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  • 4-Dans la famille de service je voudrai la mère.

    Me voilà devant la porte.

    Je me dis une dernière fois que j'exagère, que je me laisse allée à la mauvaise foi avec trop d'entrain, que nos rapports de force se sont éteints depuis que j'ai fait mes valises. Je ne suis plus une adolescente boutonneuse insupportable et elle, une femme au foyer sur le carreau, fraîchement divorcée d'une brute névrosée,qui doit faire face aux modalités de la vie et à son coût, jusqu'à alors pris en charge par son ex-mari. Trouver du travail à l'aube de ses 40 ans tout en se débattant avec l'éducation d'une fille fumeuse de joint qu'on découvre un peu trop tôt sexuellement active et encline à la débauche... Le plus difficile se fut l'argent qu'elle n'avait plus pour se payer collants, parfums, couleurs et coupe de cheveux. Le plus insupportable est qu'elle se servit sur la pension alimentaire tout en nous abonnant aux platrées de pâtes 7 soirs par semaine. La fille grunge et crade qui remplit le caddie de kilos de nouilles suivie par une mère qui pourrait être celle de la créature. L'image parfaite de notre relation de l'époque où je n'attendais qu'une chose : la majorité. Pour me barrer de là, c'est entendu.

    J'appuie sur la sonnette ce qui déclenche sans attendre les hurlements du clébard de service, une espèce de balai à chiotte agressif  qui passe son temps à se lécher le cul ou à essayer de te bouffer discrètement les mollets et que la mère de service chéris indécemment comme un enfant. Elle m'ouvre la porte ordonnant mollement à la bête féroce qui gigote sous son bras de se taire. Une bouffée de numéro 5 dans ma face et je sens la nausée qui me chatouille l'estomac.

    "Ma chérie te voilà enfin ! Vas y rentre et donne moi ta veste pleine de poils de chat avant que tu m'en foutes partout. Oh des macarons ce que t'es mignonne ... même si tu t'entêtes toujours à mettre ses espèces de chaussures orthopédiques." Dans la mesure où je mesure une mètre soixante quinze je ne vois pas trop l'intérêt de me jucher sur des talons. Bon si j'étais top modèle internationale ce serait sûrement marquer en tout petit sur mon contrat de travail mais là en tant que fille de service je n'ai aucun défilé sur podium prévu prochainement, mais je vais garder mes sarcasmes pour mes longues soirées d'hiver et puis c'est un classique pour la mère de service. De toute façon elle n'attend pas de réponse.

    "J'ai pas eu le temps de faire les courses, j'espère que t'as pas trop faim. Il me reste un fond de pommes noisettes surgelés je te les ferais réchauffer au micro ondes.

    - Hum t'es sure que tu veux pas que je descende chercher une pizza ?

    -C'est un peu calorique la pizza quand même surtout que tu vas encore en prendre une avec plein de fromage... tu te rends pas compte ma petite fille  : 5 minutes de plaisir pour une heure de jogging. Mais tu ne fais toujours pas de sport j'imagine...

    - Écoute M'man, j'ai un IMC de 22.8. Chuis pas grosse alors laisse moi manger. Si t'es encore au régime malgré ton jean taille 34 c'est que t'as un problème. Moi perso, j'en ai pas de problème, j'aime ça la bouffe tu vois, même plusieurs fois par jour si possible.

    - Ah t'es bien comme lui. Jamais tu ne m'écoutes mais tu verras un jour on en reparlera.

    - Merci pour l'insulte, c'est pas moi qui ai couché avec mon père et c'est pas de ma faute si j'ai de la génétique en commun avec lui !

    Un vent glacial souffle dans le salon où nous nous sommes installées, dans un face à face qui vire au pugilat en moins de temps qu'il n'en faut pour caler confortablement ses fesses dans le canapé.

    "Bon ça commence mal...

    - Comme tu dis M'man ! Mais tu sais bien on se prend toujours un peu la gueule toutes les deux... ça doit être une façon de nous dire qu'on s'est manqué. Sinon toi quoi de neuf ? Ca va le boulot ?

