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  • No comment /2

    Je déteste la salade ICEBERG qui a autant de goût qu’un verre d’eau plate et dont la diffusion dans nos rayons de supermarchés, est intimement liée à l’explosion de son conditionnement en sachet. La salade en sachet c'est mal. Ca parait évident, et pourtant comme toute bonne consommatrice qui se respecte et bah parfois j'en achète … faible pécheresse que je suis...  mais pas de la ICEBERG qui est vraiment trop dégueulasse ! Et puis je vérifie le poids du sachet à l'achat...

    Le sac de salade avec le téléphone (à gauche)

    Parce que j'achète de la salade, pas un téléphone en salade comme le père Noël en RTT ci dessus.

    Je me suis demandée à mainte reprise d'où provenait la ICEBERG. Je la soupçonnais même de n'être que le fruit d'un bidouillage de tubes à essais d'un grand laboratoire d'agro alimentaire. Prise de bouffées conspirationnistes, j'imaginais qu'il s'agissait là d'un produit élaboré par l'homme, voué à nous faire oublier le goût des bonnes salades pour nous convaincre plus facilement un jour qu'elles ont toujours poussé dans des sachets… et non pas dans la terre-marron-qui-salit comme une vieille légende urbaine le racontera encore sur la toile.

    Mais il semblerait qu'une fois de plus, j'ai pété un plomb, car la ICEBERG n'est qu'une pauvre salade américaine cousine de notre laitue pommée. En cataplasme, la laitue est adoucissante pour les peaux sensibles. En lotion, elle prévient les méfaits du froid, et apaise les peaux sèches et fragiles ... sans déconner ??????

     

     

     

  • 10- le déménagement ? fingers in the nose

    Avec le gars de service, on a la chance outrancière et fabuleuse de bien s'entendre. Et de bien s'engueuler aussi. Mais c'est sain dans un couple de se balancer ses 4 vérités entre deux insanités et deux assiettes en carton (économique, indolore mais moins spectaculaire pour les puristes, c'est vrai). Mais là n'est pas le propos, car depuis longtemps, le gars de service a su mettre sur le tapis les fameuses discussions qui commencent par "Et si on avait une maison..." et qui finissaient jusqu'alors par "on verra bien un jour". Et c'est donc pleinement au courant de mes desideratas qu'il entreprit les recherches et fut d'une efficacité proportionnellement grande à son envie de s'endetter pour 25 ans, et d'enfin pouvoir pleinement faire des trous dans les murs sans se préoccuper du jour où il devra les reboucher, voir les faire tomber si ils ne sont pas porteurs.

    Il me fit visiter pour nous échauffer, une première maison "entre guillemets habitable" dixit le perfide agent immobilier retardataire que nous n'avons jamais recontacté. "Un corps de ferme à rénover."Une étable quoi ! Bon pourquoi pas pour des bricoleurs, mais pour nous... ? Une grosse remise en question sur notre pratique intensive de la glande s'imposerait. Mais ce n'était pas le pire. A la fin de la visite, sur le perron de l'étable et sous le regard inquisiteur de la voisine mal planquée derrière son rideau à fleur, nous finissons de discuter poliment, soulignant que "non ça ne convient pas du tout". Quand voilà une voiture remontant l'allée, le conducteur stoppant à notre niveau pour nous demander qui nous sommes. L'agent immobilier répond avec la classe que lui confère son statut social et son coupé mercedes. Le petit vieux monsieur grogne en patois et repart en marche arrière pour rejoindre sa maison. Nous confirmons deux fois plutôt qu'une que c'est définitivement non. Nous repartons finalement quand une femme d'un certain âge nous arrête se postant au milieu du chemin pour nous demander (variante) ce que nous faisons ici. Au bord de péter les plombs (on a poireauté une heure au pied de l'église du patelin d'à côté à attendre l'agent immobilier à la bourre comme c'est pas permis), le gars de service lui répond dans un sourire crispé "Ce qu'on fait là? Partir. Loin"

    La seconde visite fut la bonne. Un endroit paisible perdu dans les champs où broutent nonchalamment les vaches. Un jolie longère de 1854. Rénovée. Pas de travaux, à part de la décoration. Prix honnête. Dans nos prix surtout. Et du terrain, pour le potager, les chats, les chiens, et pis nous avec nos chaises longues, notres bières et notre parasol par un beau jour d'été. Une chance de cocu. Une affaire que le temps qui file confirme comme bonne. Bref on prit des rendez vous à la banque, à l'agence, avec le notaire. On reçut en pagaille des courriers, des questionnaires à remplir. Trois tonnes de papiers à parapher ou signer pour enfin, par un mémorable jour de novembre emménager sous un crachin entêtant.

