avenir eut d’autre projet pour moi et Mr Naintendo inventa la Wii fit.

     

    Ah la Wii fit ! Quelle perversité ! Du sport déguisé en jeux vidéo, j’avais beau en avoir conscience, un accès de pétasserie incontrôlable me fit acheter l’objet du délit dans l’espoir qu’un jour la balance board servirait à autre chose qu’à faire du yoga ou de la gym. Espoir qui a ce jour reste profondément sans réponse d’ailleurs.

     

    Contre toute attente je me suis  sérieusement mise au sport. En petite culotte devant la télé, je regarde mon alter égo mii  et tente de le suivre dans des séances endiablées de steps ou de hula hup, tandis que le gars de service se fout largement de ma gueule et me mate le cul, pour irrémédiablement me dire : « Ca va tit mon Kamel Ouali ?! »

     

    Rha lala, ce que c’est moche de voir ses convictions foutre le camp …

  • On m'aurait menti ?

     

    J’vois que ça et j’enrage devant mon miroir. Oui j’enrage contre ce truc qui pousse de façon centrale sur mon front et qui s’appelle bouton. Putain de bordel de piano à queue ! C’est toujours la même chose quand mes royales ovaires font leur numéro mensuel : mon doux visage se retrouve maculé de boutons. On peut dire maculer à partir de trois boutons qui se battent en duel ou pas ?

     

    Je fulmine devant l’insolence de cette excroissance qui fait mal et qui finira par cracher son pus dégueulasse. Je sens la colère qui monte en moi et l’envie irrépressible de l’attaquer avec les ongles pointus de mes index agiles. Cependant les paroles emplies de sagesse de la mère de service me retiennent : « tu ne péteras point le bouton purulent sous peine de cicatrice ». La même qui un jour m’avait promis que les boutons ne sont pas une fatalité et que le temps qui file les fait irrémédiablement disparaître. Mon cul sur la commode ouais !

     

    J’ai toujours autant de boutons que le jour des mes quatorze ans. Bon. Soyons honnête. Il me faut rendre justice à ma peau de pêche génétiquement pas trop mal chanceuse : je n’ai jamais été figurante dans une pub pour les calculatrices Texas Instrument. Cinq boutons au grand maximum me mangeaient le visage, pas de quoi racheter les stocks de Biactol de la pharmacie du coin. M’enfin quand même, moi j’y croyais dur comme fer au jour où ma peau serait immaculée, je crois que je peux m’asseoir sur ce rêve.

  • Rhooooo.... j'ai séché le bureau.

    Aujourd’hui j’ai séché. Comme du temps du lycée. Sauf que je n’ai pas eu à imiter la signature de la mère de service sur l’un de ses petits billets roses de mon carnet de correspondance. Qu’au bout de 6 mois, je devais demander un nouveau carnet justifiant mes absences répétées par les problèmes de divorce qui avait dévasté ma famille. Ce que c’était pratique d’avoir une mère dépressive et un père tyrannique. La conseillère d’éducation faisait un peu de psychologie de fête foraine. Je pleurais vite fait, ressortait de son bureau tranquillement sans être inquiétée par des heures de colles ou de quelconque représailles punitives. Alors que j’avais encore passé une journée à refaire le monde avec les potes en fumant des pétards.

     

    C’est mal de sécher. Mais ce matin, j’avais pas envie, titillée désagréablement par mes putains d’ovaires, fatiguée, des croûtes au coin des yeux. Et puis d’avoir braver les éléments durant ces dernières semaines m’avait octroyé automatiquement un petit crédit. Comme quoi affronter la neige sans moufter avec ma clitomobile, ça ne pouvait que payer. Quand j’ai appelé ma chef ce matin, elle a été adorable m’ordonnant de bien me reposer. C’est que je suis une bonne employée. Souvent en mode crise de nerfs, mais efficace et travailleuse. Alors sécher de temps en temps n’est pas un crime quand on a la hiérarchie dans sa poche et qu’on n’abuse pas de ce délicieux pouvoir.