    - Bah bof... ils font des travaux de voirie dans le quartier où je travaille, et puis je t'ai déjà expliqué que c'était l'horreur ! Tout en sens unique et là en plus, impossible de se garer à moins de deux cent mètres du bureau, un bruit pas possible de marteau piqueur toute la journée et l'autre salope de comptable qui continue de me faire chier parce que les commerciaux filent pas leurs tickets avec les notes de frais que je saisis. J'en peux plus ma chérie. Je sais pas comment je vais continuer pour tenir. J'ai les charges du syndic qui viennent de tomber en plus la totale ! Et toi ma chérie ?

    - ...

    - Le boulot ? Le gars de service ? Tes animaux ?

    - Bah... disons que si j'ai bien compris le courrier recommandé que j'ai reçu cette semaine, chuis licenciée pour motif économique. Le mec qui nous a racheté l'année dernière a finalement décidé de fermer la boite. Normal quoi ! On se fait racheter par la concurrence d'une façon que je ne m'explique pas encore très bien et on se fait éliminer au bout d'un an... sûrement que c'est un délai légal. (donc tu vois tes histoires de parkings et ta comptable je m'en tape un peu)

    - Oh mais c'est pas grave (hein ? quoi ? comment ?) t'as le droit au chômage (ah bah oui les deux tiers de 100% du smic ça va m'aider pour payer le loyer) après faudra juste retrouver du boulot (sans déconner j'étais pas sure),tu vas pas commencer à t'apitoyer sur ton sort ! C'est pas ton genre ! Je te l'interdis !

    - ...

    Elle se lève précipitamment. Je la regarde évoluer dans son intérieur cosy, romantique et envahis par les fleurs séchés, les pots pourris, les bougies parfumées éteintes car "la suie ça salit" dixit la mère de service. Les magazines de mode sont bien rangés dans le porte journaux. Le tapis est parfaitement alignés avec le canapé et la table basse. La symétrie des tableaux au dessus de la télé est réglé au millimètre près. Je me souviens du temps où je vivais ici, où ma simple présence détonnait entre ses murs, dans son foyer douillet et impeccablement rangé pour lequel elle ne comptait pas les heures et les heures passer à astiquer, nettoyer, dépoussièrer, désinfecter.

    - J'ai pas de monnaie, ça t'ennuie pas de payer la pizza et puis tu comprends je suis fauchée en ce moment avec ce putain de syndic de merde !

     

    C'est vrai que moi avec mon futur statut de chômeuse je vais pas la ramener !

  • 3-J'ai bien fait d'me casser !

    Je quitte le bus deux stations plus tôt comme du temps où je me grillais ma dernière cigarette en loucedé avant de rejoindre le foyer maternelle, en ayant pris soin au préalable dans le hall de l'immeuble, de me désodoriser des relents de fumée froide, à grand renfort de Fraîcheur Narta et  de chewing gum à la chlorophylle. Ceci n'empêchant pas la mère de service de douter fortement de l'innocence de sa progéniture qui tout en soutenant son regard lui répondait invariablement et en se foutant secrètement de sa gueule  "non jamais de la vie", à la très sérieuse question "est ce que tu fumes?".

    Désormais mes cigarettes me font rire et rendent mes yeux rouges et vitreux. Et, c'est d'un pas léger et joyeux que je remonte le boulevard scrutant les alentours, les nouvelles boutiques, le nouveau mobilier urbain épuré, futuriste et déjà un peu vandalisé dans des essais picturaux loin d'être magnifiques. Les feux tricolores équipés de radars automatiques ont poussé mystérieusement à 50 mètres les uns des autres, dans l'espoir hypocrite de faire ralentir les pilotes de courses, qui même au volant d'une twingo pourrie se croit sur le circuit de Magnicourt; et dans celui moins avouable, de racketter plus efficacement le contribuable lambda qui passe à l'orange tous les 36 du mois.