    Les copains furent au rendez vous. Et une frénésie hystérique nous ayant fait remplir la camionnette la veille au soir sous la pluie battante à la lueur d'une lampe torche; le transfert de nos maigres biens et cartons se déroula parfaitement dans l'organisation et la franche rigolade, renforcée par un authentique sandwich au pâté accompagné d'un petit godet de pinard. Vers le soir, les plus proches de nos amis restèrent pour partager le plat de spaghettis bolognaises inaugural de notre nouvelle vie de bourgeois proprio endettés sur 25 piges.

    Il y eut bien ce moment où seule avec ma meilleure amie, (les gars avaient oublié dans l'ancienne maison la bouteille de gaz pour la plaque de cuisine )  nous nous retrouvâmes à constater que la cheminée avait un sérieux problème de type début d'incendie et j'ai la phobie du feu que je supporte au bout de mon briquet ou d'une très grande allumette seulement. Plus près ou plus important et je reste prostrée. Apeurée. Mais heureusement, ma copine nettement plus dégourdie appela les pompiers tout en balançant des seaux d'eau dans la cheminée. Et encore une fois heureusement ! Les gars eurent le temps de nous rejoindre que les pompiers nous recherchaient toujours. Finalement au bout de trois quarts d'heure, les sapeurs arrivèrent au volant de leur camion flambant neuf et constatèrent que de feu il n'y avait point. Mais crevant d'envie d'essayer leur nouveau jouet, ils firent des vérifications poussées et sortirent échelles, phares et autres dévideurs de tuyaux. On eut le temps de constater que l'un des leurs était bourré. Ils finirent par s'en aller sachant pour la prochaine fois (celle où y'aura peut être vraiment le feu) où tourner pour nous trouver. Une anecdote de déménagement pour quand l'on sera vieux et gâteux.

    Il y eut aussi le lendemain où nous devions faire un aller retour à deux et passer chercher quelques victuailles à la boulangerie. J'étais si belle pour le gars de service avec ma petite robe noire, mes collants violets et mes docs. Je fus encore plus magnifique quand couverte de boue après avoir vainement pendant une heure, tenter de désembourber la camionnette devant chez nous, je frappai à la porte de l'agriculteur du bout de la route pour lui demander piteuse et désespérée,  de venir nous donner un coup de tracteur.

    Enfin et comme si on avait pas assez morflés avec cette putain de camionnette,  à 22 heures toujours ce même dimanche, pris d'un accès de virilité mal placée, le gars de service refusa mon aide pour monter à l'étage notre authentique et énorme télé à tube cathodique. Un bruit effrayant suivi de mon cri hystérique. Mais chute dans l'escalier et télé sur la tronche ? Même pas mal le gars de service... !

    Une chance de cocu. Des anecdotes de déménagement pour quand on sera vieux et gâteux.

    Et la télévision est toujours vivante à l'heure où j'écris...

     

  • C'est beau les sportifs (surtout à poil dans les calendriers)

    "Bien sûr qu'il y a main, mais je ne suis pas l'arbitre. Je suis derrière deux Irlandais, la balle rebondit et tape ma main, je continue à jouer, l'arbitre ne siffle pas, on est qualifiés, c'est ça qui compte." Thierry HENRY

    A la pause clope de 16h00 (j'ai retrouvé du taf) la standardiste (rousse, bête, colporteuse de tous les commérages due à son rang de standardiste, envieuse et jalouse), la télémarketeuse (blonde frisée, grande gueule, de mauvaise foi, agressive, grands pieds), et moi facturière.

    Morceaux choisis (parce que je ne peux décemment pas imposer le reste de leurs conversations dont l'intérêt frise généralement le niveau de brillance d'un rebord de chiottes d'autoroute)

    - T'as vu le foot ? On a gagné, on est qualifié !