     

    Ce matin, j’ai traîné au lit avec mes ovaires en guerre contre mon ventre. J’ai maté Masurpilami et Titeuf. Sacré Titeuf va ! Nadia t’a encore foutu un râteau. Et puis je suis descendue me faire des tartines de confiture de framboise et un bon petit expresso de café équitable avec ma belle machine qui n’use pas de capsules à la con qui coûtent chers. Les capsules c’est le mal de toute façon comme la salade en sachet. Un des chats est venu squatter mes genoux tandis que j’ouvrais mes mails et prenais des nouvelles de ma meilleure amie du lycée. Les chiens sont venus se mêler à ça essayant de virer le chat pour obtenir à leurs tours des câlins et des caresses. Pendant ce temps là, le lapin faisait sa vie entre mes pattes et me piquait ma poche de tabac pour en foutre partout.

     

    Je n’ai ouvert qu’un seul volet pour constater sans surprise qu’il pleuvait un de ces petits crachins qui mouille sans en avoir l’air. J’ai remis un pull par-dessus ma nuisette et mis de la musique qu’on peut qualifier de sauvage.  Ensuite, j’ai lu des blogs que j’aime bien et d’autre que je ne connaissais pas. Constatée que j’avais des commentaires sur mon mien. Ca fait toujours plaisir à l’ego que je me trimballe. Ma copine m’a répondu et m’a appris qu’elle allait chez un psy depuis 7 mois. Elle qui m’a porté à bout de bras quand j’étais ado, qui m’encourageait à arrêter de croire en ma mort imminente par absorption de médocs. Comme quoi.

     

    Sinon Super Nanny est décédée. Ca me fait moins mal que pour Mano solo, mais quand même je ne peux pas trouver ça réjouissant. J'ai d'ailleurs l'impression que les gens ont la sale manie de mourir en ce moment. Ou alors j’y porte plus d’attention. Va savoir. A moins que ce soit cette histoire de loto de la mort qui m’ait marqué. Je connais quelqu’un qui joue à ça en famille tous les 31 décembre. Des côtes s’appliquent comme pour les chevaux, suivant les facteurs de risques propres à la personnalité comme son âge avancé, son usage de la drogue ou de l’alcool. Amy Winehouse par exemple, ne rapporte pas beaucoup de point. Pareil pour Johnny depuis ses problèmes de santé. Curieuse tradition familiale. Surtout quand on connaît la famille en question qui ne semble pas particulièrement verser dans le cynisme. T’imagine la gueule du réveillon ? Entre les tartines de foie gras, les huîtres et le champagne, la grand-mère qui parie sur la mort de Pernaut en 2010. Surréaliste.

  • La mauvaise foi

    Je n'aime pas la mauvaise foi. La mienne. Celles des autres. Surtout celles des autres. Parce que pour ma part j'use très peu de la mauvaise foi étant donné que j'ai toujours raison. Enfin presque toujours. Sinon je ferme ma grande gueule. Du moins j'essaye. Ce n’est pas toujours facile d'être parfaite!

     

    La mauvaise foi je la côtoie tous les jours grâce à mon job de super héros qu'on ignore. Surtout grâce à mes clients. Mes supers clients directeurs de supermarchés. D'ailleurs si tu es directeur de supermarché je te déteste. Même si tu ressembles à Georges Clooney ou à Johnny Deep (sur ce coup là je suis d'une originalité pas croyable). Oui je te déteste. Même si je ne t'ai jamais parlé. Même si je ne travaille pas pour toi. Ce genre de haine ne se discute pas.

     

    Pas plus tard que tout à l'heure, j'ai eu l'honneur de recevoir le coup de fil de Mr le directeur d'un magasin. Et vla ti pas que le dit monsieur  me tape un scandale à propos d'une facture sans même me dire bonjour ou un autre truc du genre qui l'aurait rendu un tant soit peu poli. Bien sur, il ne me laisse pas vraiment le droit d'en placer une, alors je me mets à parler plus fort que lui dans le téléphone (j'espère que je t'ai fait paumé un peu d'audition ispèce de connard). Mais le directeur de supermarché est un être de niveau supérieur dans la discourtoisie et la malpolitesse. Une ispèce de champion olympique de la connardise.