    Rapidement, je m'aperçois que je ne reconnais plus grand chose de mon quartier que j'ai déserté pour la douce province à l'heure pétante de mes dix huit ans. Il n'y pas plus d'épicerie, de boucherie ou de poissonnier à la place tout le gratin des enseignes criardes de la grande distribution et du hard discount. Il n'y a plus de toileteuse pour chiens mais un institut de bronzage en cabine qui file le cancer de la peau. Il n'y a plus de vraie librairie digne de ce nom qui ne soit pas  dangereusement gangrénée par la française des jeux, les torchons people et les éditions Del Prado. A la place de la garderie où j'ai trainé mes couches, la police municipale a pris ses quartiers. Plus de mercerie, plus de fleuriste, plus de droguerie : les trois frères de la téléphonie mobile ont investi les lieux. Fini le petit commerce place à l'enseigne franchisée !

    images2.jpgEtrangère dans mon propre quartier. Fallait s'en douter. Ça me vrille le coeur. C'est devenu moche. Les arbres qui jalonnaient l'avenue ont été coupés, sûrement victimes d'une saloperie de parasite. Je remarque en haut des lampadaires qui crachent leurs lumières sales des dômes de vidéosurveillance. J'en frisonne et lève mon doigt en l'air, ulcérée. Une partie des vieux immeubles a disparu pour faire place à d'autres bien plus modernes et luxueux, où tu dois faire 5 codes avant de pouvoir prendre l'ascenseur qui ne répond pas à un simple bouton mais à une carte magnétique. Le tout sécuritaire c'est hyper tendance et j'en ai froid dans le dos de voir ma petite banlieue bourgeoise et sans trop d'histoire tombée dans l'hystérie tissée méticuleusement par le journal de TF1 et ses pseudos magazines d'enquêtes de fins de soirée carrément glauques.  

    J'écrase mon mégot de pétard sur le coin d'une poubelle et lève les yeux au ciel où ne scintille aucune étoile à travers la pollution lumineuse que crachent les néons qui clignotent sur les façades. J'avais oublié qu'il n'y a pas d'étoiles en ville. J'avais aussi oublié que ça pue. Une fois de plus ça me conforte dans mon choix de l'avoir quittée pour un trou paumé où j'arrive même pas à avoir l'ADSL.images.jpg

    Heureusement, la boulangerie où historiquement j'ai acheté mes premiers carambars, malabars et autres douceurs gorgées de colorants, de gélifiants et autres joyeusetés que pourtant je continue de trouver délicieuses, n'a pas baissé le rideau. J'en profite pour acheter une baguette et des macarons pour la mère de service qui j'espère, sera dans un ces bons jours où finalement elle ne trouve pas sa situation si désespérée.

    J'aime profondément ma mère autant qu'elle m'insupporte. C'est courant.

    Qu'elle soit sous l'influence du prozac et moi de la drogue certainement un peu moins.

    Je navigue en fait entre l'intolérance à sa pseudo maladie qui est le fruit de son incapacité à se sortir les doigts du cul et l'empathie d'avoir traverser avec elle un paquet d'épreuves. Je suis une mauvaise fille, je le sais. Elle a parfois été une mauvaise mère et l'ignore. Mais je reste heureuse de la retrouver ce soir malgré une certaine appréhension quant à son état d'esprit.

     

     

  • 2-Se laver les cheveux plusieurs fois par semaine...

    Je monte dans le bus encore toute intriguée par cette entrevue surréaliste, les tympans vrillés et passablement endommagés par la voix de crécelle de cette fille dont je ne me souviens pas et dont je me foutrais sûrement si elle n'avait pas croisé mon chemin aujourd'hui. La logique est implacable (c'est scientifique !), et si cette dinde me connait il me semble concevable d'avoir pu trainer mes pustules acnéïques d'adolescente en colère avec elle. Mais les souvenirs m'échappent et les paquets de mascara au coin de ses yeux peinturlurée de fard à paupière ne me rappelle aucun regard, ne me rappelle personne avec qui j'aurai pu partager du temps à refaire le monde ou des conneries.