    -  Ouais maintenant ils jouent au foot avec les mains ? je croyais que c’était le basket.

     - Ouais Thierry Henry il l’a dit. Il a reconnu la main. Il est honnête au moins.

    - Ouais c’est clair ! Et il a raison. Je veux dire l’abrite il a sifflé. Donc lui, il a rien à se reprocher. Et pis c’est Thierry Henry quoi ! Merde !

    - Bah ouais la coupe du Monde 98…

    - Donc on peut tricher si on s'fait pas choper ?

    Gros blanc. Un ange passe. Changement de conversation. Je ne crois pas que l'on va devenir copine. Franchement c'est trop con.

    Sinon j'aime pas le foot. Je le conchie.

  • 9- Devenir bourgeois !

    C'est empreint de toute la spontanéité qui le caractérise que le gars de service, m'a fait cette demande lors d'un banal dîner en semaine. Un de ces dîners où, ni l'un ni l'autre n'avons envie de cuisiner autre chose qu'une pizza surgelée décorée de camembert (parce que ya jamais assez de fromage sur leur putain de soi disant pizza 4 fromages). Tellement découragés de s'être chacun débattu vainement dans nos existences professionnelles respectives, que la vue d'une poêle ou d'une casserole nous plonge dans un abîme de détresse.

    C'est hébétée devant la énième rediffusion des Experts (la journée avait vraiment été merdique) et la bouche pleine de pizza surgelée améliorée que le gars de service, souriant me propose comme un cheveu sur la soupe d'acheter une maison. Une méthode de Heimlich plus tard et me voilà qui arrive enfin à articuler avec mon air le plus abasourdi un pitoyable "De quoi ?". Nan mais c'est vrai ça ! Je ne crois pas être assez grande pour m'acheter une maison ! Et puis d'où elle sort cette idée ? D'un journal sur l’économie abandonné dans la salle d'attente du dentiste où il avait rendez vous la veille ?

    Sans se laisser démonter par mon air de poule devant un mégot et avec la gouaille d'un agent immobilier, voilà le gars de service qui se lance dans une démonstration visant à me prouver (sans les graphiques camemberts) que c'est le moment idéal pour investir dans la pierre ou la brique : avec des prix en baisse, un marché en berne et des taux d'intérêts qui allaient s'emballer dans quelques mois. Bref à l'écouter, on avait six mois de retard et un cataclysme imminent s'apprêtait à dévaster le monde impitoyable de l'immobilier.

    J'avoue que m'engager sur un prêt d'une durée d'au moins 25 ans n'avait rien pour me convaincre et m’emballer. D'un autre côté, claquer la moitié du SMIC dans un loyer pour avoir une maison pourrie d'humidité. Où pour obtenir la moindre réparation incombant au propriétaire il faut harceler celui-ci de longs mois, pour le voir enfin débarquer au moment le moins opportun (genre quand le gars de service me prend sauvagement sur la table de la cuisine) pour en plus le voir sous entendre que nous sommes à l’origine du désagrément qu’il vient réparer. Une fois l’effet de surprise dissipée, il m’a vite semblé que cette proposition d’embourgeoisement n’était pas dénuée d’intérêt.

    Alors dès le lendemain, tandis que le gars de service  compulse frénétiquement les petites annonces, je contacte le crédit à bricole pour rencontrer un conseiller. Et c’est finalement une jolie conseillère, une semaine plus tard qui nous accueille au premier étage de l’établissement sûrement réservé aux VIP carte platine, puisque nous y mettons les pieds pour la première fois. Une heure plus tard, nous savons combien notre gentille conseillère peut nous faire emprunter. Les visites peuvent commencer !

     

  • no comment / 1

    Une question hautement existentielle me tarabuste la matière grise : faut il ou non, que je prenne rendez vous chez le coiffeur ? Je n'en dors plus. Je me ronge les doigts à sang. Je fais des cauchemars où des ciseaux géants me pourchassent sur un green de golf pour me tondre le crâne. J'ai perdu 3 kilos. Je mange du nutella avec une louche de cantine.... je vous en supplie : neutraliser en moi ce gène maléfique et typiquement féminin qui me torture !