     

    Un sourd qui a décidé de ne pas m’écouter coûte que coûte. Je le laisse causer. De toute manière, il ne me laisse aucun autre choix : il ne s'arrête pas de parler. Même quand je tente vainement de lui couper la parole pour essayer d’obtenir le numéro de la facture incriminée. Car à ce moment dans ma tête je m’entends juste dire « Mais de quoi il me parle ? ». Bah oui je fais quand même plusieurs centaines de factures, j’ai plusieurs centaines de clients… tout ça, tout ça.

     

    Pendant ce temps là, le type m'a sorti son ton le plus méprisant parce qu'il clôture ses comptes 2009 et qu'il lui faut la facture globale de ces dernier travaux au 31 décembre. Ce que je n'ai pas fait. Parce qu'on ne me l'a pas dit. Même qu'on m'a spécifié que les travaux n'étant pas terminés je devais ne facturer que 80% de la somme. Ce que j’ai donc fait bête et disciplinée.

     

    Je me défends deux secondes et demie. C'est-à-dire que j’ai à peine le temps de dire « Monsieur » que le voilà qui enchaîne comme quoi c’est scandaleux parce qu’il me l’avait dit. Je le connais de nulle part et lui se met à me soutenir sans fléchir qu’il m’avait prévenu par téléphone. J’ai une très bonne mémoire et pendant qu’il déverse son fiel je vérifie mes mails, mon carnet de note, le dossier. Que dalle oui ! Monsieur le directeur de magasin est un menteur.

     

    Du coup, j’ai perdu patience immédiatement. Déjà que j’ai mes règles depuis ce matin, je trouve Monsieur le directeur de magasin que j’ai été jusque là bien aimable. Peut être parce que t’as réussi à me clouer le bec dès le début de ce charmant entretien téléphonique. Oui. Bon. C’est pas faux. Mais là tu vas voir dès que tu reprends ta respiration, moi je reprends la main.

     

    J’arrive à lui demander si il connaît mon nom et à quelle personne il s’est adressé pour donner ses soi-disant instructions. Il n’esquive pas et s’enfonce dans ses affirmations sans être capable de répondre à la question. J’enchaîne sur la date de cet hypothétique entretien précisant qu’on est quand même janvier depuis 19 jours. Rhooooo…. Monsieur le Directeur n’a pas d’humour il monte sa voix désagréable d’un ton. Alors moi aussi, lui expliquant qu’il n’a qu’à m’envoyer un fax. Que c’est la procédure. Qu’on ne tient compte que des traces écrites. Il fulmine. Menace de se plaindre à mon patron pour mon outrecuidance et mon incapacité professionnel.

     

    Je lui crie « Dans l’attente de votre fax. Au revoir Monsieur » Faut rester polie quand même. Monsieur le Directeur est un client. Il marmonne «  Au revoir » et claque son téléphone. Heureusement mon oreille est depuis longtemps éloigné du combiné. Une certaine habitude. Je reçois le fax 10 minutes plus tard. Poli comme si nous avions eu un échange courtois. Plus question De « J’vous l’avait dit » péremptoire. Bref que de la gueule. De la mauvaise foi. Et je n’aime pas la mauvaise foi… surtout celle des autres.