    Au lycée, j'étais comme tout le monde, un brouillon de moi-même que les années ont tentées plus ou moins vainement de corriger avec ou sans mon consentement. J'étais un espèce de cri, un hurlement. Aussi bien de rire que de rage. J'avais le cheveux gras et emmêlé, une collection de tee-shirts portant des messages à haute portée philosophique type "fuck you" ou "dans ton cul", des jeans troués, déchirés, déchiquetés, par mes ciseaux et l'ennui profond que je ressentais en cours. Je trainais mes docs martens affligée par les adultes et leurs esprits obtus, par le divorce de mes parents et la mort tragique de Kurt Cobain. Je ne piquais pas le rimmel de ma mère dépressive qui avait enfin réussi à quitter ma brute de père. Je préférerai m'échouer dans le parc avec mes potes pour roter de la bière ou finir de lire  Flash ou le Grand Voyage  de Charles Duchaussois. Bref une adolescente typiquement banale qui refuse le côté obscure de la féminité et l'ensemble des tortures à subir pour s'enorgueillir... je me demande comment j'ai pu mélanger mon tee shirt Nirvana et ma chemise de bucheron canadien avec le monde de cette créature fait de parfum fleuri, d'eye liner et de correcteur d'imperfection.

    Au plus profond de ma perplexité alors que le bus m'amène vers ma destination, je finis par céder aux années qui ont passées, la reponsabilité de cette évolution qui semble toucher une bonne partie des filles de ma génération et dont je ne me sens pas solidaire. J'ai pourtant moi-même opéré des changements dans mon look extrêmiste d'adoratrice de la crasse (le grunge si vous préférez) : des jupes et des robes ont obtenus une dérogation pour venir s'installer dans mon armoire même si je les porte avec mon éternelle paire de doc; j'ai appris à me laver les cheveux plusieurs fois par semaine; mes doigts ont dompté bas et collants, la raie de mes fesses la ficelle du string et mes deux petits seins les tops dos nus... En fait et pour résumer, c'est mon intérêt grandissant, une subite poussée hormonale et ma profonde curiosité pour le sexe qui m'ont obligé à adopter un certain nombre d'artifices pour m'approcher du corps de l'homme (et de celui de la femme parfois aussi).

    Mise à part ces détails, la créature disait vrai : je n'ai pas changé. Enfin si peu. Ce n'est pas parce que j'approche doucement mais surement de la troisième dizaine que je dois me transformer en parfaite desesperate housewife. Il me semble n'avoir signé aucune obligation de ce genre à ma naissance. Mais j'arrive à destination laissant sur la banquette défoncée du bus ces dernières considérations, me préparant à la soirée qui m'attend avec une mère sous prozac.

     

  • 1-Rencontre du troisième type

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    J’aimerai croire que je me suis trompée, que cette godiche qui fait de grands signes ne s’adresse pas à moi, qu’elle ne se précipite pas dans ma direction tanguant dangereusement sur des talons aiguilles qui sont à eux seuls une déclaration de guerre à la colonne vertébral, aux pieds, aux chevilles et au corps humain dans son ensemble. Mais la voilà qui approche dans un nuage de Shalimar, peinturlurée des yeux, de la bouche et de la tronche en général en hurlant de façon extrêmement stridente mon prénom suivi d’un “oh mon Dieu” digne de Janice l’ex de Chandler. Note pour plus tard, penser à acheter un bonnet péruvien, une tenue de camouflage, quelque chose qui me permette de venir incognito dans la chère banlieue de ma prime jeunesse.

     - “Nan mais c’est pas vrai !!!!! C’est bien toi!!!” me dit elle en collant 2 bises sonores ainsi que trois cent gramme de gloss à l’abricot sur mes joues vierges de tout cosmétique. “Alors toi t’as pas changé depuis le lycée” poursuit-elle m’examinant des pieds à la tête.