    J'ai le cheveu court et inexorablement, malgré toutes mes prières les plus ferventes à la grande prêtresse de la chevelure, le cheveu court malicieusement repousse. Il repousse et m'empêche peu à peu le matin, avec ma tronche ensommeillée, de me contenter d'ébouriffer ma masse capillaire avec un peu de crème coiffante, dans un effet de fouillis artistique qui donne l'impression que je sors tout droit de ma couette chaude et douillette. Ce qui me plait beaucoup et détails non négligeable, me permets d'économiser une fortune sur les élastiques, les barrettes et les brosses dont je n'ai aucunement besoin pour dompter le cheveu quand celui ci est à la bonne longueur.

    Mais depuis quelques jours, j'ai bien remarqué que mes cheveux se moquent et refusent de s'agglomérer en pétard sur mon auguste crâne rempli de bêtise. Et ça m'énerve de devoir simuler tous les matins, une épreuve pratique de CAP de coiffure. Plus que de l'énervement, c'est de la haine. Ce serait pas les miens je les cramerai sur le champs !

    Parfois, je me perds dans les dédales et les méandres d'une possibilité folle et insensée : faire repousser ma luxuriante chevelure et la laisser s'épanouir aussi bas dans mon dos qu'elle le souhaite. Cependant, me retient l'expérience douloureuse et traumatisante, de la période maudite où le cheveu atteint cette longueur ingrate au alentour de l'épaule, qui ne peut décemment aller personne.  Alors prise de spasmes incontrôlables, je renonce et envois loin de moi cette idée absolument saugrenue inspirée par le Malin.

    Je me résous donc invariablement à attendre, pour prendre rendez vous chez le coupe tif, le moment fatidique où me croiser dans un miroir sans mon illustre pétard, me donne des envies irrépressibles de lexomil et de whisky pure malt. S'ensuit un long calvaire : sueurs froides, tremblements incontrôlables provoqués par l'angoisse incommensurable de ne pas me faire comprendre et de voir ma tignasse dévastée par les coups de ciseaux sadiques d'une coiffeuse trop peroxydée.

    Je googelise fiévreusement le terme "dégradé" (mon pire ennemi puisque à la base de ma fantastique coupe de cheveux - information glanée de justesse lors d'une précédente séance de torture capillaire), me mets à lire des kilomètres de pages explicatives illustrées par de fantastiques photos réalisées par des adoratrices fanatiques du cheveu et de la mode, et qui ne font au final, que souligner ma profonde ignorance bête. J'invoque la clémence du dieu du peigne et du sèche cheveux pour mon incapacité intellectuelle à saisir toute la magie et les subtilités de cette prodigieuse discipline. Et puis je me ronge les ongles alors que je trouve ça dégeulasse.

    J'ai bien essayé de ramener à la coiffeuse une photo de ce que je voudrai voir apparaître à l'issue de la taille de mon indomptable chevelure. Je suis restée blessée par le mépris affichée sur son visage et son complet désintérêt me balançant pompeusement "vous croyez que je peux travailler avec ce truc, qu’on voit rien là-dessus d’abord"... Si. Moi j'y vois la coupe de mes rêves mais je crois que le mieux c'est de croiser les doigts et espérer qu'un interprète magique débarquera de la coiff'academy et viendra à mon secours, lorsque piteusement, avec mes mains et mes trois mots de vocabulaire je tenterai d’expliquer mes désirs et mes rêves en matière de cheveux. Elle me regardera comme une dégénérée et fera (au choix) de son mieux, comme elle veut ou comme elle peut.

    Je sortirai digne du salon. J’aurai avec un peu de chance, réussi à éviter le casque en laque ou la couche de gel cartonné à 5€ de supplément sur la facture. J’oublierai ses regards méprisants et ses propos vexatoires énoncés à haute voix,  visant à signaler mon inculterie aux clientes alentours ornées de bigoudis ou de papier d’alu. Je me dirai « FUCK la coiffeuse permanentée » et en bagnole, repartant dans mon trou paumée je mettrai à fond du Muderdolls et m’époumonerait sur « I love to say FUCK » en maudissant cette salope et sa putain de condescendance !