     

  • 18- 2+2 = 4

    J’ai la sale manie de faire ce que je veux de mes fesses et de coucher avec des gens,  alors que je partage ma salle de bain et mes dettes depuis quelques années avec le gars qu’on dit de service.  Ceci dit, il partage aussi avec moi mes sales habitudes non sexe-clusives, puisque nous les pratiquons ensemble. Enfin souvent dans des pièces séparés (question de goût, de concentration, d’attention…). On pourrait se demander  ce que nous fichons en couple tous les deux s’ils nous arrivent de nous tromper. Et c’est là que l’on commet la première erreur.  Nous ne sommes pas infidèles. Juste obsédés sexuels et assez adultes pour ne pas se le cacher et en parler très ouvertement tout deux, sans tomber dans la jalousie primaire de base qui ne m'a jamais frappé (et qui d'ailleurs m'insupporte). Je lui appartient dans la liberté qu'il m'offre et inversement. 

     

    Nous sommes sûrement un peu fous d'assouvir nos penchants qui peuvent sembler ne contenir que des complications, mais juste que là nous nous sommes plutôt bien sortis des entourloupes. Des couples mal dans leurs peaux qui font tout et surtout n’importe quoi sans comprendre qu’ils se détruisent. De ceux qui ne s’aiment plus vraiment et attendent la moindre occasion assez bonne pour quitter le foyer familial. D’autres qui ne sont pas honnêtes dans leurs désirs. Des  fous qui ont tenté de nous vampiriser, de nous considérer lui et moi comme leurs propriétés exclusives.  Mais nous ne sommes ni à vendre ni exclusifs.

     

    Nous côtoyons parfois par erreur et malchance le pire pour mieux vivre le meilleur. Cette complicité dans nos choix de rencontre. Le stress qui précède le rendez vous. Le soin de se faire séduisant. De choisir des vêtements en imaginant de quoi sera fait la soirée. Soirée qui finit par arriver, par se passer d’une façon qui lui sera propre. Et puis l’après, entre nous. Nous retrouver. Nous raconter. Ca peut paraître étrange. Ca en à l’air peut être. Rien à foutre. Pour lui, comme pour moi c’est ainsi que depuis toujours nous avions espéré nos vies. Alors sans remord et sans regret on fait du sexe avec des gens consentants. Scientifiquement on dirait échangistes même.

     

    Mais pas que. J’aime sincèrement certains de mes partenaires. Pour ce qu’ils sont. Pour leurs femmes aussi que j’aime tout aussi sincèrement. Pour leurs couples que j’admire, pour l’amour qu’il se porte et la liberté qu’ils partagent. Le sexe n’est plus qu’un jeu dont on a envie. Et c’est comme ça que j’ai rencontré mes meilleurs amis. Mon et ma meilleure amie. Mes proches. Vraiment. Qui connaissent tous mes soucis, mes problèmes, mes joies. Même chose pour le gars de service. Même chose pour elle. Même chose pour lui. Une espèce d’union sacrée. Une chose qu’on ne peut définir vraiment en un seul mot. Une relation à quatre. Une relation multipliée par toutes les combinaisons possibles, sexuelles et amicales, que nous nous autorisons. Une chose si précieuse que je ne me lasse pas de m’en contenter de bonheur.

     

    Je fais l’amour et je baise avec mon meilleur ami. Je suis une petite veinarde. C’est un amant de folie. Mon corps devient tout ouï dès qu’il me touche. J’avoue ne pas trop mal me débrouiller avec le sien non plus. La combinaison de tout ça est assez explosive et nous surprend toujours plus qu’agréablement. Comme un petit miracle qui ne s’use jamais. Echange de bons procédés. On se fait jouir. Et on discute. On se confie. On se marre. On chiale un peu parfois. On s’entend bien. C’est pas de notre faute. On est pas amoureux par contre on s’aime indéniablement à notre façon. Dans cette histoire on s’aime tous indéniablement à  notre façon. Ca peut paraître incroyable. Mais c’est pourtant simple : on ne se convoite pas, hormis sexuellement certains soirs où il est question de se laisser aller à nos vices. Le reste du temps nous sommes juste des amis qui se font un film, une bonne bouffe, une partie de mario kart… mais qui se disent au revoir en se roulant langoureusement des pelles…

  • 17- Femme et adulte.