    Pendant un instant, surement étourdie par le va et vient incessant de ses grosses boucles d’oreille en argent, je n’arrive pas à remettre un nom sur le visage de la femme qui me fait face et qui elle me connait indéniablement. Dans une tentative désespérée de ne pas passer pour une autiste, je finis par lui demander : “tu deviens quoi de beau dans la vie ?” (à part un exemple vivant de la nécessité de larguer par canadairs des litres et des litres de démaquillant sur certains membres de la population féminine).

    C’est toujours la meilleure des idées que d’axer la conversation sur la personne qui nous fait face et dont on n’a aucune idée de l’identité ou de la relation qu’on a pu entretenir avec elle. Mais lorsque l’on se retrouve après tant d’année, il est bien évident que la réponse se doit d’être la plus informative que possible. Et si au passage, on peut se la péter un peu c’est toujours ça de pris.

    Les mots ont commencé à se précipiter hors de sa bouche dans une litanie, vibrant hommage à sa vie de famille extrêmement réussie et de sa vie de femme plus que totalement épanouie. Je l’ai regardé fascinée repensant à ce jour terrible où prise d’une nostalgie malsaine j’ai osé trainé sur copains d’avant et retrouver d’anciennes camarades de classe qui toutes publient des photos de leur mariage (ouh la belle meringue !), de leur mari, de leurs mômes et de leur labrador. Autant dire que ce jour là j’ai faillit me pendre de dégout avec le câble de ma souris tellement je suis contre ce chemin tout tracé qui sent l’ennui profond et la mort à petit feu.

    Finalement repue de s’entendre disserter, ma mystérieuse interlocutrice finit par me demander la bouche en cœur : “et toi alors ? T’as des enfants ? Tu t’es mariée?” comme si être une femme se résumait toujours à négocier le mieux possible une transition entre l’autorité du père, puis celle d’un mari, dans le but ultime de repeupler la terre de lardons morveux.

     - Bah écoute (toi qui mets ton fond de teint à la truelle) j’ai pas d’enfant je suis stérile…

    Rupture sauvage de la parole “Oh mon dieu mais c’est horrible ! Tu le vis bien au moins… parce que j’ai une amie tu vois… ” Et dire que je pensais lui couper la chique, mais madame fait feu tout bois alors continuons… et blabla blabla pendant bien une minute trente sur sa pseudo amie qu’elle finit par traiter à demi mot de pétasse pour enfin se taire et attendre avec une dévotion tout feinte la suite de ma vie qui ne la passionne surement pas autant que la sienne. 

     - je vis avec une femme, je suis lesbienne quoi (je lui touche le bras, ses yeux s’agrandissent) 

     - Ah je connais une fille comme ça …

    - oui mais nous c’est pas pareil, en fait on vit à trois avec un homme soumis qui nous sert d’esclave sexuel

     Je crois que ce qu’il l’a le plus effrayé dans ma phrase c’est le mot sexuel, elle reste sans voix, ses boucles d’oreilles ont enfin fini de s’agiter en tout sens.

     - On vient d’ouvrir une boite échangiste, un truc classe tu vois… bref je suis devenue chef d’entreprise !”

     - j’en suis heureuse pour toi, finit-elle par articuler encore visiblement sous le choc de ces quelques phrases sommes toutes anodines, nan ?

    La frénésie reprend malgré mes dernières paroles le dessus sur elle, la danse des boucles d’oreilles et son sourire hollywoodien m’éclate au visage de toute sa blancheur. Elle me quitte précipitamment « un rendez vous chez l’esthéticienne pour une épilation des aisselles qui ne peut pas attendre ».

     Merci pour les détails je n’en demandais pas tant et ça tombe bien voilà mon bus qui arrive. Je la regarde une dernière fois s’éloigner dans son jean taille basse qui accentue son roulage de fesses légèrement vulgaire. Je n’ai toujours aucune idée de qui est cette créature.