    En attendant la solution miracle comme « le-cheveu–sécable-à-la-longueur-que-je-veux-comme–ça-j’ai-pas-besoin-de-tenter-une-expérience-hasardeuse-avec-des-ciseaux-que–je-me-raterai-surement-tellement-j’ai-deux-mains-gauches » ou « le-cheveu-télécommandable-en-longueur-grâce-à-un-bouton-derrière-ton-crâne » ou l’improbable choc qui me permettrait enfin d’accéder à la partie visiblement en sommeil de mon cerveau où sont stockées toutes les informations sur la langue si pointue de l’art ancestral de la coiffure ; je vais devoir me faire violence et prendre rendez vous.

    salon.jpg
  • 8- les choses sérieuses ?

    C'est vrai.

    C'est vrai que je m'emballe un peu quand je parles de lui. Quitte à passer pour une résidente d'honneur du monde sirupeux de niaiseries des bisounours. L'un des inconvénients d'être folle amoureuse d'un type qui veut bien se lancer dans une vie de débauche et de stupre.

    Il est n'est pas naturel pour une société de forniquer avec autrui juste pour le plaisir de forniquer nouveau. Mais comme pour les philatélistes ou les collectionneurs de pin's parlants (oui je sais que la comparaison est hasardeuse et que je risque de m'attirer les foudres de ces deux lobbys de collectionneurs), ils existent des clubs, des communautés et des réseaux sur internet pour échanger et rencontrer. Les codes qui régissent le petit monde de la sexualité alternative sont divers, variés et précis. Ils existent par exemple, plusieurs clans différenciés par la limite des pratiques : échangistes, mélangistes, côte à côtistes.  Différentes configurations : soirée privée, en club, à 4 ou à plusieurs couples, avec des hommes ou des femmes seuls, en trio. Comme  tout est possible et que l'essentiel s'organise sur le net, un vocabulaire précis permet de ne pas se retrouver dans une situation qui ne convient pas à l'attente. Sans parler de la recherche elle même qui peut se vouloir érotique ou carrément hardcore.

    Avec le gars de service, on aurait aimé que cela se passe plus naturellement mais il est n'est pas naturel pour une société de forniquer avec autrui juste pour le plaisir de forniquer nouveau.

    C'est une monde étrange qui attirent les gens de tous milieux et de tous horizons.... sans être exhaustive j'ai baisé avec un écrivain publié, un écrivain raté, un ophtalmo, un garçon boucher, un libraire, un vendeur de vidéoprojecteurs, une infirmière, une maîtresse d'école, une gardienne de prison, le leader d'un groupe techno punk, une vendeuse à domicile de tupperwares, une étudiante en sophrologie, un masseur kinésithérapeute, un apiculteur et un liniculteur, un banquier, une directrice de la mercatique, un ancien des guignols, un tourneur fraiseur, un sculpteur de pierre.... Je ne me contente pas que d'un clope après l'orgasme, j'ai aussi très faim et j'aime bien discuter avec le propriétaire du corps avec lequel je viens de jouer. J'apaise mes pulsions tout en ayant la chance de rencontrer des personnalités intéressantes (ou pas c'est comme partout) que mon quotidien ne m'aurait pas permis d'approcher. Je trouve ça bon et incroyablement salutaire de zoner dans ses eaux troubles pleines de fantasmes puis de retrouver le gars de service sourire comme un bienheureux de son entrevue avec cette  femme si belle.

  • 7-Le gars de service

    Avant d'avoir la chance scandaleuse de voir entrer dans ma vie l'homme parfait incarné en la personne du gars de service, je ne croyais pas possible de partager mon quotidien avec quelqu'un, pendant plusieurs décennies de suite et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare. J'ai pris très tôt le parti de faire ce qu'il me plaisait et surtout d'envoyer au diable cette convention débile qui veut qu'une fille ne couche pas le premier soir sous peine de passer pour la pire des trainées. Mon métabolisme très porté sur la chose et un physique pas désagréable ont fait que j'ai pu pendant plusieurs années passer d'une histoire à l'autre ou en avoir plusieurs en cours, pour invariablement me faire larguer au profit d'une fille désireuse de se marier et de fonder une famille.  Alors oui, j'ai morflée parfois. Mais on ne peut pas être libre sans prendre de risque. Et on ne peut pas apprendre ce qu'est l'amour sans se faire mal.