    C’est depuis peu que j’arrive à me qualifier ainsi. Que ces mots sortent enfin de ma bouche pour me définir. Que ces mots remplacent celui de « fille » et le petit rire gêné qui se substituait à celui d’ « adulte ». Que ces mots ne me semblent plus si effrayants. Si officiels et solennels. Gênants ?

    Malgré mes 28 années, mon utérus et mes ovaires qui me rappellent de façon sanglante leurs existences chaque mois, j’ai réalisé très récemment que j’étais plus qu’une fille avec un rire débile. Je suis une femme. Un mot que j’ai longtemps détesté, que j’ai longtemps esquivé de mes conversations, que je ne laissais pas traîner dans ma bouche.  Un mot qui me semblait trop grand pour moi  malgré mon mètre soixante quinze  et surtout synonyme de choses que je ne serai jamais. Que je ne veux être sous aucun prétexte. Un mot auréolé d’images glanées par mon imaginaire qui galopent souvent dans l’absurdité que j’affectionne comme un souvenir heureux de mon enfance révolue. Un mot qui ne peut pas correspondre à ce que je suis. Un mot qui me faisait rougir de honte mais qu’à force de répétition j’ai amadoué, apprivoiser, pour finalement réussir à l’utiliser à la première personne du singulier.

    Je suis une femme. Enfin, je le dis et le pense sans froncer les sourcils, sans me tripoter les mains nerveusement, sans que ma voix ne se teinte d’hésitation, sans danser d’un pied sur l’autre. Une femme. Même plus peur de ce mot là ! Ce mot associé à tant de choses qui ne me correspondent pas, je l’ai réinventé grâce à toi qui as su me mettre en face de la vérité crue de mon genre. Et parce qu’il le fallait bien : on est plus vraiment une fille à 28 ans…

    Je suis aussi adulte. Depuis peu. Comme femme, cela doit faire une semaine peut être deux, que je me sens adulte. Rien de spécial n’est survenu. Enfin, disons que, rien de plus spécial que d’habitude n’est survenu. Rien n’a changé vraiment non plus. Pas de passage. Pas de rituel. Cela c’est juste imposé à mon esprit, qui  un matin faisant défiler mes pensées, me montrait sans bruit tout ce que j’avais déjà accompli. Toutes ces décisions que j’ai pris. Bonnes et mauvaises. Ces bêtises qui m’ont appris plus que la théorie. Ces projets que j’ai mené à bien et ceux que je n’ai pas su faire aboutir. Mes erreurs aussi souvent.

    Adulte. Mes épaules ne sont pas plus larges qu’hier mais j’ai réussi à trouver le costume qui m’allait. Grâce à toi encore. A ton regard qui parfois m’admire et jamais ne me juge. Tu as fait naître en moi la conscience d’être adulte. De faire partie de ça à ma façon. D’y être entrée depuis longtemps sans le savoir et sans me départir de ma folie douce, de mes pétages de plomb, de cette manie que j’ai de sautiller sur place quand je suis impatiente et heureuse.

    Je suis une femme. Je suis adulte. Je suis fière d’en être arrivée là sans me trahir. Sans renoncer à moi. Sans renoncer vraiment à cette fille que j’ai été et qui a laissé son empreinte indélébile de connerie et d’idéalisme dans mon crâne. Cette fille qui se marre toujours pour un rien. Cette fille qui ne peut pas se prendre au sérieux. Qui tente de faire de son mieux. Qui continuera de grandir avec moi qui suis devenue une femme adulte.

  • Nom de code : Pauv'type !

    Un jour, un mec qui m’expliquait ses préférences sexuelles me dit très sérieusement qu’il était 300% hétéro. J’ai froncé les sourcils, pas très inspirée par cette phrase puant la testostérone à plein nez, le laissant continuer son argumentation visant à dissiper les doutes sur sa préférence pour les femmes. La trentaine, propre sur lui plutôt chic tendance trendy, il aurait pu faire cette pub pour la crème anti-ride et le roll on décongestionnant pour les yeux spécial mâle poilu et viril mais qui prend soin de sa petite peau. (Même si se badigeonner de lotion  pour un homme n’est devenu que récemment normal dans l’imaginaire collectif.)