    Mes errances sexuelles et pseudo sentimentales ont finis par me faire tirer des conclusions peu réjouissantes sur mes désirs et la mince probabilité de les réaliser. Mon corps finit inlassablement par s'habituer à la main qui le caresse, à la queue qui le prend, aux orgasmes qu'on me procure. Mon désir s'amenuise alors et ne rêve que de sang chaud et neuf. Si par malheur j'éprouve des sentiments pour mon partenaire, je me retrouve coincée, emprisonnée dans une relation qui me lasse physiquement, ce qui me tue intellectuellement et finit par détruire tout ce qu'il y a de bien entre nous. Paradoxalement j'ai la furieuse envie de vivre avec quelqu'un, de ne pas être seule, de pouvoir partager mon quotidien. Deux aspects d'une vie amoureuse qu'il semble impossible de conjuguer. Alors un jour j'ai renoncé au premier.

    Ça s'est fait sans que je m'en aperçoive et même sans mon réel consentement. Je me suis laissée porter par les belles paroles d'un amoureux,  tout en étant trop accaparée par mes études en alternance pour me rendre compte de mon erreur. Je n'ai pas vu le piège se refermer, j'ai cru museler mon immaturité, évoluée. J'y ai finalement perdu ma joie de vivre. Et j'ai gagné la certitude qu'il m'était humainement impossible de renoncer à l'appel de la chair.

    Il me fallut tout de même deux ans pour comprendre. Deux ans durant lesquels j'ai du composer avec un homme qui a peu à peu changé, qui croyait notre histoire acquise, qui s'est avéré jaloux et profondément misogyne. Eloignée de mes amis, j'attendais seule le soir qu'il rentre, qu'il fasse la gueule et allume la télé. J'ai trop laissé faire, j'ai laissé trainer, j'ai trop cru que tout cela n'était que passager. Alors, il s'est installé sans se faire prier dans son nouveau personnage à mille lieues de celui que je connaissais. J'ai pourtant follement espéré, pris à contrepied mes convictions pour rentrer dans le moule. Mais prise au piège de cette impasse, j'ai peu à peu réalisé qu'il me fallait choisir, que je devenais n'importe quoi.

    Il fallait organiser mon départ, trouver un logement près de mon nouveau boulot sans attirer ses soupçons. Ne pas se retrouver à la rue. Isolée, loin de ma famille et consciente que tous les gens que je côtoyais alors étaient ses amis avant les miens. Il m'est devenue insupportable de le toucher. J'ai serré les dents et me suis souvent défilée. Lui ne faisait depuis longtemps, plus trop d'effort pour me faire jouir.  J'enrageais contre moi même d'avoir voulu y croire et de m'être laisser berner par ce connard.  De ne pas pouvoir claquer la porte et me casser, parce que j'étais trop fauchée pour financer mon propre logement.

    J'étais profondément déprimée quand le gars de service et sa femme ont débarqué dans ma vie et sont devenus mes amis par l'éternel intermédiaire du connard. Une complicté chaste s'est rapidement crée avec le gars de service sur le fondement d'un même humour à deux balles et de référénces communes. Dans ses yeux pourtant je décelais quelque chose qui m'intriguait. Mais son mariage m'interdisait de croire ce qu'il me semblait comprendre. J'enviais sa femme pour laquelle il était bien plus attentionné que mon connard d'empaffé de sous mec. Naturellement on se voyait tous les week ends, ils restaient dormir chez nous car on buvait pour oublier, en ce temps là, le samedi soir.

    Et puis contre toute attente, un jour de forte alcoolisation lors de l'anniversaire de mon ex beau père, nous nous sommes embrassés passionnément à l'abri des regards indiscrets, entre une tondeuse à gazon et un taille haie, alors que nous nous étions isolés discrètement pour rouler des pétards dans la cabane au fond du jardin. Un sentiment inédit pour une douche glacée après dégrisement : le gars de service est marié. Marié. Bordel ! C'est quoi ces gens qui se marient avant d'avoir trente ans ?

    J'ai coupé court à tout nouvel échange de salive et éviter de me retrouver seule avec lui. Etrangement, je n'ai pas toute de suite remarqué à quel point mon sous mec était proche de sa femme, trop rongée par la culpabilité d'avoir faillit mettre un mariage en péril. Une culpabilité qui a volé en éclat le jour où je les ai surprise entrain de baiser dans la cave alors que je voulais choisir une bouteille de vin pour le dîner. On a pas dîner. J'ai fait mes sacs et je me suis barrée avec le gars de service. Le lendemain sa femme venait récupérer ses affaires et sa saleté de clébard. 9 mois plus tard et 2000 euros de moins sur le compte, le gars de service était divorcé.

    Je me suis installée chez lui sans autre forme de procés et nous avons commencé la co habitation sur la base d'une  forte attirance physique et une propension à rire aux mêmes blagues un peu pourraves. Echaudés l'un et l'autre par nos histoires respectives, on a mis carte sur table dès le départ et découvert les perversités de chacun, ce goût commun pour les nouvelles peaux, cette obsession pour le sexe... Cinq ans après je pense toujours que je ne le quitterai jamais.

     

  • 6-retour pour nulle part

    bouquet de poireaux.jpgOn éludera sur la fin de soirée mortelle, sur la façon dont j'ai réussi à embrouiller avec conviction et brio la mère de service, pour qu'elle ne s'inquiète pas outre mesure de ma petite aventure d'otage de pizzeria de troisième zone et pour qu'elle n'ait pas une de ces réactions démesurées, comme une bonne vieille crise d'hystérie dont elle sait être friande. Et puis une telle histoire aurait pu la pousser à faire des provisions non pas de sucre, mais de yaourts allégés, à croire que la guerre était déclaré dans le quartier et à barricader ses fenêtres avec des bouts de bois arrachés à ses meubles IKEA. Il valait mieux lui mentir éhontément. Pour son équilibre et sa santé mentale.

    La mienne de santé mentale, s'améliora peu à peu le lendemain dans le train qui me ramenait vers ma province paumée. Dans mon bled de vingt et un habitants où n'arrive même pas l'ADSL. Dans ma campagne qui fleure bon le fumier, l'humidité, la bouse de vache, les champs et la forêt. Dans un endroit où la nuit, les étoiles brillent par milliers dans le ciel, où la nuit est vraiment noire. Où la nature est présente plus largement que les centres commerciaux. Où on ne se fait pas braquer dans une pizzeria à emporter, parce qu'il n'en existe pas. Pas de voisins bruyants et insupportables avec des goûts musicaux de chiottes  ou inversement intolérants au moindre bruit. La possibilité de choisir d'entendre les mouches volées, les chats pétés ou pousser à fond la sono jusqu'à saturation. Pas de promiscuité auditive faites de bruits de chasse d'eau, de hurlements de bébés, de cris de jouissance, de disputes conjugales. Nulle part c'est chez moi !

    Il y a bien des inconvénients qui permettent aux urbains de nous traiter de gros beaufs et de venir envahir nos villages pour passer le week end et tenter de se défaire de leurs stress. C'est vrai que la "culture" nous arrive en retard si elle nous arrive. On a rarement de bonnes expo ou de bons concerts, et on attend un mois après sa sortie pour voir un film qui bien souvent n'est qu'un déchet américain ou une sous bouses franchouillarde qui se veut une comédie réussie et chiadée.  On a beaucoup de vieux cons et de chasseurs aussi. Malheureusement on y peu pas grand chose.

    La ruralité demande de prendre quelques précautions importantes en voiture. A savoir que les animaux en forêt ne sont pas en voie d'extinction (d'où les chasseurs) et qu'un sanglier ou un blaireau ça abîme une carrosserie. Également ne pas oublier que l'on est en présence d'une concentration importantes de tracteurs et de voiturettes sans permis (on préfère l'alcool à la coke dans la région). Ce qui grosso modo peut tout de suite coûter un quart d'heure de retard si on a un rendez vous important.

    Suffit de prévoir.

    Le gars de service a du prévoir. Il m'attend sur le quai flamboyant avec un bouquet de poireaux. J'ai envie de m'écrouler de rire mais le marche pied est trop haut pour que je tente la manoeuvre sans me bousiller une cheville. Alors je cours vers lui, je veux savoir ce qu'il fout là avec son bouquet de poireaux. Il me fait déjà rire alors que l'on ne s'est pas encore retrouvé. Je lui saute au cou. Il me roule une pelle carrément torride puis me chuchote à l'oreille :

    "Les poireaux. Ils viennent de ton potager. C'est les premiers."