     

    S’il m’avait juste dit qu’il était hétéro, je n’aurai pas relever. Mais là « 300% hétéro » : j’ai  trouvé  ça énorme. En soit si on analyse statistiquement le truc ça le rendait plus hétéro que la moyenne. Comment peut on être plus hétérosexuel qu’un hétérosexuel ? Pourquoi se présenter ainsi si ce n’est pas peur d’être assimiler à un groupe qu’il se défendait pourtant de ne pas stigmatiser et d’accepter dans sa grande mansuétude ? Et puis c’est quoi cette condescendance de merde, ses justifications sur ses orientations sexuelles ? Chacun ses préférences, pour le reste on est libre de faire ce qu’on veut de son corps et de s’ébattre avec qui on le souhaite, non ?

     

    Il m’a fait penser à ces gens qui se défendent d’être raciste mais qui ne peuvent pas s’empêcher de critiquer les cultures différentes de la leur, qui font des sales blagues sous couvert d’un soit disant humour qui n’a franchement rien de drôle. Heureusement qu’on ne vit pas dans ses pays où l’homosexualité est puni par la loi, car il aurait sûrement fini en première ligne de ces fanatiques qui ne peuvent pas supporter que l’on soit différent de leurs putains de préceptes arbitraires et sans fondement.

     

    « 300% hétéro » N’importe quoi. 300% de connerie et d’intolérance. Voilà ce qu’était ce mec dans sa veste bien coupée. Le genre à ne pas supporter qu’on se trompe sur son compte. Comme si c’était important. Comme si ça allait le salir ou le dévaloriser d’être par erreur assimiler à une préférence sexuelle que les gens dans leurs stupidités sans nom ne tolèrent pas encore vraiment.

     

    Ce qui pourrait être drôle, mais ne l’est en fait pas, c’est ce qu’il se confia par la suite sur la nature de son plus gros fantasme : voir deux femmes ensembles se donnant mutuellement du plaisir. On avait atteint le paroxysme de sa connerie profonde. En substance, le mec se défendait à demi mots et de façon plutôt politiquement correct d’avoir un quelconque lien avec l’homosexualité masculine, tout en m’expliquant avec sérieux et envie que ça le faisait bander de voir deux nanas se brouter le minou. J’avais sous les yeux l’intolérable et parfait exemple du type qui réfléchit avec sa bite sans se soucier de ses contradictions sur la question de l’homosexualité.

     

    Elle m’énerve cette tendance qui fait que les lesbiennes excitent le mâle qui ne jure que par sa virilité d’hétéro. Ce sont d’ailleurs souvent des amants merdiques qui ne pensent qu’à leur petit orgasme et à leur queue. Bref, le prototype du connard qui, si il le pouvait, s’injecterait quotidiennement sa dose de testostérone pour être bien certain de ne jamais virer de bord. Le genre de mec capable de casser la gueule à un autre pour faire preuve de sa toute puissance de mâle qui jamais au grand jamais ne se laissera mettre une bite dans le cul et qui pourtant prétend faussement avoir plein d’amis gays, comme pour légitimer sa tolérance factice.

     

    Le genre de mec qui mérite juste qu’on lui crache à la gueule parce qu’il refuse de laisser de la place pour les autres qui ont choisit une voie différente de la sienne. Le genre de mec que j’enculerai bien moi-même avec un gode ceinture. Le genre de mec qui pétrit de contradiction me laisserait peut être faire si j’étais avec une de mes bonnes amies pour légitimer cette pratique. Le genre de mec qui ignore que la prostate est aussi source de jouissance.

     

    Le genre de mec qui ne vaut pas le coup qu’on s’intéresse à lui. Je vais donc arrêter de le descendre en flèche. De toute manière, je pense à ce stade avoir assez fait le tour de sa connerie pour en finir avec lui …. Maintenant.

  • 16- Où la fille de service s'assied sur ses convictions...

    Il paraîtrait selon l’adage, que seuls  les imbéciles ne changent pas d’avis. J’ai personnellement peu d’avis transcendant d’intelligence et une grosse dose de stupidité en stock en dedans de moi-même. Pourtant, il y a bien un sujet sur lequel j’ai toujours été très d’accord avec mon avis et ce depuis très très longtemps. Celui du mariage. Civil, religieux, naturiste, médiéval qu’importe. Recevoir une invitation à ce genre d’évènement me plonge dans l’effroi et me pousse à trouver une échappatoire aussi minable soit elle. Comme par exemple le devoir impératif d’aller acheter des boites de pâté pour le chat suicidaire de mémé et lui lire son magazine LA CROIX parce qu’elle est presque aveugle.

     

    Tout ce tulle. Ce blanc. Cette femme déguisée en grosse meringue maquillée comme jamais elle ne le sera plus. Ce futur mari engoncé et mal à l'aise dans une queue de pie avec sa petite rose à la boutonnière. Ça me rend migraineuse rien que de l’imaginer. En plus, j’ai une trouille bleue des dragées : c’est qu’on peut s’étouffer avec ces conneries ! Et pis d’un point de vue gustatif, pardon de critiquer, mais franchement ya pas matière à en faire une montagne.

     

    Il est certain que c’est une occasion non négligeable de bouffer des petits fours et de picoler du champagne à l’œil. Mais malheureusement ça ne suffit pas pour me convaincre moi qui n’ai jamais joué à la mariée dans les voilage de ma mère. Surtout quand la Tante Henriette qui s’obstine à nous appeler Géraldine alors que notre prénom n’y ressemble ni de près, ni de loin, ni même de très loin, est elle aussi invitée à cette célébration où les effluves de la tonne de fleurs de lys sur les tables coupent irrémédiablement l’appétit. Tout comme le cousin Ignace qui ne se prive pas de répéter toute la soirée et de plus en plus fort à mesure que son alcoolémie augmente, qu’on lui a pisser sur les genoux étant môme. Avec un peu de bol et si le destin s’acharne à nous pourrir la journée, on aura le droit en prime de se taper pour le folklore, une messe de deux heures et quart à se geler les miches dans une nef humide. Alors même que les mariés sont des athées pur jus qui ne se sont plus confesser depuis leurs premières communions.

     

    Ceci étant dit, je respecte les convictions de chacun, mais impossible d’y adhérer. Sûrement que mon passif, de fille et de petite fille de divorcés y ait pour quelque chose. D’autant plus que je soupçonne mon arrière grand-mère de n’avoir pu quitter son mari pour des histoires comme quoi à l’époque ça ne se faisait pas. Depuis qu’il est mort dans son sommeil, je la trouve bien plus souriante…

     

    Pourtant faut croire que je suis moins imbécile que je ne le croyais : j’ai demandé le gars de service en mariage l’autre jour à la pizzeria. Une envie un peu subite de porter son nom. Le désir aussi de le surprendre lui qui rêvait secrètement qu’un jour je change d’avis. Mais j’ai posé mes conditions. A savoir : pas de famille (trop compliquée tous nos parents sont divorcés, remariés et par-dessus le marché se haïssent copieusement). Pas de blanc, pas de dragée, pas de curé. Mais beaucoup de fun !

     

    Lui sera nu sous un kilt déniché dans une boutique géniale qui vend des fringues de gothiques. Quant à moi, j’ai trouvé dans ce même magasin une robe à tomber par terre :  esprit année 50, vichy rouge et noire avec des roses et des têtes de morts portant le haut de forme. D’ailleurs il faudra que j’en parle avec le maire, histoire qu’il ne fasse pas une attaque en nous voyant arrivés flamboyants dans nos habits atypiques. Le lendemain, on partira quelque part se balader et on dormira dans une cabane dans un arbre.

     

    Et jamais on ne divorcera ou alors faudra me passer sur le corps.