     

     

     

  • 5-braquage à l'italienne

    Il me fallut un bon quart d'heure pour la convaincre de bien vouloir que je lui paye une pizza, sacrilège entorse à son éternel régime alimentaire pauvre en matière grasse. Il lui fallut juste une demi heure de plus pour se décider et  trancher entre les calories de la végétarienne et celle de la quatre saisons sans jambon. Ça ne m'étonne plus vraiment mais ses tergiversations restent impressionnantes pour qui n'aurait pas son diplôme de diététicien ou un abonnement à vie à "Régime magazine" ! Elle me donne souvent envie de lui jeter des hamburgers à la tête, de la couvrir de mayonnaise, de ketchup ou de béarnaise, de la gaver de chocolat et de fraises tagada, de la torturer à la mal-bouffe quand elle me parle de la nécessité d'ingurgiter des fibres à chaque repas. Mais je me contrôle grâce à quelque exercice de respiration et le profond respect que doit malgré tout une fille à sa mère.

    Je presse le pas. J'ai horreur d'être la cliente casse-couille de service qui se pointe 10 minutes avant la fermeture. Je m'arme de mon plus beau sourire pour entrer dans la pizzeria "à emporter" histoire de ne pas passer 20 minutes à attendre mes boites sous le regard mauvais du patron. Poliment je passe commande à grand renfort de "s'il vous plaît monsieur" et de "merci". Je ne peux pas m'empêcher d'être polie. L'éducation à grand coup de tartes dans la tronche, c'est plutôt efficace ! Le commerçant me propose une bouteille de rosée pour seulement un euro de plus. Ai -je une tête de pochtronne ? J'allonge quoi qu'il en soit ma pièce supplémentaire. Avec une verre de vin derrière la cravate la mère de service pourrait être marrante ! Derrière son comptoir, tout en surveillant du coin de l'oeil son four à bois, le pizzaiolo engage la conversation à grand coup de "c'est la première fois que je vous vois mademoiselle, vous êtes nouvelle dans le quartier?" Je suis polie mais pas forcément sociable. Et puis j'avoue que je n'en ferai pas mon quatre heure de ce type alors rien ne me motive à rendre agréable cet échange qu'il se propose de créer fait d'oeillades plus qu'appuyées.

    Je regarde intensément concentrée mes pizzas derrière le comptoir, dorées doucement sous la chaleur du feu,  espérant dans un élan fou et désespéré qu'elles cuiront plus vite afin que je puisses enfin m'en aller de cet endroit et ne plus supporter les questions débiles qui s'enchaînent dans la bouche du commerçant. C'est parce que je tourne le dos à la vitrine que je ne comprends pas tout de suite pourquoi ce type qui me semble de plus en plus abruti, lève les mains en l'air et se décompose d'effroi en un instant. Comme dans un rêve, je me retourne levant moi même instinctivement mes mitaines, ma compréhension effleurant peut être la nature de la situation.

    masque_fabius.jpgd975.jpgDevant nous Jean-Pierre Raffarin et Laurent Fabius  nous braque avec une arme. Faces de latex, survêtements et baskets, c'est Halloween mais le fusil brille trop pour être factice.

    "La caisse connard ! Et file nous aussi les pizzas !"

    Mes pizzas...

    "Et toi la gothique file nous ton sac"

    J'ai pas de sac. Mes vingt euros sont dans la caisse. Il ne me reste que des centimes.

    Fabius s'approche. Raffarin me braque. J'ai perdu la faculté de parler. Mon cerveau refuse de fonctionner devant le surréalisme de la scène. Un braquage à l'italienne. Et pourquoi eux ?

    Le pizzaiolo pose les boites sur le comptoir ainsi qu'un tas de billets de 10 et 20 euros et deux poignés de pièces. Sacré butin ! Fabius s'en empare, repasse près de moi pour me cracher à la gueule que je suis une sale pute. Raffarin lui dit de ramener son cul. Ils se cassent. Ca aura peut être duré 5 minutes ou moins. Je ne sais pas. Je donne un faux nom et un faux numéro pour que les flics ne me rappellent pas. Le patron va porter plainte. C'est son problème. Le mien c'est que je vais finalement devoir me taper les fameuses pommes noisettes au micro onde, le mieux que puisse faire la mère de service, la plus piètre cuisinière de l'univers.